Les régionales en Outre-mer

Par Sylviane MOUKHEIBER , le 11 mars 2010 à 11h52 , mis à jour le 11 mars 2010 à 12h23

Découvrez les enjeux du scrutin.

Zoom sur La RéunionLa Réunion © TF1/LCI
  • - Départements d'outre-mer (DOM): 4 département-régions: Martinique - Guadeloupe- Guyane- La Réunion.
  • - Capitale régionale: Martinique: Fort-de-France

                                               Guadeloupe : Pointe-à-Pitre
                                               Guyane : Cayenne
                                               La Réunion : Saint-Denis
 
 -   Nombre d'habitants : 2 millions d'habitants.
 Martinique  402 000  - Guadeloupe  404 000 - Guyane 229 000 - La Réunion 
 817 000                      
 
 
Les enjeux de la campagne
 
L'Outre-mer est une terre d'élection de gauche. La droite veut briser ce monopole et part à l'assaut des quatre régions. Les référendums institutionnels de janvier 2010, en Martinique et en Guyane, ont vu les électeurs refuser un statut de plus grande autonomie, proposition qui a suivi la grève générale de février-mars 2009. Ils ont approuvé la fusion du conseil régional et du conseil général en une assemblée unique. Les lignes ont bougé, les divisions politiques se sont amplifiées.
 
- En Guadeloupe, à gauche, le PS est divisé. Malgré cela, le président socialiste sortant Victorin Lunel part favori. Son bilan est positif. Il a aussi réussi à éteindre l'incendie social de l'an dernier. Pour ces élections, il a pratiqué l'ouverture, ralliant à sa cause les ténors locaux de l'UMP, des Verts et du Modem. Gabrielle Louis-Carabin, maire du Moule et ex-représentante UMP de Guadeloupe, Harry Durimel (Verts Guadeloupe), Marie-Claire Pozzoli (Modem), conseillère municipale de Saint-Claude.
En face, une liste de socialistes dissidents, menée par le député PS Eric Jalton, maire des Abymes, qui dénonce les alliances du président sortant. Deux listes pour l'extrême gauche, dirigées par des syndicalistes du LKP, et une liste d'autonomistes.

A droite, c'est une liste UMP qui a à sa tête Blaise Aldo, maire de Saint-Anne. Marie-Luce Penchard, ministre de l'Outre-mer, par ailleurs fille de Lucette Michaux-Chevry, se trouve numéro deux de la liste. Ses propos sur l'aide européenne ont suscité la polémique et risquent de provoquer une sanction de la part des électeurs.
 
- En Martinique, la droite départementaliste, réfractaire à l'idée d'une collectivité unique, s'est désolidarisée de l'UMP qui y est favorable. Les chances de la droite de reprendre la région sont très faibles. L'enjeu, c'est l'affrontement entre gauche indépendantiste, autour du président sortant Alfred Marie-Jeanne (Mouvement indépendantiste martiniquais), candidat pour un troisième mandat, et la gauche républicaine menée par le député et maire apparenté SRC Serge Letchimy, héritier d'Aimé Césaire et tête d'une liste d'union de la gauche. Alfred Marie-Jeanne est ressorti affaibli du référendum du 10 janvier. Il doit se repositionner après l'échec de sa campagne pour une plus grande autonomie.
 
- A La Réunion, le doyen Paul Vergès, 85 ans,  président sortant du conseil régional, candidat à un troisième mandat est favori. Fondateur du Parti Communiste réunionnais (PCR), il est tête de liste de large ouverture baptisée Alliance, qui inclut le Modem. Le frère de l'avocat Jacques Vergès se voit reprocher une politique de projets parfois « dispendieuse ». Mais la gauche reste dispersée au premier tour. Il devra faire face à la liste PS  menée par le socialiste Michel Vergoz.

A droite, l'UMP n'a pas réussi à faire taire les divisions. Didier Robert, 45 ans, député-maire du Tampon, tête de  liste UMP, n'a pas réussi à rassembler sur une liste unitaire. Il aura face à lui deux dissidents de son parti, Jean-Paul Virapoullé, sénateur UMP et André Thien Ah Koon, ancien député-maire UMP du Tampon, qui revient après une période d'inéligibilité.
 
- En Guyane dix listes s'affrontent. Le parti sarkozyste semble bien placé, avec la liste UMP, Guyane 73,  menée par Rodolphe Alexandre, maire de Cayenne et ex-membre du Parti Socialiste Guyanais (PSG) dont il a été exclu après son ralliement à Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2007.

La succession d'Antoine Karam, leader du parti socialiste guyanais et président du conseil régional depuis 1992 est en jeu. Mais à gauche, c'est la division. Les socialistes emmenés par Gabriel Serville, 50 ans, conseiller municipal de Matoury, affrontent au premier tour Chantal Berthelot, députée et vice-présidente sortante de la région (PS) qui veut atteindre le second tour avant de nouer des alliances.
La députée et ancienne candidate radicale de gauche à la présidentielle de 2002, Christiane Taubira, a conclu une alliance avec les nationalistes MDES. Elle présente une liste qui a pour objectif de préparer la collectivité unique en 2012. 
 

Par Sylviane MOUKHEIBER le 11 mars 2010 à 11:52
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