François Fillon en Nouvelle-Calédonie (19 juillet 2010) © TF1/LCIFrançois Fillon avait surpris vendredi en utilisant un terme jusqu'ici totalement banni par l'exécutif, lors d'une conférence à Tokyo destinée à convaincre les investisseurs nippons de ne pas se détourner de l'euro : "Nous sommes très attentifs à ne pas prendre des mesures qui viendraient stopper la croissance, qui viendraient même handicaper l'effort de recherche et d'innovation. C'est la raison pour laquelle dans tous les budgets de l'Etat, le seul qui n'est pas soumis à la rigueur c'est le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche", avait-il déclaré à la tribune.
Les ministres cumulards renoncent à leur retraite
Jean-Marie Bockel (justice), Patrick Devedjian (Plan de relance), Henri de Raincourt (Relations avec le Parlement) et Michel Mercier (Collectivités locales) ont emboîté le pas à Roselyne Bachelot et Michèle Alliot-Marie jeudi.
Publié le 17/06/2010
Pour les Français, la rigueur est bien là
François Fillon a beau s'en défendre, pour 64% des Français, la politique actuelle est "une politique de rigueur", alors que les cures d'austérité se multiplient en Europe. Mais les ministres sont-ils prêts à faire un effort financier ?
Publié le 15/05/2010
Rigueur or not rigueur ?
L'opposition dénonce de manière virulente un plan de rigueur déguisé après le gel des dépenses annoncé par François Fillon. "On est loin d'un plan de rigueur", réplique ce dernier.
Publié le 07/05/2010
Plan Fillon, l'austérité de rigueur
Au lendemain de l'annonce par François Fillon du gel des dépenses publiques, les éditorialistes sont nombreux à ironiser sur un plan de rigueur déguisé.
Publié le 07/05/2010
Le PS dénonce "le plan de rigueur" de Fillon
Les dépenses de l'Etat seront "gelées" pendant les trois années à venir, a annoncé jeudi François Fillon à l'issue d'un séminaire gouvernemental consacré à la lutte contre le déficit public qu'il entend toujours ramener à moins de 3% en 2013.
Publié le 06/05/2010
Il y a une semaine, pourtant, Nicolas Sarkozy avait récusé ce mot de rigueur - comme l'avait fait avant lui à plusieurs reprises François Fillon - lui préférant celui de "rigoureux", jugé moins impopulaire auprès des Français. Quant à Christine Lagarde, première à tenter de glisser la "rigueur" dans le vocabulaire gouvernemental, elle s'était attirée l'ire d'une partie de son camp et les sarcasmes des socialistes en inventant le néologisme "ri-lance", censé refléter un "subtil dosage" entre rigueur et relance.
"Je n'ai pas peur d'utiliser ce mot"
Mais désormais, un cap a été franchi, et la conférence de Tokyo marque désormais un changement d'attitude du premier ministre. Car les réactions dans son camp n'ont pas toutes été mauvaises. Le chef de file des sénateurs UMP Gérard Longuet lui avait donné raison vendredi d'avoir utilisé le terme "rigueur", estimant que c'était "un mot qui rassure les marchés". Le PS avait lui salué "la fin de l'illusionnisme collectif et du double langage". Voici donc venu le temps d'assumer. Si le mot de "rigueur" prononcé au Japon, en français, ce qui ôtait tout risque d'ambigüité et toute possibilité d'accuser des traducteurs, pouvait ressembler à un lapsus, le Premier ministre le répète désormais à l'envi. Ce lundi à Nouméa, il a assuré qu'il ne "regrettait pas" d'avoir parlé de "rigueur" en France, tout en se livrant à une subtile exégèse.
"Oui, nous menons une politique de rigueur s'agissant de la dépense, je n'ai pas peur d'utiliser ce mot", a déclaré le Premier ministre lors d'une conférence de presse au dernier jour de sa visite en Nouvelle-Calédonie. "Je ne le regrette pas, je ne le retire pas et je le répéterai chaque fois que j'en aurai l'occasion", a-t-il poursuivi. Il a cependant nuancé : "Je ne qualifie pas de politique de rigueur l'ensemble de notre politique économique et financière. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de dire à plusieurs reprises que ce que nous faisons en ce moment c'est justement pour éviter d'être conduit à cette politique". Au final, "ce qui compte, ce sont les engagements que nous avons pris. Nous avons pris l'engagement de passer d'un déficit de 8% du PIB en 2010 à un déficit de 6% en 2011 et moins de 3% en 2013", a martelé François Fillon. "On peut mettre tous les mots qu'on veut derrière cette politique".
Quels que soient les mots utilisés, le gouvernement reste en tout cas tiraillé entre la nécessité de réduire sa dette et la crainte de mécontenter la population par des mesures impopulaires. Et il entend, dès 2011, économiser 40 milliards d'euros afin de réduire le déficit : 15 milliards d'euros viendront de la fin des mesures de relance, 11 milliards du rebond des recettes fiscales après la crise, et 14 milliards d'un "effort partagé de l'ensemble des acteurs de la dépense publique".
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