© AFPLa Convention sur la rénovation du PS, réunie samedi au Carrousel du Louvre, a permis au parti socialiste d'entériner à la quasi-unanimité sa rénovation avec primaires et non-cumul des mandats. Le PS clôt ainsi la deuxième phase de sa rénovation, après l'adoption de son projet sur le nouveau modèle de développement. Deux autres conventions sont prévues à l'automne concernant l'international et l'égalité réelle.
"Il est temps", la nouvelle chanson du PS
Le Parti socialiste a inauguré samedi lors de sa convention sur la rénovation son nouveau tube, chanson militante ou identité musicale, appelé "Il est temps", écrit et composé par un jeune auteur-compositeur belge, Jean-Jacques Nyssen.
Publié le 04/07/2010
Mais au-delà, Martine Aubry s'est servi de cette tribune pour décrire, de manière particulièrement offensive, la situation dans laquelle se trouve, selon elle, la France : "La République et notre démocratie sont abîmées" par "trois ans de sarkozysme". Et, aux grands maux, les grands remèdes, la première secrétaire du PS a promis que le PS "réparera la France" s'il gagne en 2012.
Portée par les récentes affaires qui embarrassent le gouvernement et qui sont pour l'opposition autant d'angles d'attaque, Martine Aubry s'est employée à appuyer là ou ça fait mal. "Nous sommes amenés à rénover -hélas- par l'évolution même du pouvoir qui abîme notre démocratie. Le pacte social est précarisé, le pacte républicain est fragilisé. C'est çà le bilan de la présidence de Nicolas Sarkozy !", a-t-elle lancé sous les applaudissements. "Nous ne nous préparons pas seulement à succéder à l'UMP, mais à réparer la France (...) Si la démocratie est abîmée par trois ans de sarkozysme, la République aussi est effondrée dans ses fondements", a-t-elle jugé, évoquant notamment l'école et l'hôpital.
"Entrelacs entre politique et argent"
La première secrétaire du PS a par ailleurs développé sa nouvelle conception du rôle à tenir pour son parti. "La rénovation (du PS) prend tout son sens face au régime que met en place le président de la République. Face au régime des excès et des confusions des rôles, nous travaillons à une rénovation démocratique qui dépasse très largement notre parti et s'adresse aux Français", a-t-elle déclaré. "L'UMP -je le dis et le regrette- abîme la démocratie et le PS se propose de la reconstruire", a assuré Mme Aubry. "Il suffirait de faire le récit des dernières semaines dans notre vie publique", a-t-elle ajouté, évoquant "les ministres qui ont oublié les exigences et les devoirs d'exemplarité qui vont avec leur charge. Où est passé le sens de l'intérêt public ?", s'est-elle interrogée.
Sans surprise, Martine Aubry a évoqué l'affaire Bettencourt et son corollaire politique, mais aussi sur les différentes affaires qui ont entaché le mandat de Nicolas Sarkozy, revenant même aux origines de celui-ci.. "Abîmée, notre démocratie l'est aussi quand on a l'impression au sommet de l'Etat -on est loin de L'Esprit des lois- qu'il y a un rapprochement permanent entre le monde politique et le monde de l'argent", a-t-elle lancé, évoquant la soirée du Fouquet's, "l'affaire Bettencourt-Woerth" et celle de l'EPAD avec le fils Jean Sarkozy. "C'est à chaque fois un entrelacs fâcheux entre le pouvoir politique et les intérêts de l'argent", a-t-elle estimé.
Bouclier fiscal de Liliane Bettencourt
Point d'orgue du discours, Martine Aubry a pris pour cible la politique fiscale du gouvernement, s'en prenant notamment au bouclier fiscal. "Où est l'égalité dans cette politique fiscale inique où la redistribution se fait à l'envers ? On prend de l'argent aux catégories basses et moyennes pour le donner aux plus riches", a lancé Mme Aubry, s'attaquant au symbole de "l'inefficacité et l'injustice absolue". "Ceux qui, encore une fois, n'avaient pas compris l'absurdité du bouclier fiscal, ont pu voir là, aux travaux pratiques, malheureusement ce que ca pouvait donner", a-t-elle ironisé, évoquant le "symbole des symboles", le chèque de 30 millions d'euros qui aurait été versé à Liliane Bettencourt au titre de ce bouclier fiscal.
Face à l'assaut de Martine Aubry, Nadine Morano a été la première de la majorité à répliquer, estimant que "son anti-sarkozysme aigu et ses violentes attaques infondées envers le Président de la République ne feront jamais un programme politique". "Le parti socialiste ? C'est trois ans à essayer de se rénover, trois ans à tenter de calmer les bagarres internes, trois ans à oublier la France", ajoute dans un communiqué la conseillère politique de l'UMP et secrétaire d'Etat à la Famille.
| Affaire Woerth: Hamon appelle Sarkozy à "faire le ménage" |
Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a qualifié samedi de "nauséabonde" la situation créée par l'affaire Woerth-Bettencourt et a appelé Nicolas Sarkozy à en "tirer les conséquences" et à "faire le ménage". "Nous, on n'a aucun plaisir à voir cette situation nauséabonde dans laquelle nous sommes aujourd'hui", a affirmé M. Hamon à son arrivée à la Convention du PS sur la rénovation du parti qui se tient au Carrousel du Louvre à Paris. "La responsabilité de ce triste spectacle tient à ses acteurs" et "les acteurs de cette triste pièce sont Nicolas Sarkozy, François Fillon, François Baroin, Eric Woerth et l'UMP tout entière qui se solidarise d'une situation qui est absolument intenable. Il n'y a pas un Français, même de droite, pour soutenir cela", a-t-il lancé. |
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