Twitter fait cracker le huis clos du débat sur les retraites

le 20 juillet 2010 à 19h58 , mis à jour le 20 juillet 2010 à 20h51

Dossier : Quel avenir pour les retraites ?

Le président de la commission des Affaires sociales Pierre Méhaignerie voulait un débat sans la presse pour éviter la théâtralité. Sa décision a provoqué l'inverse...

twitterPage Twitter du député Gaetan Gorce © TF1 news

La majorité et le Parti socialiste avaient assuré mardi vouloir préserver le huis clos des débats sur la réforme des retraites à l'Assemblée, mais ce vœu pieux n'a pas résisté à la résistance de certains députés. L'irruption de Twitter, réseau social fonctionnant par mini-messages, a permis ces derniers mois à des élus de raconter minute par minute des réunions censées se tenir dans la discrétion, comme lors de la venue de François Fillon devant le groupe UMP après la défaite des régionales de mars ou l'audition de Raymond Domenech après la déroute des Bleus au Mondial. En juin, alors qu'il recevait les députés de la majorité à l'Elysée, Nicolas Sarkozy avait ironisé sur le fait que tous ses propos, notamment sur le remaniement ministériel à venir, se retrouveraient immédiatement sur le réseau.

Plus d'infos

 
Le président de la commission des Affaires sociales, Pierre Méhaignerie, avait décrété le huis clos sur la réforme des retraites afin de préserver le sérieux des débats. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, c'est en commission que les textes sont débattus et amendés avant d'être examinés en séance publique. L'Assemblée doit entamer l'examen de la réforme des retraites le 7 septembre. Lundi, l'UMP Lionel Tardy, qui ne siège pas à la commission des Affaires sociales, a lancé les hostilités par un message réclamant de "bannir le huis clos en commission", un procédé qu'il juge "antidémocratique" comme il l'a dit à TF1 News.

"Woerth a répondu : c'est normal"
   
Ce sont finalement les députés socialistes - Sandrine Mazetier et Gaëtan Gorce en tête - qui ont été le plus actifs sur Twitter, racontant par le menu les débats entre le ministre du Travail, Eric Woerth, et l'opposition. Le groupe socialiste à l'Assemblée avait pourtant décidé de ne pas violer le huis clos en "twittant" pendant les réunions, selon Marisol Touraine, chargée des retraites au sein du PS. Mais même le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, s'est affranchi de la règle collective, envoyant une série de messages en 140 caractères depuis la mi-journée.
 
Sur la forme, le groupe PS s'est indigné que le gouvernement refuse la publicité des débats en commission tout en achetant des encarts publicitaires dans les journaux pour défendre une réforme qui n'est pour l'instant qu'à l'étape du projet. "Woerth a répondu : c'est normal", regrette Jean-Marc Ayrault, qui décrit une "ambiance électrique" et le "rejet de tous les amendements PS".  Le député socialiste Christian Paul a dénoncé "la comédie ridicule du huis clos évoquant les SMS, tweets et appels qui émanent de la salle de la commission", a rapporté Gaëtan Gorce, qui précise sortir de la salle de la commission "par correction" et pour "protester contre la censure".

"Ambiance extrêmement tendue. Pas besoin de la presse pour nuire à la sérénité des débats", ajoute le député de la Nièvre. Les débats en commission des Affaires sociales doivent durer jusqu'à vendredi et trois points de presse sont prévus chaque jour par la majorité et l'opposition. "Ce que Pierre Méhaignerie a souhaité, c'est qu'il n'y ait pas d'effets de manche, de théâtralité", expliquait mardi matin sur France Inter le président du groupe UMP à l'Assemblée, Jean-François Copé. Mardi, la théâtralité fut largement de mise... 

le 20 juillet 2010 à 19:58
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Politique
  

17 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • baal_, le 22/07/2010 à 12h43

    Tous les débats devraient être publics, pourquoi pas. L'idée c'est que le contribuable doit pouvoir suivre le débat et juger de l'action des politiques. Le problème c'est que le contribuable, il y comprendre rien du tout et ne cherche pas à comprendre. Déjà les gens sont perdu dans un truc aussi simple que la différence entre une discussion et un vote de loi. Alors une discussion technique à grand coup de "point", de "pourcent", "d'assiette" ... Deuxièmement ce même contribuable se permet de juger de l'action politique, alors même qu'il n'y comprend rien. C'est ce qu'on attend d'un Citoyen qui participe à la vie publique, juger sans savoir ? Alors au final, à quoi ça sert ? A flatter les gens ? Vous croyez que c'est en vous flattant que dans 20 ans vous aurez une retraite ? Vous croyez que vous allez y comprendre quelque chose si on vous sort 86 pages de calcul, de règles et de possibilités (si tant est qu'on leur laisse le temps et le minimum de tranquillité nécessaire pour le faire) ? Vous croyez que c'est en vous colportant comme des lycéens qui vont brailler sans savoir de quoi il est question qu'on avance ? Soyez un peu sérieux. Le huis clos c'est le seul moyen aujourd'hui pour qu'ils avancent dans le dossier. La preuve, suffit que ça filtre pour qu'on ne parle plus que de ça et qu'on demande des comptes aux uns et aux autres. Laissez les bosser, préparer un truc, et à ce moment là seulement, quand ce sera public (forcément, avant l'examen à l'assemblée), on dira si c'est bon ou pas.

  • stentor80, le 22/07/2010 à 10h01

    Pourquoi des réunions à huis clos ?? Les députés ont des choses à cacher ??? Toutes les déclarations devraient être publiques , ainsi on pourrait se rendre réellement compte de leurs idées ; ils ne pourraient pas ensuite nous '' raconter des histoires '' à la sauce '' machin chose '' ............

  • nanardmedoc, le 21/07/2010 à 15h10

    Si vous ne comprenez pas la nécessité du huis clos c'est triste...pour vous

  • humanoide56, le 21/07/2010 à 12h43

    Un pas vers la transparence ? Hors sujets concernant la Défense et la Sécurité du Territoire, le reste doit être 100 % publique, c'est nos impôts et nos charges qui sont en jeu, les arrangement s entre gens de bonnes compagnies doivent faire pschit, oups §§§§

  • antirobert21, le 21/07/2010 à 11h29

    En effet, je les voudrais pas dans ma classe!

  • antirobert21, le 21/07/2010 à 11h28

    Ah le grand mot des générations futures! ne soyez pas naïf. ça ne suffira pas à "sauver" la France.

  • antirobert21, le 21/07/2010 à 11h26

    "triste", c'est le mot. Je vous rejoins, ainsi que pas mal de gens que je rencontre.

  • claudcouledouce, le 21/07/2010 à 11h20

    J'ai bien peur que vous vous trompiez. Vous généralisez votre point de vue à tous les français qui ne sont pas tous aussi mûrs que vous.

  • violette1951, le 21/07/2010 à 10h33

    Un débat à huis-clos alors que ces discussions concernent le triste avenir de millions de français ??? mais pour qui donc se prennent-ils ??? j'exprime une fois de plus mon plus profond écoeurement.

  • mimi160252, le 21/07/2010 à 10h28

    Ils n'ont qu'à faire installer des brouilleur avec notre argent dépensé dans la pub dans les journaux pour nous dire que la réforme est bien.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience