Le parti socialiste était réuni samedi en Seine-Saint-Denis pour entériner son projet pour la présidentielle de 2012. Une Convention qui se tenait dans un contexte d'affrontement avec le gouvernement sur le dossier épineux des retraites. © TF1/LCI
- Quand Aubry compare Sarkozy à Madoff - 19 s
- Projet pour 2012 : le PS muscle son discours - 02 min 33 s
Propos sur Sarkozy : Aubry déclenche la foudre
Les propose de Martine Aubry, comparant le chef de l'Etat à l'escroc financier Bernard Madoff, ont déclenché les foudres du camp présidentiel dimanche, François Fillon lui-même dénonçant des "attaques brutales" et "injurieuses".
Publié le 30/05/2010
Sarkozy comparé à Madoff : Aubry s'explique, sans s'excuser
"Je n'ai pas comparé le président de la République à Madoff", s'est justifiée dimanche la Première secrétaire du PS, dont les propos ont suscité de vives réactions après son discours à La Plaine-Saint-Denis.
Publié le 30/05/2010
Elle avait mangé du lion. A l'occasion de la convention au cours de laquelle le PS a ratifié samedi son projet de société, une "première pierre" pour la reconquête du pouvoir en 2012, sa patronne Martine Aubry s'est livrée à une charge contre Nicolas Sarkozy qu'elle a comparé à Madoff, dénonçant son "inélégance" et une "dose de vulgarité".
"C'est une belle journée qui a permis de fixer ce socle (...) autour d'un projet qui apporte des réponses aux souffrance des Français et surtout à leurs espérances", a affirmé Martine Aubry en clôturant la convention nationale sur un "nouveau modèle de développement" aux Docks de Paris à La Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Puis la première secrétaire s'est lancée dans une diatribe contre le chef de l'Etat, en qui les Français "n'ont plus confiance", qui "n'a plus de cap" et "préfère attaquer nos propositions". Elle a ironisé sur ses leçons en matière de gestion. "J'ai un peu l'impression quand Nicolas Sarkozy nous donne des leçons de maîtrise budgétaire, c'est un peu M. Madoff qui administre quelques cours de comptabilité", a-t-elle dit en référence à l'escroc de Wall Street condamné en 2009 à 150 de prison. L'ex-numéro deux du gouvernement Jospin a aussi fustigé les propos du président qui avait dénoncé l'héritage mitterrandien du départ à la retraite à 60 ans : "A son inconstance, il ajoute aujourd'hui l'inélégance. Et à son inefficacité (...) il ajoute une dose de vulgarité", a-t-elle lancé, vivement applaudie, devant Pierre Mauroy, ancien Premier ministre de François Mitterrand et quelque 500 délégués.
Au-delà de cet assaut en règle contre le chef d'Etat, la convention socialiste a entériné définitivement, à l'unanimité moins une abstention, le projet déjà adopté par le Conseil national (parlement) et ratifié par les militants. "Nous posons cette première pierre de notre projet (...) pour l'alternance en 2012", a affirmé de son côté le numéro deux, Harlem Désir. C'est "la première brique pour 2012, ce "texte est le socle et la matrice du changement", a renchéri l'artisan de la convention, Pierre Moscovici. Selon le député du Doubs, "une cohérence a été trouvée", "une façon de travailler ensemble s'est affirmée". "Ce talisman, il faut le garder" pour "un changement de président et surtout un changement de politique".
Seule voix dissonante, Gérard Collomb
Et, si certains ténors ont séché ces travaux pratiques, l'unité était quand même palpable: même Ségolène Royal a adressé une contribution à la Convention. Seule voix dissonante: le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb qui reproche à Martine Aubry de s'aligner "sur les positions irréalistes de la gauche du parti qui ne nous permettent pas de gouverner demain". "Chacun a bien compris que nous devions collectivement porter ce projet ambitieux et réaliste", prévient la première secrétaire. "Le bal des ego" au PS "est fini", "le vrai travail commence".
Après cette première convention très consensuelle, le PS lance mardi la deuxième consacrée à la rénovation: Arnaud Montebourg va présenter à la direction du parti ses propositions sur les épineux sujets des primaires et du non-cumul des mandats. Les commentaires allaient bon train en coulisses. "Ce n'est pas le calme avant la tempête, c'est le calme des troupes qui préparent les grandes batailles", résume le député Christian Paul, proche de Mme Aubry. Les modalités des primaires - calendrier, nombre de scrutins, parrainages, date du Congrès - seront au coeur du débat avec le souci de préserver l'unité retrouvée. "La condition de la victoire, c'est l'unité", résume un proche de la direction.
| Lefebvre proteste, Hollande conseille |
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a trouvé "regrettable" samedi que Martine Aubry "s'abaisse à injurier le président de la République en le comparant notamment à un escroc". Pour sa part, interrogé sur cette même comparaison au "Grand Rendez-Vous" Europe1/Le Parisien, l'ex-numéro un du PS François Hollande a mis en garde dimanche contre l'usage de "facilités" dans le débat politique et a appelé les socialistes à être "différents". |
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