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DOSSIER : Affaire Bettencourt

Remonté et droit dans ses bottes

Edité par
le 27 juin 2010 à 19h15
Temps de lecture
5min
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Politique Invité du Grand Jury dimanche en pleine tourmente à cause de l'affaire Bettencourt, le ministre du Travail s'est virulemment défendu d'avoir jamais "déclenché" ni "empêché de contrôle fiscal", assurant n'avoir "rien à se reprocher". De son côté, Nicolas Sarkozy lui a renouvelé sa confiance.

Lui d'ordinaire si calme et posé est apparu très remonté, même s'il n'était pas "énervé" comme le lui faisait remarquer Eric Revel mais qu'il "expliquait". Question de perception donc. Quoi qu'il en soit, après des jours de polémique, de révélations, de critiques, de demandes de clarifications, la contre-attaque est lancée. Après le soutien de Nicolas Sarkozy (renouvelé pour la 3e fois dimanche soir à la fin du G20 : lire plus bas) et l'annonce du ministre du Budget François Baroin que le fisc va contrôler la fortune de Liliane Bettencourt (lire notre article), Eric Woerth était dimanche soir au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, pour s'expliquer sur l'affaire Bettencourt et dire haut et fort qu'il ne cèdera pas. Une explication qui a duré plus de la moitié de l'émission d'une heure, en présence de son épouse Florence Woerth et de plusieurs de ses collègues du gouvernement.

"Ne sous-estimez pas ma capacité de résistance !", a-t-il d'ailleurs rapidement lancé, estimant être "une cible politique". "Je ne souffre pas du tout parce que je n'ai rien à me reprocher", a-t-il dit, assurant plus tard n'être "pas affaibli" par rapport à son camp, mais seulement par rapport à l'opposition. C'est "une affaire très compliquée à laquelle je ne comprends rien, je ne sais pas ce qu'on me reproche", a-t-il dit, évoquant "une polémique en marge d'un procès très important entre une mère et une fille". "Je suis très serein", a-t-il assuré.

Il reconnaît que Bettencourt donnait à l'UMP
 
Martelant "c'est faux et archi-faux !" à toutes les accusations qui se sont succédées, le ministre du Travail a de nouveau contesté toute faveur en faveur de l'héritière de L'Oréal, dont les avocats ont reconnu des pratiques d'évasion fiscale. D'ailleurs, a assuré Eric Woerth, il n'a pas eu connaissance des éléments accréditant l'idée que Liliane Bettencourt fraudait le fisc, pourtant transmis par le parquet de Nanterre à Bercy début 2009, alors qu'Eric Woerth était ministre du Budget. "Il n'y pas d'argent public, je ne me suis pas enrichi, ma femme non plus. (...) je suis très serein. Je n'ai jamais déclenché de contrôle fiscal, comme je n'ai jamais empêché de contrôle fiscal", a-t-il dit. Le ministre a assuré qu'à Bercy il n'avait aucun pouvoir sur les enquêtes fiscales et ne s'intéressait pas aux procédures. "Tout cela fonctionne de manière autonome du ministre", a-t-il dit, arguant du fait qu'il y a 50.000 contrôles fiscaux par an.

Eric Woerth a cependant admis -pour la première fois- que Liliane Bettencourt, femme la plus riche de France et 17e fortune mondiale avec environ 17 milliards d'euros, avait fait des dons à l'UMP, parti majoritaire dont il est le trésorier et il le restera, a-t-il martelé ("il n'y aucun conflit d'intérêt entre être trésorier d'un parti politique et être ministre du Budget. Je ne révise pas mon jugement là-dessus"), mais c'était dans un cadre légal, a-t-il dit. "Liliane Bettencourt a fait des dons à l'UMP comme 50.000 personnes", a-t-il expliqué sans préciser les montants.

Le document transmis par le parquet de Nanterre début 2009 au fisc concernait François-Marie Banier, photographe auquel Liliane Bettencourt a donné entre 600 millions et un milliard d'euros, dit le ministre, brandissant le document. "Le contrôle de M. Banier a bien eu lieu", a-t-il précisé, assurant qu'il n'y avait aucune raison de s'intéresser à Liliane Bettencourt. Les documents mentionnaient cependant Arros, une île des Seychelles que possédait Liliane Bettencourt par l'intermédiaire d'une fondation au Liechtenstein, et cachée au fisc français. "Je ne connais pas cette île, je ne sais même pas où elle est", a dit Eric Woerth". "Liliane Bettencourt fait partie des gros contribuables français. S'il y a des biens qui sont cachés quelque part, très sincèrement l'administration fiscale n'a pas les moyens de le savoir en France", a-t-il ajouté.

"Mr Peugeot ne m'a pas parlé de cambriolage"

Au passage, Eric Woerth a affirmé que son épouse avait démissionné "à contrecoeur" de la société Clymène gérant la fortune Bettencourt où elle travaillait depuis 2007. Comme on lui demandait si elle avait quitté son poste, comme elle l'avait annoncé, le ministre du travail a répondu : "ben oui. A contrecoeur, pour tout vous dire, parce qu'elle n'a rien à se reprocher. Elle est victime de cette affaire, elle a fait son métier avec honneur, avec compétence, avec honnêteté". L'ex-ministre du Budget a dit qu'il avait toujours dressé "une muraille de Chine" entre leurs deux métiers.

Concernant Robert Peugeot, qui selon le Journal du dimanche a évité un contrôle fiscal grâce à un dîner avec Eric Woerth en décembre 2009 après un cambriolage où avaient été dérobés des lingots d'or, Eric Woerth conteste aussi tout arrangement, dénonçant "des amalgames, des insinuations absolument scandaleux". "Tout cela est vicieux." Le ministre a confirmé qu'il avait partagé un repas avec Robert Peugeot mais il n'a pas été question de l'affaire des lingots, a-t-il assuré ("Mr Peugeot ne m'a pas parlé de cambriolage" lors de ce repas), s'en prenant vivement aux journalistes auteurs des articles ainsi qu'aux "procureurs habituels" socialistes, citant Harlem Désir et Martine Aubry. "Je suis visible, donc je suis à abattre. C'est comme ça que ça se passe, mais ça ne se passera pas comme ça."

Sarkozy réaffirme que Woerth "a toute (sa) confiance"

Quelques heures plus tard, à l'issue du G20, Nicolas Sarkozy réaffirmait que le ministre du Travail avait "toute (sa) confiance". "M. Woerth est un homme qui a toute ma confiance (...) J'ai confiance dans la réforme, j'ai confiance en M. Woerth", a répondu le président français à un journaliste qui lui demandait si Eric Woerth était "toujours légitime pour mener la réforme des retraites".

Bettencourt ne sait pas à qui appartient l'île d'Arros

C'est en tout cas ce qu'affirme lundi Me Pascal Wilhelm, avocat de Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de la milliardaire. Il a affirmé sur RMC que Liliane Bettencourt est locataire "depuis le 19 mai 1999" par un bail signé avec une société dont elle ne connaît pas le propriétaire. "Je suis chargé par Mme Bettencourt de savoir à qui appartient la fondation" derrière cette société, a ajouté l'avocat.

Commenter cet article

  • nycole72 : Doctor gonzeo : Certainement pas!... et dans tous les cas ce n'est pas à vous de le décider. Continuez comme çà et la droite va se retrouver dans la rue, çà changera un peu le paysage!

    Le 29/06/2010 à 03h09
  • nycole72 : Gysco : A vous lire c'est sûr que çà ne risque de vous arriver!...

    Le 29/06/2010 à 03h04
  • nycole72 : Pedro0pedro : Vous pensez ce que vous voulez... çà vous regarde.

    Le 29/06/2010 à 03h02
  • nycole72 : Charlesrizzla : Je le trouve d'une patience angélique et d'un calme olympien (définition : Être imperturbable, d'un calme noble et majestueux, digne des dieux.). votre transpiration à côté...

    Le 29/06/2010 à 02h56
  • nycole72 : Sly : Qui êtes-vous donc pour vous permettre de tutoyer un ministre d'état?...

    Le 29/06/2010 à 02h51

      Elles sont arrivées par dizaines de milliers: invasion de chauves-souris dans une ville australienne

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