Sarkozy sur France 2 lundi pour tenter d'apaiser les esprits

le 11 juillet 2010 à 07h58 , mis à jour le 12 juillet 2010 à 18h34

Dossier : Affaire Bettencourt

A la veille de la présentation du projet de réforme des retraites en Conseil des ministres, et alors que sa majorité le presse de parler pour calmer les soubresauts de l'affaire Bettencourt, il interviendra pendant une heure à la télévision.

Nicolas sarkozy sur le perron de l'ElyséeNicolas sarkozy sur le perron de l'Elysée © TF1/LCI

Pendant une heure lundi soir, de 20h15 à 21h15, Nicolas Sarkozy s'exprimera sur France 2, à la veille de la présentation en Conseil des ministres du projet de loi sur la réforme des retraites et, surtout, en pleine tourmente politique causée par l'affaire Woerth/Bettencourt. Cette intervention télévisée, la première depuis une émission le 25 janvier où le président avait répondu sur TF1 à un échantillon de Français, aura lieu en direct de l'Elysée, depuis le perron côté jardin si le temps le permet. Dans l'entourage du chef de l'Etat, on insiste sur le fait que cette prise de parole est justifiée pour l'essentiel par la réforme des retraites : "Ce projet de loi est un des textes les plus importants du quinquennat, il nécessite des explications longues". Mais au-delà, Nicolas Sarkozy répondra à "toutes les questions d'actualité" qui lui seront posées par David Pujadas, pouvant englober "le G8, le G20, le budget et tout le reste"...
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Plus d'infos

Dans ce "reste", il y aura bien évidemment l'affaire Bettencourt. Ces derniers jours, plusieurs ténors de la majorité ont pressé Nicolas Sarkozy d'intervenir publiquement pour tenter d'enrayer la crise causée par les accusations de l'ex-comptable de la femme la plus riche de France. Lundi, il devrait réaffirmer son soutien à Eric Woerth, qui défend la réforme des retraites. Le ministre du Travail, dans la tourmente, est au coeur d'une tempête inédite sous la présidence Sarkozy, visé par des accusations de conflit d'intérêts en raison de la proximité de son couple avec la richissime famille Bettencourt. Il est désormais soupçonné de financement politique illégal depuis les accusations de leur ex-comptable, Claire Thibout, au site d'information Mediapart.

"Notre priorité politique, ce n'est pas le remaniement"

Alors que la majorité fait bloc derrière Eric Woerth et s'en prend avec virulence aux "manipulations" de la presse, voire aux "méthodes fascistes" de Mediapart, Nicolas Sarkozy lui-même a déjà dit tout le bien qu'il pense de lui. "Eric est l'honnêteté faite homme", déclare-t-il le 30 juin devant des députés UMP à l'Elysée. Pas question de le limoger car "ça voudra dire qu'il y a donc quelque chose" à lui reprocher. Le 6 juillet, les déclarations explosives de Claire Thibout sur le financement de la campagne présidentielle de 2007 font la une des médias. Nicolas Sarkozy, également mis en cause, dénonce la "calomnie" visant à "salir sans aucune espèce de réalité". Le lendemain, elle dément qu'il ait pu percevoir des enveloppes d'espèces. Première éclaircie pour le président. Aurélie Filippetti (PS) s'est cependant étonnée samedi de la divulgation dans la presse d'extraits de l'audition de l'ex-comptable dédouanant le chef de l'Etat et a demandé au gouvernement "une enquête".

Si l'intervention télévisée satisfait ceux qui plaidaient pour qu'il s'explique devant les Français, Nicolas Sarkozy ne devrait pas pour autant suivre les appels, à gauche mais aussi à droite, à un large remaniement ministériel, vite. "Notre priorité politique, ce n'est pas le remaniement", a assuré François Fillon mercredi. Selon l'Elysée, le président qui a fait part le 30 juin de son souhait d'un remaniement en octobre n'a pas changé de calendrier. Dimanche dernier les démissions de deux secrétaires d'Etat pour cause d'usage abusif des deniers publics avaient suscité des commentaires acides : "Un écran de fumée pour protéger Woerth !", avait lancé une source gouvernementale.

Un rapport très attendu

Sur le plan judiciaire, l'étau ne s'est pas desserré autour d'Eric Woerth. Le parquet de Nanterre a ouvert vendredi une troisième enquête préliminaire, dont le cadre pourrait, en toute logique, conduire à une demande d'audition du ministre. Elle vise le contenu d'enregistrements pirates suggérant notamment des opérations financières pour échapper au fisc menées par le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, patron de Clymène où travaillait l'épouse du ministre jusqu'à fin juin. Dans ces écoutes, Patrice de Maistre affirme également qu'il a embauché fin 2007 Florence Woerth à la demande du ministre, alors chargé du Budget et trésorier de l'UMP depuis 2002. Vendredi, les feuilles de salaire de Mme Woerth ont été saisies chez Clymène.

Face au soupçon, un rapport a été commandé par le gouvernement à l'Inspection générale des Finances, destiné à contrer ceux doutant de l'absence d'intervention d'Eric Woerth dans le dossier fiscal de Liliane Bettencourt. Sa publication est attendue lundi.

le 11 juillet 2010 à 07:58
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37 Commentaires

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  • tonmoulin52, le 12/07/2010 à 19h51

    Et c'est tout à fait normal puisqu'il ne fait jamais ce qu'il dit. Comparez son programme de 2007 à ses actions et vous comprendrez. C'est un menteur. Il n'est interessé que par l'argent, la gloire et le pouvoir. Et nous ce qui nous intéresse c'est son départ.

  • vladkr, le 12/07/2010 à 19h13

    Certains pays - et parmi eux des pays gouvernés par la gauche - ont mieux encaissé la crise que d'autres, comme quoi, ce n'est pas forcément une fatalité.

  • mdforez, le 12/07/2010 à 18h42

    Nicolas Sarkozy va s'exprimer sur France 2 lundi soir... et nous on s'expliquera avec lui en 2012.

  • froggyb, le 12/07/2010 à 17h08

    Il est triste qu'il doive passer autant de temps a justifier les rumeurs non fondées au lieu de travailler a nous sortir de ce déficit. Qu'on les laisse bosser!!!

  • dadeille, le 12/07/2010 à 16h43

    En attendant le recul social depuis l'élection de NS n'a jamais été aussi important et je crains que cela ne soit pas fini. Les pauvres sont de plus en plus pauvre, les riches de plus en plus riches, vous trouvez de l'équité vous, et bien pas moi. Cet hiver 30% de gens vont être sans chauffage, ahurissant!

  • vigouden, le 12/07/2010 à 16h38

    Non, pas moi!

  • dahinette, le 12/07/2010 à 15h58

    Si la gauche était passée en 2007, ce serait le même marasme aujourd'hui. La crise mondiale n'est pas due à un parti politique précis. Comme c'est la droite au pouvoir, on tape sur la droite, c'est logique mais pas très constructif. Si c'était la gauche, les très riches ne seraient certes pas autant "chouchoutés" que par la droite, mais les classes moyennes seraient encore et toujours les grandes perdantes (comme avec la droite je suis lucide). Il y en a qui se plaignent que certaines allocs baissent .... Tout ce que je vois c'est que faire des gosses continue toujours à rapporter de l'argent (quand on n'est pas de la classe moyenne), il suffit de regarder ce que touchent les familles d'au-moins 3 enfants. Les prestations ne baissent pas, bien au contraire. Et si la gauche gagne en 2012, elle les augmentera encore, ce qui fera que les classes moyennes vivant DE PLUS EN PLUS DIFFICILEMENT de leur travail et non pas des aides, s'en sortiront moins bien que toutes les autres classes sociales.

  • monacfrance, le 12/07/2010 à 14h54

    Ils le disent déjà alors qu'il n'a pas encore parlé ..... De Gaulle était un visionnaire en disant que les français étaient des veaux !

  • fonctionnaires, le 12/07/2010 à 14h31

    "Notre priorité politique, ce n'est pas le remaniement", gardons les memes biensur c'est la solution, ils travaillent bien ces gens. la dette public a diminuer, le chomage idem et sarko roule en vélib. NIKEL

  • cyprienne93, le 12/07/2010 à 14h14

    Il va nous rappeler que nous l'avons élu...

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