
C'est la première fois que Nicolas Sarkozy retourne dans la cité qu'il avait dit vouloir "nettoyer au kärcher" en 2005, les 4000, à la Courneuve. De 21h à près de minuit mercredi soir, selon l'Elysée, le chef de l'Etat s'est livré à une visite surprise en Seine-Saint-Denis. Alors que dans le département voisin du Val d'Oise, se tient le procès des tireurs présumés des émeutes de Villiers-le-Bel, Nicolas Sarkozy a sillonné ce département particulièrement touché par la délinquance.
Le chef de l'Etat s'est d'abord rendu à Tremblay-en-France, pour visiter, pour la deuxième fois depuis le 20 avril dernier, les dépôts de bus des Transports rapides automobiles (TRA) et du CIF (Courrier de l'Ile-de-France), vandalisés à la fin du mois de mars. Pendant environ une demi-heure, il a discuté avec les conducteurs de bus, qui avaient usé de leur droit de retrait, avec le caillassage et l'incendie de
deux de leurs véhicules, le 31 mars. Plusieurs d'entre eux avaient été reçus par le président à l'Elysée le 2 avril. Nicolas Sarkozy est ensuite allé à la gare SNCF de Saint-Denis, où il s'est entretenu avec les patrouilles de police, avant de discuter avec des passants et des commerçants aux abords de la gare, a également indiqué l'Elysée. Il s'est également arrêté au poste de police de Saint-Denis qui abrite le service régional de la police des transports.
"Recherche de travail et trafic de drogue"
A la Courneuve, Nicolas Sarkozy s'est entretenu au pied de la tour Balzac de la cité, destinée à être détruite, avec des unités de sécurisation, ainsi qu'avec des jeunes dans des halls d'immeubles. "Ils ont surtout discuté recherche de travail et trafic de drogue", a rapporté un proche de Nicolas Sarkozy. En 2005, ses propos sur le "kärcher" avaient suscité une vive polémique, qui avait perduré pendant la campagne présidentielle. Alors qu'il était ministre de l'Intérieur, le chef de l'Etat s'était rendu dans la cité après la mort d'un enfant, Sidi Ahmed, tué par une balle perdue, pour annoncer des mesures en faveur de l'emploi, l'éducation et la sécurité.
Autre étape: le commissariat de La Courneuve où le président s'est fait présenter le dispositif de lutte contre les stupéfiants, ainsi que les saisies d'armes et de stupéfiants. Le maire communiste de la ville, Gilles Poux, était présent. Lors de sa visite, le chef de l'Etat était accompagné du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, du préfet de police, Michel Gaudin, du directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, et du préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, a indiqué la présidence.
Cette visite, quoique volontairement discrète, n'en a pas moins donné lieu à une interpellation : un homme âgé de 21 ans a été arrêté peu avant 23 h à la Courneuve pour avoir agressé verbalement le président. "Le jeune homme devrait être poursuivi pour insultes au chef de l'Etat", selon la police. Le jeune homme, "déjà condamné pour des affaires de stupéfiants, conduite sans permis, violence, rebellions", s'est débattu lors de son interpellation par la police locale et a été blessé. Il bénéficie de neuf jours d'incapacité totale de travail, ont indiqué les mêmes sources. Il était toujours en garde à vue pour rebellions jeudi matin.
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