Jouanno "désespérée" de l'abandon de la taxe carbone

Par TF1 News (d'après agence), le 23 mars 2010 à 15h25 , mis à jour le 24 mars 2010 à 08h06

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, s'est déclarée mardi "désespérée de ce recul" après que François Fillon eut annoncé que la taxe carbone ne pourrait être mise en place qu'au niveau européen.

Chantal Jouanno EcologieChantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, et Jean-Louis Borloo, ministre du Développement durable, à L'Isle Adam, le 3 février 2009. © REUTERS/Philippe Wojazer

"Je suis désespérée de ce recul, désespérée que ce soit l'écolo-scepticisme qui l'emporte", a déclaré Chantal Jouanno, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie à l'AFP, après l'annonce de François Fillon sur l'impossible mise en place de la taxe carbone en France. "Je ne suis pas en phase avec cette décision", a-t-elle ajouté. "C'était possible de le faire en France avant de le faire en Europe. C'est ce qu'on avait prévu à l'origine, c'est ce que d'autres pays comme le Suède ont fait", a-t-elle ajouté.  "C'est vrai que ce n'était pas parfait, qu'on aurait aurait pu améliorer le texte, notamment concernant les particuliers pour qu'on puisse aider beaucoup plus les personnes à s'adapter", a-t-elle encore souligné.
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Plus d'infos

François Fillon a annoncé mardi, lors d'une réunion de députés UMP, que la taxe carbone ne pourra être mise en place qu'au niveau européen pour ne pas nuire à la "compétitivité" des entreprises françaises, selon plusieurs participants. L'entourage du Premier ministre a assuré que cela ne signifiait pas l'abandon pur et simple de la taxe carbone. "Nous voulons que les décisions soient prises en commun avec les autres pays européens sinon nous allons voir s'accroître notre déficit de compétitivité", a  déclaré le chef du gouvernement, selon des propos confirmés par son entourage (lire l'article).

Dans un deuxième temps, il a assuré dans un communiqué que son gouvernement est  convaincu de la nécessité de sa mise en oeuvre de la taxe carbone, "qui constitue un engagement du Grenelle de l'environnement". "C'est pourquoi, le gouvernement va demander à la Commission européenne d'accélérer la mise au point d'une proposition en vue d'une harmonisation des dispositifs de fiscalité écologique dans l'Union européenne", conclut le communiqué de Matignon.

Invité du journal de France 2, François Baroin, secrétaire d'Etat à la Fonction publique, a dit mardi que la taxe carbone, qui était un engagement de Nicolas Sarkozy, était une "bonne mesure" à "l'échelle européenne", assurant qu'elle "se fera". Il a affirmé que les Sages l'avaient annulée parce qu'"il y avait trop d'exonérations" qui, dans un contexte de crise, "visaient à ne pas affaiblir le tissu économique et les entreprises". "Or nous sommes encore dans la crise et il est certainement plus sage de ne pas créer une distorsion de concurrence entre les pays européens", a-t-il encore dit.

Le Medef soulagé
 
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Tous azimuts. Le Medef a salué le report de la taxe carbone. "Nous sommes soulagés, notamment pour toute l'industrie qui n'aurait pas supporté ce nouveau handicap de compétitivité", a réagi la présidente du Medef, Laurence Parisot. "Nous avons su convaincre", ajoute la responsable patronale.

La secrétaire nationale à l'environnement du PS, Laurence Rossignol, estime que "l'abandon de la taxe carbone, qui était injuste et inefficace, est une bonne nouvelle pour les ménages". Mais, ajoute-elle dans un communiqué, "le gouvernement vient aussi de renoncer à toute réorientation de la fiscalité en faveur de l'environnement". "Progressivement ce sont les engagements du Grenelle, qui,un à un, se dissolvent", poursuit-elle.

"Une bonne décision"

Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, principal syndicat agricole estime que c'est "une bonne décision, une décision de sagesse". "Nous ne pouvions pas accepter une taxe payée par les producteurs français que n'auraient pas à payer nos propres partenaires et concurrents européens. On n'a jamais été opposé à une fiscalité verte dès lors qu'elle serait européenne. (...) Si un jour il y a la même taxe carbone pour tous les Européens, on en prendra acte".

Même son de cloche du côté de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR). "On a toujours dit que la taxe carbone n'avait de sens que si elle était européenne (...). L'argument qui est utilisé pour la supression de la taxe carbone est exactement l'argument que nous avions utilisé pour contester la pertinence de cette taxe franco-française", a déclaré Nicolas Paulissen, délégué général adjoint de la Fédération.

Les écolos inquiets

Les écologistes, eux, s'inquiètent d'un possible abandon pur et simple de la taxe carbone. Selon la porte-parole des Verts, Djamila Sonzogni, "le projet, enterré ce jour par Nicolas Sarkozy, ne sera pas regretté par les écologistes". "Mais cet abandon en rase campagne est navrant car il condamne durablement toute tentative d'utiliser la fiscalité écologique", poursuit-elle. Le député (Verts) Noël Mamère a, lui, estimé mardi que le report sine die de la taxe carbone par le gouvernement marquait une volonté "d'enterrer" le Grenelle de l'Environnement.
   
L'association France nature environnement estime qu'un report de la taxe à 2013 serait "un très mauvais signal à la communauté internationale et aux Français" et plaide pour un nouveau dispositif taxant les consommations énergétiques. "Seule une diminution significative des consommations d'énergie, couplée à une augmentation de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique français, permettra d'avoir une approche cohérente de lutte contre le réchauffement climatique et d'adaptation à l'augmentation du prix de l'énergie", écrit-elle dans un communiqué.

Nicolas Sarkozy évoquera mercredi la question de la taxe carbone dans sa déclaration prévue à l'issue du Conseil des ministres. Le chef de l'Etat "évoquera la question de la fiscalité écologique demain (mercredi) dans sa déclaration", a-t-on indiqué sans autre précision.

Par TF1 News (d'après agence) le 23 mars 2010 à 15:25
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74 Commentaires

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  • diktatur, le 24/03/2010 à 08h25

    On dirait que la fin du monde est proche à cause de la suppression de la taxe carbone.... ils sont quand même un peu "dérangés" les Verts....

  • blucchini, le 24/03/2010 à 07h43

    Cette désespérance ne l'empêche pas de rester au gouvernment..mais pour y faire quoi...? Mr SARKOSY s'est encore une fois plié au dictat de ses amis du MEDEF et du CAC40...son seul regret ne pas avoir réussi aponctionner les ménages et les travaileurs....souvenez vousd es 2,5 milliards...incompétence quand tu nosu tient..." le chomage baissera dans les semines qui viennet..." mais demain il se rattraper avec le prix du gaz...il n'a rein compris..il prendra demain d'autres claques démocratiques qui eleles viendront peut être de la rue...

  • louloucure, le 24/03/2010 à 07h28

    Elle n'a qu'à la payer elle la taxe ! si ça lui fait plaisir !

  • lucien31, le 24/03/2010 à 01h20

    Madame Jouanno Il faudrait ausi pensé et très vite a taxé très sévèrement ceux qui continue à massacrer nos belles baleines, car elles sont à nous tous, eles sont gracieuses et élégantes et ne font de mal à personne, idem pour le thon rouge et les espèces en voix de dispartions, pauvres bêtes. Si l'on ne fais rien nos enfants et petits enfants n'auront plus que les livres ou internet ( plutôt ) pour admirer ces magnifiques mamiffères que sont nos baleines, car il n'y en aura plus de vivante sur notre belle planète bleue; quel dommage, quels massacres gratuits, mais les gens qui font cela ont ils un coeur, ont ils une âme ?? respect à tous

  • lucien31, le 24/03/2010 à 01h13

    Oui en effet , mais le problème c'est que c'est trop tard.... respect

  • fgi, le 24/03/2010 à 00h52

    La droite perd les élections et abandonne une mesure de nouvelle cher aux écologistes eux bien encré a gauche. Incohérent ? Pour les français cette taxe était très mal perçue. Alors tout le monde comprend que voter à gauche ne veux pas dire accepter cette taxe. Nous sommes au c?ur de la crise de la représentativité : aucune formation politique n'est à même de représenter l'idéal politique Français. C'est pour cette raison qu'il nous faut une nouvelle constitution, institutionnalisant la consultation direct sur tous les sujets : parce que c'est techniquement réalisable, parce que c'est cohérent avec notre époque, et surtout parce qu'il est aujourd'hui inconcevable de continuer a gouverner à droite comme à gauche contre les Français !

  • srmcb, le 24/03/2010 à 00h40

    C'est extraordinaire...TOUT est mis sur le dos des actionnaires. Il ne faut quand même pas oublier que si les actionnaires mettent leur argent dans une société c'est pour gagner de l'argent MAIS ils nous permettent AUSSI à nous SALARIES de TRAVAILLER.....Évidemment qu'il y des dérives mais elles ne sont pas représentatives de l'ensemble des actionnaires (une grosse majorité des actionnaires sont de PETITS actionnaires et une autre grosse partie sont tout simplement de petites entreprises qui mises ensemble constitue la plus grande entreprise de France)...

  • libre-arbitre, le 24/03/2010 à 00h27

    Belle ? Question de point de vue. Mais, comme a dit Beaudelaire, "Le beau est toujours bizarre".

  • srmcb, le 24/03/2010 à 00h25

    Une taxe ne serait possible que s'il y a deux choses qui se mettent en placent. La première est que cette taxe se mette en place à l'entrée des frontières de l'UE. La deuxième est que, pour des questions de volumes rentables, il deviendrais indispensables que les produits fabriqués ne souffrent d'aucune compétition à l'intérieur de l'UE - GROS problème: qui va accepter qu'un produit fabriqué en France pour 50 Euros soit un prix sans concurrence alors que le même fabriqué en Roumanie ne couterait que 32 Euros? Pas la majorité des 25 Etats de l'UE. Or pour qu'un produit puisse être produit à bas cout, il faut qu'il y ait du volume. Or notre marché interne Français n'est pas suffisant. Supposons un instant qu'une taxe soit maintenant appliquée (100% pour l'exemple)...un lecteur DVD produit en France (en supposant que les 25 pays soient d'accord) couterait au prix actuel de la main d'?uvre environ 60 Euros. Le même produit importé de Chine incluant une taxe de 100% couterait 64 Euros (en admettant qu'il n'y pas de boycott de nos produits sur le marché Chinois à cause de la taxe). Qui sera d'accord pour que le prix payé - par le consommateur - soit augmenté d'autant? Il ne faut pas oublier qu'il y a en France beaucoup de travailleurs pauvres...Je souhaiterais sincèrement une explication car nous devons trouver des solutions. Il ne suffit pas de dire que tel ou tel pays a mis en place une taxe carbone et que cela marche. Il faut considérer les efforts que ces pays on fait en termes de culture, des accords qu'ils ont passés etc... Mon avis est qu'a force de tout vouloir, nous provoquons nous même nos problèmes. Il fut un temps ou avoir un magnétoscope était un luxe. En voulant le rendre accessible à tous nous avons tué les chaines de montages de notre pays. En y réfléchissant, au fur à mesure que nous pensons à démocratiser un produit fabriqué chez nous, nous initions un processus de baisse de cout qui - parce que nos marchés propres sont trop petits - nous incitent à délocaliser. Hors alimentaire, cherchez dans votre supermarché un produit 'made in France'... et si vous en trouvez, comparez le prix avec celui qui vient de chine, et puis posez vous la question: si j'étais smicard, comment je ferais pour me le payer?

  • lucien31, le 24/03/2010 à 00h07

    Cette coalition du PS avec les écolos n'a eu ,mais je peux me tromper, qu'un but faire mal à l'UMP, mais lui faire mal et le metre KO, il y a un gouffre. Madam Jouanno s'est faite avoir et j'ai bien peur que ce soit que le début. Par contre si Sarko veut redonner confiance il faut qu'il fasse très rapidement tout ce quil a promis lors de son élection et très vite, mais en a t'il les moyens, mais même s'il n'en fait qu'un peu cela pourra peut être le sauver, car là en létat actuel sont parti est très mal. respect

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