Jean-Pierre Raffarin, le 10 novembre 2007 à Nantes © TF1-LCIAprès la torpeur estivale, les langues se délient à droite sur le virage décidé en juillet par Nicolas Sarkozy dans la lutte contre l'insécurité. Avec des critiques de plus en plus directes. Déjà, au cœur du mois d'août, l'ancien Premier ministre Alain Juppé avait exprimé sur son blog sa différence sur les mesures prises, notamment l'expulsion des Roms. Des maires UMP avaient également désapprouvé la proposition de Christian Estrosi de sanctionner les élus qui n'en feraient pas assez pour lutter contre la délinquance. Et lundi soir, l'ex-ministre Christine Boutin avait affirmé que l'affaire des Roms et la déclaration de Benoît XVI relançaient la réflexion sur un possible divorce entre sa formation, le Parti Chrétien-Démocrate (PCD), et l'UMP, auquel elle est alliée, parlant d'une "fêlure supplémentaire".
Sarkozy reprend des couleurs
Après avoir enregistré son plus mauvais score en trois ans au début de l'été, Nicolas Sarkozy voit sa cote de confiance progresser de 4 points, à 30%, dans le baromètre mensuel TNS Sofres Logica pour le Figaro magazine.
Publié le 02/09/2010
Sarkozy "inflexible" sur la déchéance de la nationalité
Après avoir rencontré des policiers agressés aux Tarterêts, le président a redit mardi sa "volonté inflexible" de vite mettre en oeuvre les mesures sécuritaires annoncées fin juillet, dont le durcissement des peines pour les délinquants qui s'en prennent aux forces de l'ordre.
Publié le 31/08/2010
Villepin : les ministres sont "mal à l'aise"
L'ancien Premier ministre a assuré mardi sur RTL que la plupart des ministres du gouvernement ne croyaient pas à l'efficacité de la politique sécuritaire du chef de l'Etat, notamment sur les Roms.
Publié le 24/08/2010
Sécurité : l'offensive médiatique du PS
Les interviews de trois leaders socialistes sont publiées ce dimanche dans des quotidiens nationaux. Tous fustigent la politique sécuritaire de l'Exécutif. Une politique qui s'en prend encore "aux plus faibles" et risque de remettre le FN au coeur du jeu, selon eux.
Publié le 21/08/2010
Les Roms, invités obligés du premier Conseil de la rentrée
Rattrapé par les critiques qui agitent la classe politique et son propre camp sur le renforcement des mesures d'expulsion contre les Roms, Nicolas Sarkozy réunit le premier Conseil des ministres d'après les vacances.
Publié le 25/08/2010
Roms : Fillon sort de son silence
Alors que le dossier fissure désormais la droite, François Fillon a réuni mardi après-midi à Matignon les ministres concernés pour faire le point sur les mesures d'évacuation des camps illégaux de Roms. Et s'est exprimé.
Publié le 24/08/2010
Le silence de Fillon commence à faire un peu de bruit
Le Premier ministre ne s'est pas exprimé pour soutenir l'offensive sécuritaire de Nicolas Sarkozy, un mutisme qui entraîne des spéculations.
Publié le 23/08/2010
Pour Villepin, l'expulsion des Roms "une tache de honte"
Pour l'ancien Premier ministre, cette politique constitue une "faute morale, (une) faute collective commise en notre nom à tous, contre la République et contre la France. Il y a aujourd'hui sur notre drapeau une tache de honte".
Publié le 23/08/2010
Mardi matin, sur RMC, la désapprobation est montée d'un cran avec la charge de Jean-Pierre Raffarin, le vice-président du parti présidentiel, contre "la dérive droitière qu'il convient de corriger". Et l'ancien Premier ministre d'en appeler directement, comme le socialiste Jean-Christophe Cambadélis l'avait fait lundi, à François Fillon. "J'attends du premier ministre, chef de la majorité, qu'il prenne la parole et réaffirme les valeurs d'équilibre d'une majorité qui doit aussi avancer avec son cerveau gauche. Que l'humanisme libéral, l'humanisme issu du Gaullisme puisse s'exprimer. Ce que nous avons entendu ce mois d'août, il y a une surenchère d'amendements", a-t-il affirmé.
Le coup de patte de Raffarin à Fillon
François Fillon se serait bien passé de ce coup de patte de son prédécesseur, étant visiblement pas très à l'aise avec la stratégie sécuritaire de Nicolas Sarkozy. D'autant plus que comme Rachida Dati dans Le Monde daté de mardi, Jean-Pierre Raffarin s'empresse bien de ne pas critiquer le président de la République. "Je pense que le président de la République est à la hauteur de sa fonction quand il mesure à son poste le niveau d'exaspération des Français" face à l'insécurité, a déclaré le sénateur UMP de la Vienne. Il a aussi jugé "excessifs" les propos de son successeur à Matignon, Dominique de Villepin, qui a estimé que la politique sécuritaire du chef de l'Etat créait "une tache de honte sur notre drapeau".
Mais, selon J.P Raffarin, "c'est l'UMP qui aujourd'hui sur ces sujets pose problème", le parti majoritaire étant entré dans "une dérive droitière qu'il convient de corriger". Il a dénoncé "des propositions absurdes" comme "celles qui consistent à mettre les parents (jugés défaillants, ndlr) en prison" ou à "sanctionner les maires" dont on considère qu'ils n'assurent pas la sécurité dans leur ville. "Je ne pense pas qu'il y ait une majorité au Sénat pour voter de tels amendements", a-t-il averti.
Cette première grosse critique d'un poids lourd de l'UMP contre l'offensive sécuritaire présidentielle ne pourra que réjouir Dominique de Villepin. En effet, mardi matin sur RTL, l'ancien Premier ministre affirmait qu'il "rencontrait un certain nombre de ministres qui sont malheureux et mal à l'aise avec la politique qui est menée, dans l'ombre malheureusement" car ils ne peuvent "pas le dire ouvertement", a-t-il affirmé. Selon lui, le Premier ministre François Fillon, "qui est un homme de qualité, ne peut pas être très à l'aise avec cette politique-là", de même que la garde des Sceaux (Michèle Alliot-Marie) que l'"on n'a pas beaucoup entendue" sur ce sujet. "Les électeurs de l'UMP vous pensez vraiment qu'ils se retrouvent dans la politique qui est menée. Vous pensez qu'Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, Jacques Chirac sont à l'aise avec cette politique, se retrouvent dans cette politique-là ?", a-t-il lancé. Pour Jean-Pierre Raffarin, il n'y a plus de mystère. Reste à voir comment les autres ténors de la majorité vont se positionner dans les prochains jours.
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