© TF1/LCILa grande distribution s'est engagée lundi, sous la pression de l'Elysée, à modérer ses marges dans le secteur des fruits et légumes, un accord qui a en partie satisfait les agriculteurs, confrontés à une dégringolade de leurs revenus. "Quand il y a une crise, il faut qu'il y ait un accord de modération de marges pour que le producteur voit son prix augmenter et que le consommateur ne soit pas pénalisé", a justifié Nicolas Sarkozy à l'issue d'une réunion à l'Elysée avec des agriculteurs et les représentants des sept principaux groupes de distribution présents en France.
Des agriculteurs partagés
Les agriculteurs ont enregistré une baisse moyenne de 34% de leurs revenus en 2009, une chute équivalente pour les maraîchers alors que les arboriculteurs figurent parmi les touchés avec une baisse de 53% de leurs revenus. L'accord a en partie satisfait les agriculteurs et les distributeurs. "Le président de la République donne le coup d'envoi d'une nouvelle façon de travailler entre distributeurs et producteurs", s'est félicité Angélique Delahaye, présidente des Légumes de France, une branche de la FNSEA, principal syndicat agricole français. En revanche, les syndicats minoritaires agricoles se sont montrés plus critiques. La Coordination Rurale évoque un "accord imparfait" ou "inutile". Dans cet accord, "rien ne permet de garantir un prix rémunérateur pour les paysans", a aussi renchéri la Confédération paysanne.
Côté distributeurs, Arnaud Mulliez, président d'Auchan France, s'est "réjoui des décisions qui ont été prises pour aider l'agriculture française". Le chef de l'Etat maintient donc la pression sur les distributeurs. Il a promis que si les accords de modération de marge n'étaient pas signés, une taxe additionnelle sur les surfaces commerciales s'appliquerait. Les distributeurs ne veulent pas entendre parler de cette nouvelle taxe alors qu'ils payent entre 600 et 700 millions d'euros d'impôts pour ses surfaces commerciales, selon les chiffres de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD).
Cet accord, supervisé par le chef de l'Etat, est intervenu à la veille du début de l'examen par le Sénat d'une nouvelle loi de modernisation de l'agriculture, destinée à contractualiser les relations commerciales entre les agriculteurs et les distributeurs.
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