Sarkozy clôt le Salon de l'Agriculture et muscle les prêts bonifiés

Par TF1 News (D'après agence), le 06 mars 2010 à 09h31 , mis à jour le 06 mars 2010 à 21h00

Le chef de l'Etat est arrivé samedi matin au salon de l'agriculture une demi-heure avant son ouverture au public.

Nicolas Sarkozy était là avant tout le monde. Le chef de l'Etat, qui avait provoqué la déception et la colère de professionnels en n'inaugurant pas cette manifestation le 27 février, sur fond de crise du secteur, est arrivé samedi à 8h30 au  salon de l'agriculture, une demi-heure avant son ouverture au public. Il a visité pendant près de deux heures le salon de la Porte de Versailles, à Paris, accompagné des ministres Bruno Le Maire (Agriculture) et Michel Mercier (Espace rural et aménagement du territoire).
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Il a été accueilli notamment par Jean-Michel Lemétayer, président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). Le président a arpenté les travées du salon, admirant  des vaches exposées au hall 1.

800 millions en plus

Le chef de l'Etat a ensuite participé à une table ronde sur la situation de l'agriculture. Il a jugé samedi que ce n'était "pas au nombre de mains serrées qu'on va résoudre les problèmes des agriculteurs. C'est parce que je suis conscient de cette situation (de crise) que j'ai voulu venir au salon. Bien sûr, aller saluer sur les stands les éleveurs, les producteurs, ça fait partie de la tradition, du folklore, c'est sympathique, j'aime beaucoup ça. Mais enfin, ce n'est pas au nombre de mains serrées qu'on va résoudre les problèmes des agriculteurs", a affirmé le chef de l'Etat. "On prend les cadeaux, on embrasse les petites filles, on se fait photographier devant les plus belles bêtes. Tant mieux. On fait la publicité de la nouvelle pomme, on encourage les producteurs de fraises, on n'oublie pas les éleveurs de brebis, mais ce n'est pas ça qui va sauver l'agriculture française", a affirmé Nicolas Sarkozy. "Tous peuvent faire ça. Mais moi, je suis président de la République. De moi, on attend les décisions, les actes et du combat", a-t-il dit.

De la parole aux actes, donc, le chef de l'Etat a notamment annoncé qu'il donnait son accord pour une augmentation de 800 millions d'euros des prêts bonifiés des banques en faveur des agriculteurs en difficulté. Il a également octroyé une aide supplémentaire pour les agriculteurs déjà très endettés de 50 millions d'euros, qui s'ajoutent aux 100 millions d'euros déjà accordés dans le cadre du Fonds d'aide d'allègement des charges. Le chef de l'Etat avait déjà annoncé en octobre un plan "sans précédent" pour l'agriculture en crise, comportant 650 millions d'euros de "soutien exceptionnel de l'Etat" et un milliard d'euros de prêts bonifiés. "Je ferai pour l'agriculture française, un secteur stratégique et majeur, ce que nous avons essayé de faire pour la crise financière", a-t-il promis. En une année, les agriculteurs ont vu leurs revenus baisser d'un tiers, et jusqu'à 50% pour les producteurs laitiers.

La FNSEA satisfaite des annonces

Nicolas Sarkozy a par ailleurs estimé qu'il fallait "changer les méthodes de mise en oeuvre des mesures environnementales dans l'agriculture", souhaitant que la France soit au premier plan de l'agriculture durable. Il a précisé que les ministres de l'Agriculture Bruno Le Maire et de de l'Ecologie Jean-Louis Borloo allaient réfléchir à de "nouvelles méthodes d'analyse en matière environnementale dans l'agriculture". "Je crois à l'agriculture durable", a affirmé le président, en assurant qu'il voulait que la France soit "au premier plan des pays, en matière d'économie durable et d'agriculture durable".

Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, principal syndicat agricole, s'est félicité de "la détermination affichée du président". "La réunion a été utile mais cela ne règle pas tout", a-t-il affirmé à l'issue de la table ronde, saluant le "plan de soutien" de Nicolas Sarkozy à un secteur en crise et le "pragmatisme" de l'Etat en matière d'environnement, qui pourrait se traduire par un allègement des contraintes écologiques qui pèsent sur l'agriculture.

Cécie Duflot, secrétaire nationale des Verts, a en revanche estimé samedi que Nicolas Sarkozy avait montré au Salon "son incompréhension des enjeux de l'agriculture paysanne et durable". Et le député Verts Noël Mamère a qualifié samedi le président d'"apprenti sorcier" et d'"imposteur" après que celui-ci a déclaré au salon de l'agriculture qu'il souhaitait un allègement des contraintes environnementales qui pèsent sur les agriculteurs.

Le PS dénonce les propositions "anecdotiques" de Sarkozy

Le PS a accusé samedi Nicolas Sarkozy d'avoir fait au salon de l'Agriculture à Paris des propositions "anecdotiques". Dans un communiqué, le secrétaire national à l'agriculture Germinal Peiro assure qu'"après avoir déserté l'inauguration" du salon, "marquant ainsi son mépris du monde agricole, Nicolas Sarkozy s'y est finalement rendu, arrivant en catimini avant l'ouverture, pour une visite hautement encadrée, qui tenait plus de l'exercice obligé que de la nécessaire reprise de contact avec des  agriculteurs abandonnés par le gouvernement". "Alors que les revenus des agriculteurs ont chuté de 34% en 2009, Nicolas Sarkozy n'a eu à leur proposer que des mesures techniques et purement palliatives", dénonce le resposanble socialiste. "Le gouvernement a soutenu au niveau européen la dérégulation des marchés agricoles, à commencer par la fin des quotas laitiers qui a eu lieu sous présidence française, et c'est cela la principale cause des terribles difficultés du secteur", accuse M. Peiro. "Tant que le président de la République ne comprendra pas que c'est le modèle libéral qu'il faut changer, notre agriculture continuera de souffrir".

 

Par TF1 News (D'après agence) le 06 mars 2010 à 09:31
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74 Commentaires

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  • by-sum41, le 08/03/2010 à 12h04

    Exactement, un pret n'est pas une aide directe, il faudra quand même le rembourser.

  • batrolo, le 07/03/2010 à 16h49

    Vous ne croyez pas que votre réflexion est quelque peu obsolète en remettant sur le tapis les 35 h, pire des maux pour notre pays ? Pourquoi donc la droite au pouvoir depuis 10 ans na pas supprimer cette loi, elle qui ne se gêne pas pour faire des lois presque tous les jours ? Par contre je suis d'accord avec vous, aucune solution durable de quelque bord que ce soit .

  • maryvang, le 07/03/2010 à 14h11

    Qui dit pret dit caution......Les banques vont taxer les bonnes terres agricoles aux agris surendettés et comme par miracle ces terrains deviendront constructibles ......

  • gillou955, le 07/03/2010 à 13h12

    Les agriculteurs ont perdu e, 30 à 50 % de leur revenu !!!

  • pacou21, le 07/03/2010 à 11h46

    Le partage des richesses , la valeur travail, ca vous parle alors donner moi la différence entre les problèmes des agriculteurs et celui des salariés en france .......

  • lem122, le 07/03/2010 à 08h59

    L'europe donne des coups de couteau à l'agriculture, et l'état français met les pansements.

  • michalz, le 07/03/2010 à 03h19

    Il est amusant de constater que beaucoup voient en l'opposition la réponse aux maux des agriculteurs, pour ma part je n'arrive que difficilement a concevoir le fait que ceux qui ont voulu un régime a 35 heures se sentent en harmonie avec nos pauvres agriculteurs. Enfin peut être que mon sens de la cohérence vieilli. Quoiqu'il en soit nos agriculteurs souffrent mais pour moi ni le gouvernement ni l'opposition ne semblent apporter une réelle solution autre que démagogique. Coordialement

  • inspatatrac, le 07/03/2010 à 03h03

    En effet il semblerait que les francais aient beaucoup de difficultes a faire la difference entre les incompetents et les personnes qui ont le talent necessaire pour faire des reformes necessaires.....Peut-etre que les guignols de l info ne sont pas etrangers a cet amalgame general...

  • a.1.2.c.4, le 07/03/2010 à 01h32

    Un peu plus crédible ... que le gouvernement séparatiste de ... Wallonie ... n'est-ce pas ... "l.wallonie" ...? :o)))

  • dais92, le 07/03/2010 à 00h50

    M. Sarkozy essaie de faire le maximum dans tous les domaines et il n'y a que des mauvaises langues pour toujours le critiquer. Laissez-le aller jusqu'en 2012 et vous verrez ce qu'il a fait. Je ne vois aucune personne actuellement qui aurait réussi en pleine crise mondiale à entamer toutes les choses à mettre en place. Si M. Lemétayer, président de la FNSEA, qui est le principal syndicat agricole a trouvé la "détermination affichée du Président", c'est qu'il le pense et il connaît le travail des agriculteurs et éleveurs.

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