Laurent Wauquiez © AbacapressLe plus virulent à dénoncer les "officines de financement" de la vie politique est pour l'instant François Bayrou. Dimanche dernier déjà, réagissant aux derniers développements de l'affaire Bettencourt lors du "Grand rendez-vous" Europe1/Le Parisien, il avait lancé une charge virulente contre certaines associations, comme celle d'Eric Woerth dans l'Oise, dont il avait estimé qu'elles étaient "montées pour l'usage personnel" des élus qui "se font des mini partis, pas pour avoir un financement public, mais pour avoir un financement privé". En cette fin de semaine, il a dénoncé dans Le Parisien, à travers ces " prétendus partis", un "manquement grave à la loi et à son esprit". Mais le Parti socialiste aussi réagit, notamment à propos du dernier exemple en date de ces discrètes associations politiques : celle de Laurent Wauquiez.
Le PS veut faire interdire les micro-partis
L'existence, et surtout la multiplication de ces structures légales, ont été mises en lumière par l'affaire Bettencourt. Le gouvernement défend l'existence de ces micro-partis au nom du pluralisme.
Publié le 21/07/2010
Woerth quittera son poste de trésorier de l'UMP le 30 juillet
Comme l'y avait engagé le président Nicolas Sarkozy, le ministre du Travail a annoncé mardi à la presse, à l'issue du Conseil des ministres, qu'il allait quitter ses fonctions de trésorier fin juillet.
Publié le 13/07/2010
Pour le PS, Woerth n'est "plus légitime"
Mardi, le président a évoqué à mots couverts les accusations lancées contre son ministre du Travail dans l'affaire Bettencourt. De son côté, le Premier ministre a contre-attaqué depuis Strasbourg.
Publié le 06/07/2010
Bouclier fiscal de Liliane Bettencourt : Woerth dément toute intervention
Le ministre du Travail dément être intervenu pour le remboursement de 30 millions d'euros dont a bénéficié Liliane Bettencourt en mars 2008 au titre du bouclier fiscal, comme l'a affirmé Mediapart jeudi.
Publié le 02/07/2010
Mis en lumière à la faveur de l'affaire Woerth, la pratique controversée du financement politique via les micro-partis est revenue sur la sellette à la faveur d'une collecte de fonds récemment menée à Londres par le secrétaire d'Etat à l'Emploi. Successivement, Le Point la semaine dernière et Libération vendredi ont révélé que Laurent Wauquiez avait profité d'un déplacement officiel le 28 juin dans la capitale britannique pour y rencontrer, hors agenda gouvernemental, des banquiers et des gérants de fonds spéculatifs (hedge funds). Selon l'hebdomadaire et le quotidien, il a rencontré ces financiers lors d'un dîner-débat dans un club de Mayfair, un quartier très huppé de Londres, au cours duquel il a sollicité des dons pour sa formation politique Nouvel Oxygène, créée en 2008 dans la ville de Puy-en-Velay dont il a été élu maire en mars 2008.
"Profondément choquant"
Laurent Wauquiez a reconnu dans Libération avoir collecté des fonds pour son mouvement lors de son séjour londonien. "Franchement ce n'était pas des grosses sommes", a-t-il dit sans préciser le montant des dons "parce que les donateurs ne souhaitent pas que ce soit public". Le secrétaire d'Etat à l'Emploi a également démenti tout mélange des genres entre son activité ministérielle et son activité partisane. "Il n'y a pas de sujet, les gérants de fonds n'ont rien à voir avec ce dont je m'occupe dans mon ministère", a-t-il répondu, "il n'y a aucune interférence". Et pour prouver qu'il avait érigé un mur étanche entre les deux versants de sa tournée britannique, Laurent Wauquiez a assuré avoir lui-même financé sa partie privée. "La première partie de la visite étant officielle, le billet aller a été financé sur fonds publics, a-t-il dit, mais j'ai payé ma nuit d'hôtel moi-même ainsi que le billet de retour".
Mais ces explications n'ont pas satisfait le trésorier du Parti socialiste, qui a jugé la collecte du ministre "proprement hallucinante". "Qu'un secrétaire d'Etat à l'Emploi puisse se permettre à la fin d'un dîner de faire un appel aux dons et donc utiliser quelque part un voyage officiel dans un but de promotion politique de sa propre carrière, c'est profondément choquant", a déclaré Régis Juanico.
Alors que le ministre du Travail, Eric Woerth, a été contraint d'abandonner sa casquette de trésorier de l'UMP pour faire taire les accusations de conflits d'intérêts, le grand argentier du PS a vu dans cet épisode une nouvelle preuve de la nécessité de "faire la lumière" sur les activités des micro-partis. Le feuilleton de l'affaire Bettencourt, et le don légal versé par l'héritière du groupe L'Oréal à l'Association de soutien à l'action d'Eric Woerth (ASAEW), a révélé au grand jour la multiplication de ces petites structures, à gauche comme à droite, qui récoltent chaque année des dizaines de milliers d'euros. Trois députés Verts les soupçonnent de permettre un "contournement" du plafonnement des dons aux partis à 7500 euros par an et par personne et ont demandé qu'une commission d'enquête parlementaire se penche sur la question. Et le PS a à nouveau demandé qu'interdiction soit faite aux parlementaires ou ministres déjà membres d'un parti de créer une de ces structures.
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