La politique sécuritaire de Sarkozy suscite l'inquiétude

le 08 août 2010 à 21h58 , mis à jour le 08 août 2010 à 22h45

Malgré la trêve estivale, les dernières propositions du gouvernement en matière de politique sécuritaire ont continué de faire des vagues dimanche, à gauche comme à droite.

Nicolas Sarkozy, le 30 juillet 2010. Nicolas Sarkozy, le 30 juillet 2010. © LCI

Malgré la trêve estivale, les dernières propositions du gouvernement en matière de politique sécuritaire ont continué de faire des vagues dimanche, à gauche comme à droite. Pour le porte-parole du parti socialiste, Benoît Hamon, l'insécurité "sera un des thèmes de la présidentielle, car c'est un des sujets d'échec de la droite". "Nous n'aurons aucune difficulté à démontrer l'inefficacité de son action et le pragmatisme de nos propositions",affirme-t-il dans un entretien paru sur lefigaro.fr. "Nous n'aurons pas peur d'affronter la droite sur ce terrain". "Avec Nicolas Sarkozy, à chaque fait divers correspondent un discours et une loi. Résultat : plus de lois, mais moins de policiers", accuse-t-il.

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Dans le Parisien/Aujourd'hui en France, Arnaud Montebourg juge dimanche les annonces du président "dangereuses et inefficaces parce qu'elles transforment les étrangers en boucs émissaires". "La question de l'insécurité n'est pas liée à une quelconque origine, mais au problème persistant de l'absence de police sur le terrain. Elle est utilisée comme la cavalerie américaine, qui arrive après la bataille", dit l'élu socialiste. En matière de politique sécuritaire, Nicolas Sarkozy est selon lui "à ranger au rayon des incapables". Arnaud Montebourg approuve par ailleurs les propos très vifs de Michel Rocard dans l'hebdomadaire Marianne daté du 7 août. La loi visant à condamner les parents de mineurs délinquants "passe de la responsabilité pénale individuelle à la responsabilité collective. On n'avait pas vu ça depuis Vichy. On n'avait pas vu ça depuis les nazis", déclare l'ancien Premier ministre socialiste. Pour Arnaud Montebourg, "les Français doivent se souvenir que le seul régime qui a déchu de la nationalité des milliers de personnes, c'était le régime de Vichy avec les juifs". "Il a fait de citoyens français des non-français. Cela reste une trace indélébile dans notre histoire", poursuit-il, invitantà "faire attention au respect de la Constitution". 

Crainte de perdre une partie de l'électorat à droite

A droite, le député UMP Marc Bernier dénonce dans le Journal du dimanche des propositions "inapplicables et choquantes". "Ce n'est pas le rôle du président de la République d'opposer des catégories de population les unes aux autres", estime-t-il. Le sénateur UMP Philippe Dallier se déclare "inquiet que l'UMP se focalise uniquement sur la sécurité". Pour ce proche de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, "la déchéance de la nationalité ne peut pas régler tous les problèmes".
Les propositions présidentielles "me mettent très mal à l'aise car elles heurtent ma sensibilité humaniste et centriste", dit un autre élu de la majorité, Yannick Favennec. "Je crains qu'on ne perde une partie de notre électorat, alors que nous ne sommes même pas sûrs de récupérer les électeurs courtisés par ces propositions, à savoir ceux du FN", estime-t-il.
 
Le 30 juillet à Grenoble, le chef de l'Etat avait demandé que cette mesure frappe "toute personne d'origine étrangère" ayant volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme ou de tout autre "dépositaire de l'autorité publique". Dans la foulée, Brice Hortefeux avait souhaité qu'elle soit étendue aux faits de polygamie ou d'excision. "Je ferai des propositions d'ici à la fin du mois au
président de la République pour la mise en oeuvre juridique de la mesure de déchéance de la nationalité contre les auteurs d'homicides de dépositaires de l'autorité publique, de polygamie et d'excision", a-t-il dit. Encouragé par des sondages favorables aux mesures envisagées, le ministre a ajouté qu'il ferait ses propositions "en liaison" avec ses collègues de la Justice, Michèle Alliot-Marie, et de l'Immigration, Eric Besson. Dans une interview publiée samedi par Le Figaro, ce dernier cherche à nuancer le débat, appelant à "remettre les choses dans leur contexte". "En tant que ministre de l'Intégration, je revendique le droit à la nuance. Ni déni de la réalité, ni généralisation" dit-il.

le 08 août 2010 à 21:58
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4 Commentaires

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  • ba, le 09/08/2010 à 14h46

    Nous sommes dans quelle republique

  • mcg35, le 09/08/2010 à 10h40

    Bonjour aux Internautes. En France, on réagit toujours quand il est trop tard. Et alors, garre aux conséquences!!! Au contraire, le laxisme n'a que trop duré, et il est URGENT de faire enfin quelque chose. Il n'est pas question de stigmatiser telle ou telle partie de la société. Il convient "simplement" de remetre de l'ordre républicain en France ... Et là, le travail est énorme!!!

  • bikbikbikette, le 09/08/2010 à 09h43

    Pour moi, ça suscite le bonheur :)

  • nicapae, le 08/08/2010 à 22h28

    Il y a plus a gagner d aller chercher les electeurs a droite de l UMP que d aller au centre droit , le reservoir de voix n est pas le meme . et puis ca nous changerait car depuis 3 ans Sarkozy a passé son temps a vouloir seduire sa gauche ..

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