Non cumul des mandats : Aubry prête au bras-de-fer

Par TF1 News (Avec agence), le 23 mai 2010 à 11h03 , mis à jour le 23 mai 2010 à 11h07

La Première secrétaire du PS affirme qu'elle ira jusqu'au bout sur le non cumul des mandats qu'elle veut imposer aux sénateurs socialistes dès 2011, dans une interview au Parisien Dimanche.

Martine Aubry PSImage d'archives © ABACA

Les militants PS se sont prononcés, et de manière on ne peut plus claire : ils ont voté massivement, en octobre 2009, pour un non cumul des mandats applicable "dès les prochains renouvellements" (cantonales et sénatoriales en 2011, législatives en 2012), avec incompatibilité entre un mandat de parlementaire et une présidence d'exécutif local (communes, intercommunalité, conseil général et régional) ou la participation à un exécutif (vice-président, maire-adjoint). Si, depuis, Martine Aubry a écarté les cantonales de mars prochain de cette règle, l'échéance n'est que repoussée. Un nouveau vote des militants PS est prévu le 24 juin et une convention nationale du parti sur la rénovation tranchera le 3 juillet.

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Or, les sénateurs PS sont vent debout contre ce non cumul des mandats, qui devrait s'appliquer dès 2011. Et la Première secrétaire du PS compte bien imposer la mesure. Avant une rencontre prévue mardi avec les sénateurs, qui s'annonce délicate, elle s'explique dans une interview au Parisien Dimanche. Comme on lui demande si elle ira "jusqu'au bout", elle répond : "oui, nous l'avons décidé et les militants l'ont voté". Une fermeté qu'elle explique : "Je veux un Parti socialiste qui donne l'exemple", ajoute la Première secrétaire pour qui "il est difficile aujourd'hui d'être à la fois maire ou président d'un conseil général ou régional, et en même temps élu national et de bien faire ce pour quoi on a été élu".

Le Sénat, "une anomalie démocratique"

Mais après des décennies dans l'opposition à la Haute assemblée, les sénateurs PS regimbent à renoncer à un cumul des mandats qui ne s'appliquerait qu'aux socialistes, estimant que leurs chances de faire basculer le Sénat à gauche en 2011 seraient dès lors anéanties. Les sénateurs devraient plaider mardi auprès de Martine Aubry le principe de réalité, en expliquant que "la vraie rénovation, c'est celle qui permettra un jour de rénover la vie politique et publique française". Le président du groupe PS, Jean-Pierre Bel, souligne d'ailleurs : "En 1981 et en 1997, Mitterrand et Jospin n'ont pas pu aller au bout des réformes de société parce qu'ils avaient l'obstacle du Sénat".

Jamais la gauche au pouvoir n'a disposé de la majorité dans les deux assemblées, ce qui avait fait dire à Lionel Jospin, lorsqu'il était Premier ministre, que le Sénat était "une anomalie démocratique" du fait de son mode de scrutin. Aujourd'hui, c'est encore le mode de scrutin qui explique l'hostilité des élus socialistes. La gauche est bien placée pour les sénatoriales de 2011, grâce à ses gains aux élections locales. Les conseillers municipaux représentent 95% du collège des grands électeurs qui élit les sénateurs. D'où l'importance d'être ancré localement pour avoir des chances d'être sénateur. "En 2008, on a gagné des sièges parce qu'il y avait des locomotives; ainsi, en Côte-d'Or où François Patriat, président du conseil régional, et François Rebsamen, maire de Dijon, ont été élus", explique Jean-Pierre Bel. Pour lui, "s'appliquer le non cumul" sans que la droite en fasse autant, "ce serait un désarmement unilatéral" qui pourrait "coûter" à la gauche "une dizaine de sièges en 2011". Et pour lui comme pour nombre de sénateurs mais aussi de responsables PS, cette "chance historique" de remporter le Sénat ne doit pas être "gâchée".

Sur 115 sénateurs membres du parti ou rattachés PS, 16 sont présidents de conseil général, 20 conseillers généraux, 4 présidents de conseil régional, 16 conseillers régionaux et 31 maires. Alors pour eux, pas question de se faire hara-kiri avant que le non cumul ne soit imposé par une loi, après la présidentielle de 2012, si le candidat socialiste la remporte. Mais Martine Aubry n'en démord pas, la rénovation du parti avec la fin du cumul des mandats fait partie de ses engagements. Elle a d'ailleurs mis en garde : "ceux qui me disent : j'irai former un autre groupe, je leur dis : Va former un autre groupe. Tu auras un candidat socialiste contre toi. Mais j'en connais beaucoup qui ont déjà choisi".

Par TF1 News (Avec agence) le 23 mai 2010 à 11:03
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32 Commentaires

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  • baal_, le 25/05/2010 à 00h30

    Ce que je trouve un peu dommage c'est que dans le lot il y a des gens compétents pour qui les électeurs ont voté. A quoi ça rime de dire qu'avec un seul mandat ils feront mieux leur boulot vu que de toutes façons 1 - ils ne font rien eux même, ils ne font que signer ce qui leur est préparé par leurs assistants ; 2 - on a de toutes façons aucune idée de ce qu'est leur travail réel et aucun moyen de le contrôler. Qu'on donne les outils de contrôle, et, à ce moment là et seulement à ce moment là, cette politique aura une quelconque intérêt.

  • gilkayo, le 24/05/2010 à 14h24

    Vous parlez quelle langue ????

  • cindi21, le 24/05/2010 à 09h38

    Je pense au contraire que 2 mandats sont bien .Un maire peut ainsi défendre sa ville son point de vue .Et pour ce que touche un maire ce n'est pas la mer à boire. Par contre je pense qu'il faut diminuer le nombre de députés , que Mitterand avait augmenté.Et pourquoi pas au sénat aussi .......De Gaulle voulait le supprimer non?

  • seiyar70, le 24/05/2010 à 07h08

    Le groupe socialiste s'est-il opposé fin 2007 lors du vote à l'Assemblée de l'augmentation des députés ? non ? merci !

  • roucoucou17, le 24/05/2010 à 06h24

    Hi hi hi on entend cela depuis des années que ce soit de droite ou de gauche et c est pareil,je vous jure il faut qu on soit solide dans nos basckets les francais

  • antilopejaune, le 24/05/2010 à 01h14

    Parce que vous dites "Monsieur Sarkozy" peut-être rique57?

  • antilopejaune, le 24/05/2010 à 01h12

    Pauvre France

  • jples03, le 24/05/2010 à 01h08

    Pourquoi que les sénateurs ????

  • nicapae, le 23/05/2010 à 23h22

    La suppression du sénat voile un exemple de depense a faire si on a le courage de la verité

  • rique57, le 23/05/2010 à 21h58

    Je préfère franchement payer des impots pour faire de l'emploi que pour faire du chômage, chacun voit midi à sa porte.

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