Le patron des députés UMP a ironisé sur ceux qui, au gouvernement comme à l'UMP, rejettent le mot "rigueur". "Appelons ça cueillette des olives en Basse-Provence !", a-t-il lancé en référence au sketch de Pierre Dac. © LCILe chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, prône un coup de "rabot généralisé de 10% sur les budgets de fonctionnement de tous les ministères et organismes dépendant de l'Etat", dans une interview au Monde daté de dimanche/lundi. Jean-Marie Bockel (justice), Patrick Devedjian (Plan de relance), Henri de Raincourt (Relations avec le Parlement) et Michel Mercier (Collectivités locales) ont emboîté le pas à Roselyne Bachelot et Michèle Alliot-Marie jeudi. François Fillon a beau s'en défendre, pour 64% des Français, la politique actuelle est "une politique de rigueur", alors que les cures d'austérité se multiplient en Europe. Mais les ministres sont-ils prêts à faire un effort financier ? L'opposition dénonce de manière virulente un plan de rigueur déguisé après le gel des dépenses annoncé par François Fillon. "On est loin d'un plan de rigueur", réplique ce dernier. Au lendemain de l'annonce par François Fillon du gel des dépenses publiques, les éditorialistes sont nombreux à ironiser sur un plan de rigueur déguisé. Les dépenses de l'Etat seront "gelées" pendant les trois années à venir, a annoncé jeudi François Fillon à l'issue d'un séminaire gouvernemental consacré à la lutte contre le déficit public qu'il entend toujours ramener à moins de 3% en 2013.
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Copé utilise, contrairement au gouvernement, le mot "rigueur" - "on y est" - pour s'en enorgueillir. "Je revendique d'avoir été le premier à dire qu'il fallait une politique de rigueur. Tous les pays sont en train de prendre des décisions courageuses. On ne peut pas faire comme si la crise que traverse l'Europe allait épargner la France", dit-il.
S'agissant du coup de "rabot généralisé" sur le fonctionnement des ministères qu'il appelle de ses voeux, il explique qu'il devrait être fait "en confiant à chaque ministre le soin d'identifier les sources d'économies qui ne freinent pas la croissance". Il estime en outre qu'il est possible "d'économiser 10 milliards d'ici 2013 dont 5 milliards dès 2011" sur les niches fiscales. Et pour lui toutes les niches doivent être concernées, y compris celle qui porte son nom et qui concerne certaines plus values d'entreprises. "Il n'y a pas de vache sacrée. Toutes les niches doivent être touchées", dit-il.
Des critiques "injustes" au modèle économique allemand
Il réaffirme son souhait que les collectivités locales soient aussi concernées en préconisant l'instauration d'un "bonus/malus sur la dotation générale de fonctionnement versée par l'Etat". Le président Nicolas Sarkozy a annoncé le 20 mai, lors de la conférence sur les déficits, un gel "en valeur" des dotations de l'Etat aux collectivités locales en précisant que ces dotations seraient dorénavant "modulées selon des critères de bonne gestion".
Copé défend une nouvelle fois en outre le modèle économique allemand, estimant "injustes" les critiques dont il fait l'objet. Pour lui, "c'est au tour (de la France) de faire les réformes structurelles que nos voisins ont eu le courage de conduire sous Schroeder puis sous Merkel". "Il est impératif de faire converger nos deux modèles".
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