Retraites : messieurs les parlementaires, réformez les premiers !

Par TF1 News (D'après agence), le 15 juin 2010 à 07h14 , mis à jour le 15 juin 2010 à 11h30

Dossier : Quel avenir pour les retraites ?

Alors que le gouvernement peaufine son projet de réforme des retraites, les "régimes spéciaux" des parlementaires, très avantageux, pourraient être touchés. Bernard Accoyer promet "équité et transparence".

Le Congrès de Versailles Image d'archive © Abacapress
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Réforme des retraites : la conférence de presse d'Eric Woerth
Mercredi 16 Juin 2010 - 8h30

Annoncées dans un premier temps mardi soir, reportées de quelques heures pour, assure-t-on au gouvernement, d'ultimes arbitrages, les modalités de la réforme des retraites doivent être annoncées mercredi matin. Mais alors que les grandes lignes en sont déjà connues, le "régime spécial" très avantageux des parlementaires suscite de plus en plus de questions. Les élus seraient-ils parmi les privilégiés à échapper à la réforme ? François Fillon a sonné lundi l'heure des "efforts" collectifs au nom de l'équité, "y compris dans le monde politique" dont il a évoqué les "avantages". La vive controverse liée aux émoluments de l'ex-ministre Christine Boutin, qui cumulait depuis le 1er janvier un salaire de 9500 euros nets pour une mission confiée par l'Elysée et sa retraite de député, a relancé le débat sur la rémunération du personnel politique.

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"Nous irons vers l'équité et la transparence", a assuré mardi Bernard Accoyer sur Europe 1. "Les mesures dérogatoires ont vocation à être supprimées sans délais", a ajouté le président UMP de l'Assemblée. En cause, la double cotisation dont jouissent les députés : une année cotisée en vaut deux, ce qui permet à un élu de l'Assemblée de toucher une retraite à taux plein au bout de 22,5 années de mandat. "Je souhaite que ce soit révisé, supprimé", a affirmé Bernard Accoyer. Le bureau de l'Assemblée doit se pencher sur le dossier mercredi et le président de l'Assemblée nationale veut proposer "que tout soit mis sur la table, sans tabou".

"Ça peut avoir du sens"

Pour Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, "ça peut avoir du sens" de revenir sur la double cotisation. "Elle correspondait à une époque donnée où il y avait un certain nombre de régimes spéciaux. A partir du moment où on va dans l'optique d'harmoniser les régimes, tout le monde doit y contribuer", a-t-il déclaré sur RTL. Des ministres avaient, de même, estimé plus tôt qu'une évolution du régime des parlementaires, déjà réformé, était nécessaire. "Je crois que personne ne peut s'exonérer d'efforts, notamment ceux qui ont des revenus plus élevés, en période de crise", a dit le secrétaire d'Etat aux PME, Hervé Novelli, sur Canal+.

L'annonce d'une possible réforme des "régimes spéciaux" des parlementaires remporte en tout cas un franc succès dans la presse régionale. Hervé Favre (La Voix du Nord) ironise sur ces régimes "auxquels aucun gouvernement ne s'était jusqu'à présent attaqué, bien que le risque de paralysie du pays fût inexistant !" Et d'ajouter : "dans ces deux régimes, du moins, il y a longtemps que l'âge légal a été repoussé, parfois bien au-delà de 70 ans !" "Comment imaginer des parlementaires ne touchant pas à leur régime de retraite ?", demande François Martin dans Midi Libre, évoquant des avantages "exorbitants au regard du droit commun". "Nous sommes sûrs que l'exemplarité publique reste un facteur apprécié par les marchés et les citoyens. Surtout par les citoyens, d'ailleurs", ajoute-t-il.

Des baby-boomers au "sort privilégié"

Dans La République du Centre, Jacques Camus s'amuse "de voir aujourd'hui le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, demander" aux parlementaires "des décisions courageuses et justes. Il veut sans doute parler de celles qui sont plus difficiles à s'appliquer à soi-même qu'aux autres !" "C'est bien le moins", juge sèchement Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées, car "comment demander des sacrifices aux Français lorsque l'exemple n'est pas donné par ceux qui les leur demandent ?"

Dans Libération, Laurent Joffrin s'intéresse aussi au cas des baby-boomers, au "sort privilégié", qui devraient également "contribuer au rééquilibrage du système" des retraites. Mais, pessimiste, il souligne que "la plupart de nos dirigeants politiques et syndicaux appartiennent justement à cette cohorte bénie". Résultat : "les retraités d'aujourd'hui sont protégés; ceux de demain sont sacrifiés. C'est le non-dit du débat en cours". De son côté, Maurice Ulrich fustige dans L'Humanité "une parodie et un déni de démocratie", estimant que Nicolas Sarkozy "a agi la main dans la main avec le Medef pour remettre en question, en France, un acquis de trop pour le capital et les marchés".

Par TF1 News (D'après agence) le 15 juin 2010 à 07:14
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37 Commentaires

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  • soleur06, le 17/06/2010 à 20h30

    Désolé, mais les discours les plus court sont de loin les plus efficace. Encore désolé. Bien respectueusement. Monsieur jrchelot.

  • seringa21, le 15/06/2010 à 21h05

    Chut ! ...vous allez les réveiller.

  • henri_bambelle, le 15/06/2010 à 17h54

    Il est temps de mettre de l'ordre dans le fouillis.

  • pfuupm, le 15/06/2010 à 14h23

    Et qui paie les parlementaires???? nous!!!

  • lenicois55555, le 15/06/2010 à 13h25

    Les parlementaires ne payent que pour eux... beaucoup de travailleurs aimeraient en faire autant ! !! Mais c'est justement les parlementaires qui les obligent à cotiser pour les autres ! Qu'est ce que le français moyen aurait une belle vie et une bonne retraite s'il ne payait pas pour tous les autres !

  • louischom, le 15/06/2010 à 12h33

    Pourquoi regarder toujours, avec envie,ce qui est dans la poche du voisin? Surtout, et cela est manifeste, que chacun ne voudrait absolument pas faire ce que le dit voisin accomplit! Une caisse indépendante a été créée pour répondre à un besoin de "parachute" pour ceux qui n'ont pas une situation "pérenne" (qui dure type CDI) alimentée par les parlementaires et pour les parlementaires "déchus" de leur mandat. Qu'avons nous à voir la dedans? Les parlementaires "gagnent" beaucoup d'argent, c'est un fait. Etre élu n'est pas évident et demande des qualités que tout le monde n'a pas. Si vous en êtes jaloux, alors tentez votre chance et essayez d'être élu et de rester à votre poste!

  • ilesmarquises, le 15/06/2010 à 12h33

    Vous faites allusion aux travailleurs du privé... Parce que vous croyez que dans le public, les salaires sont mirobolants ? Beaucoup de fonctionnaires en bas de l'échelle (catégorie C) gagnent le smic. Et à la retraite, ils se retrouvent avec une retraite minimum . Renseignez-vous sur les grilles de salaire dans la fonction publique, elles sont visibles sur internet, vous serez surpris(e) !. Ne confondez pas les petits fonctionnaires avec les parlementaires et autres ministres ou secrétaires d'état..... cela n'a rien à voir.... (de plus, je rappelle encore une fois que les salariés SNCF et EDF ne sont pas fonctionnaires.... là non plus, rien à voir... Merci de ne pas mettre les fonctionnaires à toutes les sauces...).

  • annreg, le 15/06/2010 à 12h12

    On verra,mais c'est plutot contraint et forcé

  • baal_, le 15/06/2010 à 12h12

    Heu, attendez, on parle de quoi là ? De leur caisse commune ? Les gens n'ont toujours pas compris son fonctionnement ni son utilité ? Ils en sont resté à "pas régime général = injustice = fourche et torche et boudiou on va faire la révolution" ? Bon alors pour tous ceux qui se sont contenté depuis des années à reprendre les gros titres de leurs journaux d'opposition favoris sans jamais se poser de question, un petit rappel s'impose. Les caisses d'indemnisation parlementaire sont financées à 100% par ... les parlementaires. Il n'y a aucun déficit ni prise en charge par l'état. Alors certes, ils touchent déjà "beaucoup" d'argent (à ce sujet faudrait vous renseigner sur ce qu'est beaucoup d'argent et sur ce que vous pourriez gagner en créant une société au lieu de courir après le sacro saint CDI), mais si c'est une question de montant c'est encore un autre problème qu'on va pas résoudre en supprimant cette caisse. Bref c'est comme si vous vous organisiez avec vos collègues pour vous cotiser et vous indemniser entre vous, et que la cohorte vociférante du bon peuple souverain venait vous traiter de nantis parce que vous faites pas comme les autres. Faudrait évoluer un peu ! Maintenant sur l'utilité. Un parlementaire "professionnel" encarté depuis le plus jeune age, le vrai pion des gros parti, celui qui n'apportera jamais rien de bon ou presque à son pays, lui, il n'a pas besoin de cette caisse. Il sait que de par le soutien de son parti il est assuré d'avoir un poste. La caisse elle sert surtout aux petits partis, aux gens qui n'auront ni poste en commission, ni poste de secrétaire général, etc .... s'ils ne sont pas réélus. Eux ils ont un gros risque, et sans caisse ils ne sont pas couverts. Cette caisse garanti, et ça c'est une réalité, un minimum d'engagement démocratique dans nos institutions. Supprimons là. Admettons. Ca changera quoi ? Les parlementaires seront toujours "beaucoup" payés, ce qu'ils ne verseront pas dans la caisse ira dans leur poche. Mais vous pouvez être sûr que les gens des petits partis y réfléchirons à deux fois avant de se lancer dans l'aventure ! Réfléchissez un peu !

  • aciery, le 15/06/2010 à 11h47

    Pendant qu'ils y sont et afin de gagner du temps et de l'argent, qu'il fasse un paquet avec l'interdiction du cumul des mandats, comme ca on aura peut être des assemblées sérieuse avec des députés studieux et présent qui s'occuperont enfin de nous plutôt que de s'occuper de leur lutte de pouvoir !

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