Réforme des collectivités: carton jaune pour le gouvernement

Par TF1 News (avec agence), le 08 juillet 2010 à 08h08 , mis à jour le 08 juillet 2010 à 08h12

Le Sénat a certes adopté, par une courte majorité de six voix, la réforme des collectivités voulue par le gouvernement. Mais le projet de loi se retrouve vidé de l'essentiel de son contenu.

De justesse, par 166 voix contre 160, le Sénat a adopté en deuxième lecture, dans la nuit de mercredi à jeudi, le projet de loi de réforme des collectivités territoriales. Mais un projet laminé, vidé de sa substance, ses deux mesures phares ayant été rejetées : la nouvelle répartition des compétences des collectivités, et le mode d'élection du futur conseiller territorial, qui doit remplacer en 2014 les conseillers généraux et les conseillers régionaux. Ce qui met le gouvernement dans une situation difficile.

Ainsi, la clause de compétence générale, qui permet à une collectivité de s'occuper de domaines pas forcément de son ressort, comme par exemple le logement, et que le gouvernement avait prévu de supprimer pour les départements et régions, a été rétablie. Un amendement centriste renvoyant à une autre loi, dans un an, le travail de clarification des compétences a été adopté par pas moins de 335 sénateurs contre 5, UMP comprise. L'autre mesure phare, l'élection du conseiller territorial au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, a été supprimée. Là encore, le gouvernement a été sévèrement battu. Ce sont les centristes - Nouveau Centre, MoDem ou Alliance centriste, tous unis dans le groupe Union Centriste (UC) - qui ont mené la danse, exigeant sans relâche une dose de proportionnelle que le gouvernement n'a pas voulu leur accorder. En effet, sans l'UC, l'UMP n'a pas la majorité absolue au Sénat. Et le centriste Hervé Maurey n'a pas manqué de souligner sur Public Sénat : "Les centristes ne sont pas des personnes qui systématiquement se couchent et servent de paillasson au gouvernement et au groupe UMP".

Le Sénat se rebiffe

L'ambitieux projet de Nicolas Sarkozy de simplifier le "mille-feuilles" territorial et de clarifier les compétences entre départements, régions et communes se sera progressivement émoussé au long des lectures dans les deux chambres du Parlement. Les élus et particulièrement les sénateurs, représentants des collectivités, se sont attachés à préserver leurs intérêts et prérogatives, alors que les prochaines élections cantonales et sénatoriales de 2011 approchent. Le vote de ce projet a été finalement acquis aux forceps par le gouvernement après un marathon législatif de 10 jours émaillé par des incidents de séance. La gauche - PS, CRC-SPG (Communistes et parti de gauche) et RDSE (à majorité radicaux de gauche) - a voté contre. La majorité a voté pour mais a aussi enregistré une déperdition notable de voix. Tout cela, pour un texte finalement amputé...

Les deux mesures phares rejetées par le Sénat avaient été introduites lors du passage du texte à l'Assemblée nationale, alors que le gouvernement avait au départ prévu qu'elles feraient l'objet de lois distinctes. Le Sénat, qui n'avait pu en discuter en première lecture, n'a pas apprécié d'être dépossédé de ses prérogatives constitutionnelles de représentants des collectivités et l'a fait savoir. Le Sénat a en outre supprimé un article qualifié de "cavalier législatif" par l'opposition et les centristes, élevant le seuil de passage au 2e tour pour les élections cantonales de 10% à 12,5%.

Il faut dire que jusqu'au sein de l'UMP, nombreux sont les sénateurs mécontents du texte, comme l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, Alain Vasselle ou l'ancien président du Sénat Christian Poncelet. L'opposition PS, Verts et CRC-SPG (communistes et parti de gauche) a bataillé ferme contre ce projet qui "sonne le glas de la décentralisation et de l'autonomie des collectivités", en défendant plusieurs centaines d'amendements. Pour le chef de file des sénateurs socialistes Jean-Pierre Bel, "le Sénat a définitivement enterré" le projet de loi en "rejetant le coeur de ce texte incohérent et décousu". La balle est désormais dans le camp des députés qui réexamineront le texte en deuxième lecture à la rentrée.

Par TF1 News (avec agence) le 08 juillet 2010 à 08:08
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9 Commentaires

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  • croix70, le 11/07/2010 à 22h58

    Il serait peut être bon d'en supprimer un des 2, on gagnerait en temps et en parlotte..........

  • sagem2007, le 08/07/2010 à 19h35

    C'est faux, sans l'accord du Sénat une loi ne peut pas être mise en place. Lorsque cette loi sera repassé à l'Assemblée nationale elle retournera encore au Sénat

  • michrog, le 08/07/2010 à 14h20

    Pas grave du tout, le Sénat n'émet q'un avis "consultatif", le dernier mot reste "heureusement" à l'assemblée nationale

  • historix, le 08/07/2010 à 11h05

    Et qui élit les sénateurs ????? les élus locaux qui ne veulent pas perdre leur rente à vie d'hommes politiques, nantis des deux bords unissez-vous ! il faudra pourtant s'interroger sur l'utilité de tant de mandats locaux et du sénat et faire quelques économies au passage comme le souhaite l'UMP,et limiter les cumuls comme le demande le PS

  • michalowice, le 08/07/2010 à 10h29

    D'accord avec vous, tout est dit !!!

  • nicapae, le 08/07/2010 à 09h55

    Encore une reformette mal ficelée battue en breche , si on fait les comptes quelle reforme de fond a conduit cette mandature depuis 2007 ? ce pays est il seulement reformable ?

  • tropdimpots, le 08/07/2010 à 09h32

    " Les élus et particulièrement les sénateurs, représentants des collectivités, se sont attachés à préserver leurs intérêts et prérogatives, alors que les prochaines élections cantonales et sénatoriales de 2011 approchent " tout est dit, peu importe ce que cela coûte aux français tant que certains puissent garder leur place.

  • dom145, le 08/07/2010 à 09h30

    Quel candidat courageux pour la prochaine présidentielle va proposer de supprimer le sénat qui coûte très cher aux contribuables !!!

  • auero, le 08/07/2010 à 09h27

    Quand on voit hier Mr Morin Ministe de le Defense sur BFMTV dire avec un petit sourire qu'il touche l'indemnité de Conseiller General et qu'il ne va pratiquement jamais aux reunions dans son departement cela ne devrait pas exister c'est plus de 2000 euros par mois!!! beaucoup de personnes aimerait avoir cette somme!!! et combien il y en a qui touchent cette indemnité dans les regions et departements et qui ne s'y rendent jamais

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