Image d'archives © ABACA/DR/Montage TF1 NewsNeuf mois après son succès aux élections européennes, Europe Ecologie se rêve en arbitre du match gauche-droite en Languedoc-Roussillon, forteresse réputée imprenable de l'ex-socialiste Georges Frêche. Les rebondissements de la campagne au Parti socialiste, qui a décidé tardivement de monter une liste contre le président sortant de région, éclipsent pour l'instant le candidat de l'UMP, le sénateur-maire de Béziers, Raymond Couderc. Quatre listes de gauche sont en lice pour le scrutin de mars et les sondages donnent Georges Frêche, exclu du PS en 2007 pour ses dérapages verbaux, gagnant dans tous les cas de figure: triangulaire avec la droite et les écologistes, avec la droite et le PS ou duel gauche-droite.
L'homme fort de la région, qui a fait de l'anti-parisianisme son fond de commerce électoral, a même remercié le premier secrétaire du PS, Martine Aubry, après avoir vu son score progresser dans les études d'opinion depuis le lancement des grandes manoeuvres pour le destituer, début février. "Continue comme ça Martine!", a-t-il plaisanté alors que les discussions battaient leur plein entre socialistes et écologistes pour monter une liste commune avant de se séparer sur un constat d'échec.
Le PS, qui revendiquait le leadership de cette liste d'union, avait "les yeux plus gros que le ventre", a déploré la tête de liste écologiste Jean-Louis Roumégas, pour qui "l'anti-Frêchisme ne constitue pas un programme". Les dirigeants d'Europe Ecologie, qui espère s'enraciner comme la troisième force politique française derrière l'UMP et le PS, voient le Languedoc-Roussillon comme un laboratoire. "Il faut à la fois battre l'UMP et changer la gauche sur le fond et dans ses pratiques", explique Jean-Louis Roumégas, qui dénonce le projet "libéral" de Georges Frêche, coupable à ses yeux d'avoir "sinistré" la région à force de "clientélisme".
Le président sortant réplique en brandissant le classement des meilleures gestions régionales réalisé par le magazine Challenges, où le Languedoc-Roussillon obtient trois étoiles. Après avoir "fait une ville", Montpellier, dont il a été maire de 1977 à 2004, il réclame aux électeurs six ans de plus pour "faire une région", qu'il a ravie à la droite, alliée pendant une mandature au Front national, en 2004. Dans le dernier sondage en date, OpinionWay pour Le Figaro paru cette semaine, l'avance de Georges Frêche progresse et Europe Ecologie fait deux fois mieux que le PS. La liste socialiste emmenée par la maire de ontpellier Hélène Mandroux est créditée de 6% d'intentions de vote et Europe Ecologie est la seule force de gauche à passer la barre des 10% nécessaires pour se maintenir au deuxième tour. "On est face à des gens qui espèrent quelque chose ou qui ont peur. Il y a cette facilité d'aller vers ce qui apparaît être la victoire", analyse la socialiste Jacqueline Amiel-Donat, qui se réjouit toutefois de voir que la droite serait battue. En Languedoc-Roussillon, l'UMP est aussi divisée. L'ancien député de la majorité présidentielle Christian Jeanjean, qui se définit lui-même comme le "Georges Frêche de la droite", dirige une liste pour défendre "les idées libérales de tolérance de la droite" face à l'UMP Raymond Couderc.
Au centre, le bras de fer entre François Bayrou et la tête de liste régionale, Marc Dufour, a tourné au fiasco pour le MoDem, qui ne présentera aucun candidat en Languedoc-Rousillon. Le président du parti centriste souhaitait une alliance avec l'écologiste Patrice Drevet, refusée par Marc Dufour, qui ne cache pas qu'il pourrait voter pour Georges Frêche. "Le vote centriste sera libre au premier tour, au deuxième on verra", tempère Eric Azière, chargé, à Paris, des questions électorales au MoDem.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




