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La fin de la retraite à 60 ans a sonné en commission


le 21 juillet 2010 à 17h12
Temps de lecture
4min
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Crédits : TF1/LCI

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PolitiqueL'Assemblée nationale a acté en commission mercredi la mesure phare du projet de loi sur la réforme des retraites, qui recule de 60 à 62 ans, à l'horizon 2018, l'âge légal de départ en retraite. De petites mesures sur le volet sensible de la pénibilité ont en outre été prises.

C'est fait. Et le ministre du Travail, Eric Woerth, a catégoriquement exclu toute modification de ce volet du texte : "On a choisi de ne pas aller plus loin que 62 ans mais d'aller plus vite" dans le temps, a-t-il lancé en commission, selon une députée de gauche. L'Assemblée nationale a validé mercredi, en commission, la mesure phare du projet de loi sur la réforme des retraites, qui recule de 60 à 62 ans, à l'horizon 2018, l'âge légal de départ en retraite, selon une source parlementaire. Rappelons en effet que l'examen de la réforme se fait à huis clos. Un huis clos tout relatif, les députés PS ayant pris le relais de l'UMP Lionel Tardy, absent des débats, pour envoyer sur twitter des petits extraits des débats qui n'ont pas pour souci l'objectivité mais donnent une idée des échanges d'arguments (lire notre article) et organiser des points de presse quotidiens.

Qui qu'il en soit, les députés ont donc sifflé la fin de la retraite à 60 ans. Dans le détail, dans sa réforme, le gouvernement veut porter l'âge légal de départ en retraite à 62 ans en 2018, en l'augmentant chaque année de quatre mois à partir de la génération 1951. Pierre angulaire de la réforme, c'est aussi la mesure la plus contestée par les syndicats (à l'exception de la CFE-CGC) et la gauche. L'âge légal de départ en retraite est fixé à 60 ans depuis 1983. Il avait alors été abaissé de cinq ans lors du premier septennat du président socialiste François Mitterrand. Les députés examinaient en milieu d'après-midi le passage progressif (de 2016 à 2023) de 65 à 67 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein (pension sans décote, quel que soit le nombre d'annuités). Outre le report de l'âge légal, le texte prévoit l'alignement sur dix ans du taux de cotisation du secteur public sur celui du privé et la création d'un prélèvement de 1% sur la tranche la plus élevée de l'impôt sur le revenu. Sur les 417 amendements déposés sur ce texte, qui compte une trentaine d'articles, près d'une centaine d'entre eux avaient été débattus mercredi après-midi.
 
Petites mesures sur la pénibilité adoptées
  
Toujours selon une source parlementaire, des mesures, relativement mineures, sur le volet sensible de la pénibilité ont également été adoptées mercredi par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée. Deux amendements du Nouveau Centre ont en effet été adoptés alors que l'essentiel de la discussion sur la pénibilité -concessions promises par l'exécutif mais non encore dévoilées- n'aura lieu, au grand dam de la gauche et des syndicats, que dans le cadre de l'examen du texte en séance publique, à compter du 6 septembre. A ce sujet, Eric Woerth a déclaré mercredi soir être ouvert sur le volet pénibilité. "On respecte l'équilibre général du texte", a dit le ministre à l'issue d'une nouvelle réunion de la commission. "Il y a des sujets sur lesquels on peut évoluer. Sur la pénibilité, on montrera que le gouvernement est ouvert." Eric Woerth a toutefois précisé que le gouvernement avait encore besoin de réfléchir pour "essayer d'améliorer" ses propositions.
 
En tous les cas, le premier amendement prévoit que le futur Comité de pilotage des régimes de retraites devra, pour prendre en compte l'effet de l'exposition des salariés à des facteurs de pénibilité au travail, s'appuyer sur les travaux de l'Observatoire des pénibilités du Conseil d'orientation des conditions de travail (COCT), créé en 2008. Selon un second amendement, un décret doit préciser que cet Observatoire "est chargé d'apprécier la nature des activités pénibles dans le secteur public et le secteur privé, et en particulier celles ayant une incidence sur l'espérance de vie".

La majorité a approuvé dans la foulée le passage progressif de 65 à 67 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein, quel que soit le nombre d'annuités de cotisations. Cette mesure braque la gauche, les villepinistes et François Bayrou (MoDem) : "On cible directement les femmes qui ont eu des carrières hachées. C'est entre 300 et 400 euros de retraite de base en moyenne pour ces personnes", s'insurge Mme Touraine. La commission a par ailleurs rejeté un amendement de Chantal Brunel (UMP), qui voulait maintenir à 65 ans la retraite à taux plein pour les mères d'au moins deux enfants. Amendement pourtant adopté la veille en commission des Finances. Le gouvernement a accepté, via un amendement, de rembourser intégralement les trimestres dont le rachat par les salariés est rendu inutile par le report de l'âge légal. En fin d'après-midi, la gauche a dénoncé "l'hystérie anti-fonctionnaires" des députés UMP, dont les amendements visant à durcir la réforme pour la fonction publique ont toutefois été repoussés.  Les débats ont ricoché sur le conflit des aiguilleurs du ciel : "Il faut tous les virer !", a lancé Yves Bur (UMP). Réponse de Pascal Terrasse (PS): "Quand on a un gouvernement sans pilote, on a besoin des aiguilleurs !".

Commenter cet article

  • yggdrazil88 : Je pense que je vais déjà m'inquiéter d'avoir du boulot pendant les 35 prochaines années avant de m'inquiéter de l'âge auquel je n'aurais plus besoin d'en avoir...

    Le 22/07/2010 à 12h33
  • kikigigi44 : Le but premier du recul de l'âge de départ à la retraite n'est pas de différer de quelques années le versement des pensions, mais, avec l'augmentation du taux de mortalité dû au vieillissement, il est surtout basé l'espoir de l'accroissement du nombre de personnes qui n'en profiterons pas.... en ligne de mire, les générations qui posent un gros problème, le papi boom.... C'est pour ce raisonnement économique technocratique imparable que l'on préfère garder les anciens au travail lorsqu'ils sont usés ou surtout si ils sont usés et les jeunes au chômage?.

    Le 22/07/2010 à 11h41
  • frozengod : Si vous voulez profiter de votre santé pour travailler : libre a vous, moi je prefere l'utiliser à passer de bon moments avec les personnes que j'aime...

    Le 22/07/2010 à 10h11
  • atlas2000 : Félicitation Lucien,vous êtes tout à fait dans la politique de notre cher président qui souhaite prendre exemple sur le système américain....sauf que celui-ci est en train de faire marche arrière avec Obama.... Donc pour vous c'est tout à fait normal que les futurs générations payent en plus un PER....avec toutes les charges retenues sur salaires...alors que vous,vous allez bénéficier de votre retraite sans avoir jamais touché avec pécule...... Belle mentalité,on sait de quel coté vous auriez été en temps de guerre!!!!

    Le 22/07/2010 à 07h12
  • lucien31 : Travailler davantage ne me gêne pas , mais après 60 ans me lever à 2 heures du matin deviendra de plus en plus dur, mais si je peux le faire cela sera signe de bonne santé, donc OK, le travail n'a jamais tué , on est plus au mines de charbon, ou la à 40 ans ils était a moitié silicosés travaillant depuis l'âge de 14 ans voire moins, nos anciens travaillaient jusqu'a plus de 67 ans et aux champs et était contents et souvent quand il s'arrêter certains mourraient.

    Le 22/07/2010 à 01h09
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