Ségolène Royal - Archives © TF1/LCIPour la première fois directement éclaboussé par le feuilleton Bettencourt, Nicolas Sarkozy a maintenu son soutien à Eric Woerth mais sans répondre, pour l'instant, à sa majorité et à l'opposition qui le pressent de réagir pour mettre un terme à une "crise politique". La parenthèse aura été de courte durée. Deux jours après la démission de deux secrétaires d'Etat "fusibles" mis en cause pour avoir abusé des deniers publics, la pression s'est de nouveau focalisée sur l'exécutif, avec de nouvelles accusations venues fragiliser encore un peu plus sa position. Immédiatement, l'Elysée et Eric Woerth ont formellement démenti.
Sarkozy dénonce les "calomnies", Fillon une "chasse à l'homme"
Mardi, le président a évoqué à mots couverts les accusations lancées contre son ministre du Travail dans l'affaire Bettencourt. De son côté, le Premier ministre a contre-attaqué depuis Strasbourg.
Publié le 06/07/2010
Pour le PS, Woerth n'est "plus légitime"
Mardi, le président a évoqué à mots couverts les accusations lancées contre son ministre du Travail dans l'affaire Bettencourt. De son côté, le Premier ministre a contre-attaqué depuis Strasbourg.
Publié le 06/07/2010
Près de 2/3 des Français jugent la classe politique corrompue
Selon ce sondage Viavoice, 75% des Français estiment que les mesures de réduction du train de vie de l'Etat sont insuffisantes et 60% jugent "choquant" le cumul de fonctions de ministre et de trésorier de l'UMP d'Eric Woerth.
Publié le 04/07/2010
Bouclier fiscal de Liliane Bettencourt : Woerth dément toute intervention
Le ministre du Travail dément être intervenu pour le remboursement de 30 millions d'euros dont a bénéficié Liliane Bettencourt en mars 2008 au titre du bouclier fiscal, comme l'a affirmé Mediapart jeudi.
Publié le 02/07/2010
Quid des règles de financement des partis politiques
L'affaire Bettencourt met sur le devant de la scène la question du financement des partis politiques. Depuis quelques années, les régles se sont durcies et le cadre législatif est devenu nettement plus contraignant. Explications.
Publié le 06/07/2010
Royal au 20h : le "système Sarkozy", "un pouvoir corrompu"
Invitée de TF1 mardi soir, Ségolène Royal a réclamé "transparence", "vérité" et "enquête impartiale" sur l'affaire Woerth, dénonçant "un pouvoir qui mélange la chose publique et la chose privée", "qui profite d'une totale impunité".
Publié le 29/06/2010
Mais ce nouveau chapelet d'accusations a fait bondir la gauche. Martine Aubry a demandé que la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie saisisse le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour que l'affaire Bettencourt soit "dépaysée dans un autre tribunal" que celui de Nanterre. "Cette affaire oppose le juge (Philippe) Courroye, lui même mis en cause dans les écoutes, à un juge d'instruction, Isabelle Prévost-Desprez", présidente de la 15e chambre à Nanterre, a-t-elle déclaré à l'issue de la réunion du groupe PS à l'Assemblée nationale.
L'ex-patron du PS François Hollande et le chef de file des députés socialistes Jean-Marc Ayrault ont dénoncé une "crise politique". L'ancienne Garde des Sceaux Elisabeth Guigou (PS) et Noël Mamère (Vert) ont même agité le spectre d'une "affaire d'Etat" .Lors d'une séance particulièrement tendue de questions à l'Assemblée nationale, François Baroin (Budget) a accusé en retour le PS de "faire le jeu de l'extrême droite", entraînant le départ de l'hémicycle de la quasi-totalité des députés PS dans une ambiance survoltée. Le député PS Jean-Christophe Cambadélis a estimé que Nicolas Sarkozy était "isolé, désigné, et semble choqué" suite à l'affaire Bettencourt, et l'a appelé à faire nommer un "juge d'instruction indépendant" et à "changer" de gouvernement.
Royal : "C'est un système corrompu"
De façon spectaculaire, avec ses mots, Ségolène Royal a affirmé qu'il faudrait sans doute "plusieurs" Kärcher pour "nettoyer ce qui se passe au niveau du système Sarkozy". Dans un entretien à Public Sénat qui sera diffusé mardi à 22H30, la présidente PS de Poitou-Charentes a affirmé : "C'est un système corrompu qui mélange l'argent public et l'argent privé, qui a perdu tout sens de l'intérêt général qui fait qu'on a au pouvoir des gens qui se servent au lieu de servir les Français. Tout ça est extrêmement grave. C'est grave pour la démocratie, c'est grave pour la République, c'est grave pour l'exemplarité aussi".
Face à cette offensive, le chef de l'Etat est resté fermement campé sur la ligne de défense érigée ces dernières semaines. A une semaine de la présentation en Conseil des ministres du projet de réforme des retraites, pas question de laisser tomber le soldat Eric Woerth qui, souligne-t-on à l'envi, n'a rien à se reprocher. A la faveur d'une visite en Seine-et-Marne, Nicolas Sarkozy n'a évoqué la polémique qu'à demi-mots, dénonçant la "calomnie qui n'a qu'un seul but, salir sans aucune espèce de réalité".
A l'issue du traditionnel petit-déjeuner de la majorité à l'Elysée, les ténors de l'UMP sont montés au créneau pour défendre la parole présidentielle .Depuis Strasbourg, le Premier ministre François Fillon a dénoncé la "chasse à l'homme" visant son ministre du Travail. Le patron des députés UMP Jean-François Copé a recommandé à Eric Woerth de "tenir à son poste". La gauche a pointé du doigt la position de plus en plus inconfortable d'un ministre qui, dixit le porte-parole du PS Benoît Hamon, "n'est plus capable, ni en situation ni légitime" pour défendre la réforme des retraites. Cette position s'est propagée dans les rangs de la droite, où de plus en plus voix mettent en doute, sous couvert de l'anonymat, la crédibilité de M. Woerth, quelle que soit la réalité des accusations portées contre lui. "Il est mort politiquement", s'est même désolé l'un d'eux. Aiguillonnés par un sondage Ifop pour La Lettre de l'opinion assurant deux tiers des Français y sont favorables, des barons de la majorité pressent le chef de l'Etat, selon des sources UMP, d'accélérer le remaniement ministériel profond et urgent qu'il a programmé pour l'automne. En attendant, J.F Copé et l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ont, publiquement cette fois, plaidé pour qu'il intervienne afin de calmer le jeu. Mais l'Elysée a fait savoir que, pour l'instant, "rien n'est prévu".
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Sarkozy dénonce les "calomnies", Fillon une "chasse à l'homme"
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