Nicolas Sarkozy commémorant le 8 mai 1945 à Colmar (8 mai 2010) © TF1/LCI
Depuis son élection, Nicolas Sarkozy a souhaité localiser la cérémonie nationale commémorant la Victoire du 8 mai 1945 dans "des lieux particulièrement emblématiques de l'histoire de la libération du territoire national". Il s'était ainsi rendu à Ouistreham, dans le Calvados, en 2008, et à Sainte-Maxime, dans le Var, en 2009. Cette année, c'est à Colmar, l'une des dernières villes françaises libérées, le 2 février 1945, par le général de Lattre de Tassigny, que le chef de l'Etat s'est rendu pour célébrer les 65 ans de la Victoire alliée.
Dans un discours d'une quinzaine de minutes, Nicolas Sarkozy est surtout revenu sur le sort des "malgré nous", ces Alsaciens et Mosellans incorporés de force dans l'armée allemande. "Je suis venu aujourd'hui en Alsace réparer une injustice. (...) A partir de 1942, les Alsaciens et Mosellans furent enrôlés de force dans l'armée allemande. On leur mit un uniforme qui n'était pas celui du pays vers lequel allaient leur coeur et leur fidélité. On les força à agir contre leur patrie, leur serment, leur conscience", a rappelé le président. "Ils furent 130.000. Trente-mille sont morts au combat, dix-mille furent portés disparus. Les malgré nous ne furent pas des traitres", a affirmé le chef de l'Etat, rappelant que la France avait "trouvé en Alsace parmi les plus belles figures de la Résistance et le plus ardant des patriotismes".
"Il fallait qu'un président vînt un jour ici"
"Ceux qui n'ont rien fait pour empêcher cette ignominie perpétrée contre des citoyens français, a ajouté le chef de l'Etat, ont trahi les valeurs de la France, l'ont déshonorée. Vichy a trahi la France et l'a déshonorée. Il fallait qu'un président de la République vînt un jour ici pour dire aux Français ce que fut le drame de l'Alsace et de la Moselle".
Le chef de l'Etat était entouré du Premier ministre François Fillon et de quatre membres du gouvernement, Hervé Morin (ministre de la Défense), Jean-Marie Bockel (secrétaire d'Etat à la Justice), Hubert Falco (secrétaire d'Etat aux Anciens combattants) et Eric Besson (ministre de l'Immigration), ainsi que du président du Sénat Gérard Larcher.
Nicolas Sarkozy a par ailleurs déposé une gerbe de fleurs au pied du monument à la gloire de la 1re Armée et à la mémoire du général de Lattre de Tassigny, le libérateur de la ville. Il a ensuite brièvement rencontré ses descendants.
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