Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque, invité du Grand Jury le 15 mars 2009 © TF1/LCILe congrès de la CFDT a donné jeudi son feu vert, malgré de vives résistances internes, à un éventuel allongement de la durée de cotisation pour la retraite, tout en rejetant le projet gouvernemental bâti autour de la fin de la retraite à soixante ans. François Chérèque, qui a été réélu sans surprise pour un troisième mandat à la tête du syndicat, est parvenu à dégager une nette majorité (59%) en faveur de ce choix qui vient confirmer celui fait dès 2003 au prix d'une grave crise interne.
Réforme des retraites : FO fait cavalier seul à Paris
Farouchement hostile au recul de l'âge de la retraite, le syndicat a mobilisé des dizaines de milliers de manifestants ce mardi dans les rues de Paris.
Publié le 15/06/2010
Réforme des retraites : FO manifeste en solo mardi
A la veille de la présentation du projet gouvernemental sur les retraites, le syndicat fait cavalier seul en appelant mardi à une journée de grèves et à une manifestation parisienne, tout en s'en prenant à la CFDT.
Publié le 14/06/2010
Reconduit à l'unanimité par le bureau national, un vote qui sera proclamé à la tribune vendredi, le secrétaire général de la CFDT, dont le bilan avait été massivement approuvé la veille, a estimé qu'"aujourd'hui, les conditions de l'allongement de la durée de cotisation ne sont pas réunies", le dialogue avec le gouvernement étant dans l'impasse. La référence à un allongement de la durée de cotisation s'inscrit dans le "projet alternatif" de réforme des retraites défendu par la direction de la centrale syndicale, a-t-il souligné. Moins d'une heure après une visite de son homologue cégétiste Bernard Thibault, très bien accueilli, le résultat de cette motion sur les retraites a été salué par des applaudissements nourris des délégués, dont une partie s'est levée. Au sein de la direction, on se disait "soulagé".
Les jeux ne semblaient pas faits, tant la pression sur la direction du syndicat avait été forte au congrès contre tout recul de l'âge de la retraite. En outre, depuis mercredi soir, les dirigeants cédétistes avaient été désavoués par deux fois, sur des propositions jugées trop conciliantes concernant les effectifs des services publics et les contrats précaires. A la tribune, une déléguée syndicale de Seine-Maritime a appelé en vain ses camarades à ne pas "donner un chèque en blanc" au gouvernement, avec l'approbation d'une partie de la salle. "C'est une autoroute qu'ils ont" au gouvernement grâce à ce vote, pestait en aparté un métallo du sud de la France. Le débat a ravivé le douloureux souvenir de 2003, lorsque François Chérèque avait finalement souscrit à une réforme posant comme principe que la durée de cotisation continuerait de s'allonger au fur et à mesure que l'espérance de vie progresserait.
"Chérèque a radicalisé le congrès"
En vertu de cette réforme, la durée de cotisation pour une retraite à taux plein a été alignée entre public et privé et sera passée à 41 ans en 2012, régimes spéciaux exceptés. "Aujourd'hui, on a fait la démonstration que la CFDT est restée elle-même: un syndicat qui s'oppose aux injustices, mais un syndicat qui propose des alternatives", a commenté M. Chérèque. Le "monsieur retraites" de la centrale, Jean-Louis Malys, a posé des conditions à la prolongation de la vie active: partage des gains d'espérance de vie entre travail et retraite, possibilité de choix renforcée au moment du départ, et possibilités accrues pour les travailleurs qui ont exercé un métier pénible de partir plus tôt que les autres. Pour financer une partie des retraites, la CFDT veut aussi faire contribuer "l'ensemble des revenus, y compris ceux des capitaux".
Mais elle reste inflexible sur le maintien de l'âge légal à 60 ans, qui "n'est ni négociable, ni amendable", selon M. Malys. Pour MM. Chérèque et Thibault, cette position a le mérite de servir de ciment à l'unité intersyndicale, FO et CFE-CGC mis à part. Les soixante ans, "ce n'est pas le plus petit des dénominateurs communs, c'est un élément central", fait valoir M. Chérèque. Cette inflexibilité a elle-même suscité des remous dans l'appareil dirigeant de la CFDT. "François Chérèque a radicalisé le congrès", s'inquiétait avant le vote sur les retraites un membre du Bureau national, relevant aussi que jusqu'ici, la CFDT a été impuissante à peser sur le gouvernement dans ce dossier.
| Pour Woerth, le recours aux réserves du Fonds est envisageable dès à présent |
Le projet de loi sur la réforme des retraites doit être présenté la semaine prochaine à l'Assemblée nationale, mais Eric Woerth a déclaré mercredi devant les députés qu'un recours aux réserves du Fonds était envisageable dès à présent, compte tenu de l'ampleur des déficits accumulés. "Les arbitrages restent à prendre", a déclaré jeudi Eric Woerth, sur Europe 1. "Mais moi, il me semble normal que le Fonds de réserve des retraites soit à un moment donné ou à un autre utilisé." "C'est comme si vous aviez d'un côté votre compte en banque avec beaucoup d'argent et puis de l'autre côté un énorme déficit sur un autre compte en banque", a-t-il ajouté. Le Fonds de Réserve pour les Retraites s'est refusé jeudi à commenter ces déclarations du ministre du Travail et a indiqué attendre les orientations explicites du gouvernement français. |
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