Fillon lâche le mot "rigueur"

Par TF1 News (D'après agence), le 16 juillet 2010 à 07h05 , mis à jour le 16 juillet 2010 à 15h52

"Rigueur" : le terme est soigneusement évité par le gouvernement, car jugé trop impopulaire auprès des Français. Mais François Fillon, en visite au Japon, a évoqué au détour d'une phrase la "rigueur" pratiquée en France.

François Fillon au Japon (16 juillet 2010)François Fillon au Japon (16 juillet 2010) © TF1/LCI

"Rigueur" or not "rigueur" ? Le terme avait opposé de manière virulente le gouvernement et l'opposition en mai dernier, lors de l'annonce d'un gel pour trois ans des dépenses de l'Etat, d'une baisse de 10% des dépenses de fonctionnement et de cinq milliards d'euros d'économies sur les niches fiscales. L'opposition avait dénoncé alors un "plan de rigueur déguisé". A quoi François Fillon avait rétorqué : "Un plan de rigueur n'existe pas et n'existera pas à condition de mener notre politique". Il faut dire que le mot de "rigueur" évoque des souvenirs douloureux pour les Français, depuis la politique de rigueur mise en place à partir d'octobre 1983 par Laurent Fabius, alors ministre de l'Industrie et de la Recherche.

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Aussi, jusqu'à présent, l'exécutif se refusait totalement à l'emploi de ce mot de "rigueur", jugé trop impopulaire auprès des Français. Le 25 juin dernier, le Premier ministre affirmait encore: "Il y a des pays qui baissent les rémunérations des fonctionnaires, il y a des pays qui licencient des fonctionnaires, il y a des pays qui réduisent de façon drastique, il y a des pays qui augmentent de plusieurs points la TVA. Si on était amené un jour à mener une politique comme celle-là, oui je dirai que c'est une politique de rigueur". Et Nicolas Sarkozy a lui-même encore écarté ce terme lundi soir lors de son intervention télévisée sur France 2.

"Rigueur" et "ri-lance"

François Fillon a pourtant évoqué vendredi, lors d'une conférence à Tokyo, la "rigueur" mise en oeuvre par la France. Vantant devant un parterre d'hommes d'affaires japonais les mesures d'austérité lancée par Paris, le Premier ministre a déclaré : "Nous sommes très attentifs à ne pas prendre des mesures qui viendraient stopper la croissance, qui viendraient même handicaper l'effort de recherche et d'innovation. C'est la raison pour laquelle dans tous les budgets de l'Etat, le seul qui n'est pas soumis à la rigueur, c'est le budget de l'Enseignement supérieur et de la recherche".

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, qui accompagne François Fillon à Tokyo, s'était aussi attiré les foudres d'une partie de son camp pour avoir récemment affirmé que la politique française de sortie de crise était un mélange de "rigueur" et de "relance", qu'elle avait résumé par le néologisme "ri-lance". Mais cette fois, le Premier ministre a eu des soutiens revendiqués. Celui de Gérard Longuet, par exemple, qui lui a donné raison d'avoir utilisé le terme "rigueur" lors de sa visite au Japon, estimant que c'était "un mot qui rassure les marchés". Le Premier ministre "est très constant dans son analyse des finances publiques depuis longtemps, et les mots qu'il emploie sont les mots qu'attendent les financiers internationaux qui prêtent de l'argent, y compris à la France", a insisté le chef de file des sénateurs UMP. Et interrogé sur le refus de Nicolas Sarkozy, lors de son intervention télévisée sur France 2, d'employer le terme "rigueur" pour caractériser sa politique de réduction des déficits publics, Gérard Longuet a répondu : "ils n'ont qu'à en parler ensemble".

Attaques contre "la presse anglo-saxonne"

Mais pourquoi ce commentaire sur la "rigueur" française ? Il s'inscrivait en fait dans le cadre d'un plaidoyer en faveur de l'euro destiné à des financiers japonais inquiets de l'affaiblissement de la monnaie unique. Réfutant que la crise que traverse la zone soit "inhérente à la monnaie unique" ( "c'est une crise de la dette souveraine classique, liée à une mauvaise gestion des finances publiques et consécutive à une crise financière dont l'histoire a déjà donné de nombreux exemples", a-t-il analysé), il a défendu les plans d'austérité lancés par plusieurs pays européens... dont la France.

François Fillon a également assuré n'avoir "pas d'inquiétude sur le cours de l'euro à court et moyen terme", ajoutant que son niveau actuel correspondait "au fond assez bien à la réalité économique" de la zone. "On vous dit que l'Europe était divisée, que les Allemands ne voulaient pas payer pour les Grecs, que la France et l'Allemagne peinaient à se mettre d'accord", a détaillé le Premier ministre. Rejetant chacune de ces assertions, il a au passage attaqué "la presse anglo-saxonne" qui selon lui se livre à un tir de barrage contre la zone euro, invitant les Japonais à lui préférer "les journaux allemands et français pour avoir une vision plus équilibrée de ce qu'est la réussite de l'Union européenne".

Par TF1 News (D'après agence) le 16 juillet 2010 à 07:05
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44 Commentaires

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  • precision1, le 21/07/2010 à 17h26

    MR FILLON sait-il vraiment ce que RIGUEUR veut dire pour le citoyen de base ? Nous n'avons pas tous des motards pour nous ouvrir la route. Pas d'avion de fonction. Pas de frais de fonctionnement. Pas de secretaire,pas de personnel. etc...etc...etc...

  • humanoide56, le 18/07/2010 à 00h00

    C'est bien de le reconnaître,

  • nicolas4283, le 17/07/2010 à 21h07

    Ce qui me dérange le +, c'est sur le site du gouvernement, l'article parlant de ce discours où il est écrit en gros : "Le XIXe siècle devra compter avec l'Europe" On est juste au XXIe siècle, les rédacteurs du site du gouvernement devront réviser leur cours de chiffres romains !

  • titou9510, le 17/07/2010 à 19h00

    Parce que vous croyez que si la Gauche gagne en 2012 ,tout sera rose??? Ca me rappelle exactement ce qui s'est passé avant l'élection de Mitterrand en 1981 , les Français en avaient marre de la Droite et pensaient qu'avec la Gauche ,le changement serait radical.On a vu ce que çà a donné.

  • gillou955, le 17/07/2010 à 18h50

    Arrêtez de nous la jouer en pleureuses appauvries, et de vous regarder sans cesse le nombril. Je suis sorti pour une fois le samedi après midi et pris la N 14 ou les magasins en tous genres pullulent et à ma très grande surprise c'était des files interminables de voiture, plus des parkings archi pleins, et je ne parle pas du monde dans les magasins qui n'était pas la pour flâner ou prendre l'air. En quand je vois le nombre d'Ipad et Iphone 4 vendus, je me pose de sérieuse questions sur la rigueur dans laquelle vous gérer votre budget. Alors arrêtez de geindre et de demander tout à l'état.

  • nvidia31, le 17/07/2010 à 16h53

    Zaza31 A bon, parce que jusqu'à maintenant c'était l'opulence? Il m'avait sembler que la tonte des moutons avait depuis longtemps commencé...

  • tonmoulin52, le 17/07/2010 à 14h38

    Sans compter les 13 millions de français qui n'osent plus se soigner. Merci Mr Sarkosy.

  • meurz, le 17/07/2010 à 11h42

    Le mot est laché et apeès qu'est ce que ça change

  • franky37, le 17/07/2010 à 07h07

    Il est vrai que ce mot n'a rien de choquant. C'est la seule façon que l'opposition a trouvée pour contrer M. Fillon qui tente tant mal que bien de sortir son pays de la m... dans laquelle il se trouve. Quel autre mot à opposer à "gabegie" ou "gaspillage" ?

  • blitz39, le 17/07/2010 à 06h35

    Alainze, les enfants meurent de faim en France, ouvrez les yeux ils sont tous obéses !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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