Le couple Sarkozy à New York en juillet 2009. © ABACALa police judiciaire a été saisie par le parquet de Paris pour enquêter sur l'origine des rumeurs visant le couple présidentiel publiées le 10 mars sur le site internet du Journal du dimanche, a-t-on appris mardi au cabinet du procureur.
Présidentielle, rumeurs : Sarkozy parle... depuis Washington
Quelles sont ses intentions pour 2012 ? Quid des "rumeurs" ? En marge du sommet de Washington, Nicolas Sarkozy a évoqué sur CBS la date de son choix de se représenter ou non, et a tenté de clore le dernier épisode médiatique sur sa vie privée.
Publié le 13/04/2010
Carla Bruni-Sarkozy : "Des rumeurs insignifiantes pour nous"
Sur Europe 1 mercredi soir, la première Dame a affirmé que le président Nicolas Sarkozy et elle-même n'étaient victimes "d'aucun complot".
Publié le 07/04/2010
Le parquet se fonde sur une plainte déposée par Hachette Filipacchi associés (HFA), branche du groupe Lagardère, dirigé par un proche du chef de l'Etat, Arnaud Lagardère. "Cette société déclare dans sa plainte que la publication a nui à l'image de la société et à sa crédibilité", a expliqué une porte-parole du parquet. Le groupe Lagardère a déjà poussé à la démission un responsable de Newsweb, filiale éditant le site internet du JDD, et un autre employé, non journaliste, qui devrait être entendu par la police. Ce dernier a reconnu avoir publié l'article sur un blog hébergé par le site, répercutant des rumeurs circulant alors chez des journalistes parisiens sur les problèmes supposés du couple Sarkozy.
Auparavant, des conseillers de Nicolas Sarkozy et son avocat, Thierry Herzog, ont évoqué publiquement dans les médias l'hypothèse d'une machination visant le président de la République. Ainsi, samedi, Pierre Charon, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, se demandait, à propos des rumeurs apparues début mars sur le couple présidentiel s'il n'y aurait pas "une espèce de complot organisé avec des mouvements financiers". Interrogé par Rue89, Pierre Charon se félicitait de la plainte contre X déposée par la société éditrice du Journal du dimanche (groupe Lagardère) pour "introduction frauduleuse de données dans un système informatique", après la publication de ces rumeurs sur un blog hébergé par le site jdd.fr. Estimant qu'Olivier Jay, directeur de la rédaction du JDD, a été dans cette affaire "un peu dépassé", il assure que "pour que la peur change de camp, il fallait qu'il y ait une procédure judiciaire".
"Destabilisation"
Il y a quelques jours, un ministre avait également confié à des journalistes que ces rumeurs pouvaient être une tentative de "destabilisation" du président Sarkozy. "Le fait que ces rumeurs aient été relayées dans la presse en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suisse peut faire penser à un complot, alors que la France s'apprête, en 2011, à prendre la présidence du G20. On va faire une enquête pour savoir d'où viennent ces rumeurs", avait ajouté ce ministre.
De son côté, l'ancienne ministre de la Justice Rachida Dati a engagé l'avocat Georges Kiejman pour menacer de poursuites ceux qui la désignent comme la responsable de la diffusion des rumeurs sur le couple présidentiel. Selon plusieurs organes de presse, dont Le Canard enchaîné, un rapport des services de renseignement a en effet conclu à sa responsabilité dans l'affaire, et c'est ce qui aurait conduit au retrait le 14 mars d'une escorte de quatre policiers dont elle bénéficiait comme ex-ministre. Me Kiejman conteste qu'elle ait eu un rôle dans la rumeur. "C'est impensable que Mme Dati ait pu participer à une entreprise de déstabilisation d'un président auquel elle sait devoir beaucoup, voire tout", a dit Me Kiejman sur RTL. "Si on continue à imputer à Mme Dati un rôle dans la diffusion de cette rumeur, on porte atteinte à son honneur. Si ,on porte atteinte à son honneur, on fait un délit de diffamation qui peut être poursuivi comme tel", a-t-il ajouté. Affaire à suivre.
| Les journalistes du JDD protestent contre "le ton menaçant" de Pierre Charon |
La Société des journalistes du Journal du dimanche a publié lundi un communiqué pour s'étonner des propos du conseiller de Nicolas Sarkozy Pierre Charon, qui disait souhaiter que "la peur change de camp". La SDJ juge "inacceptable le ton menaçant et inquisiteur de ces propos sans précédent". |
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