Hervé Morin en juillet 2010 © Stephane Lemouton/ABACAPRESS.COMQuand Hervé Morin parle de son maroquin à la Défense, c'est au passé. Il devrait faire partie de la charrette lors du prochain remaniement. Mais quand il évoque sa candidature à la présidentielle, ce n'est pas encore au présent. L'homme dit avoir son "son propre calendrier" mais refuse de livrer ses intentions.
Cavada annonce la candidature de Morin en 2012
Le président du Nouveau Centre Hervé Morin "sera candidat" à la présidentielle, a annoncé sur France 2 le porte-parole du mouvement Jean-Marie Cavada. Le parti centriste est aussitôt revenu sur ces propos, en expliquant que Cavada n'avait fait qu'exprimer "un souhait".
Publié le 05/01/2011
Dans une interview au Figaro, il ne fait pourtant guère de mystères : "Je n'ai pas de doute: les valeurs centristes seront défendues en 2012 et elles le seront par un candidat du Nouveau Centre." Aura-t-il pour nom Hervé Morin ? "J'ai toujours défendu ces idées et je continuerai à le faire. Nos militants du Nouveau Centre choisiront le meilleur de leur candidat à l'automne 2011."
Un bras de fer avec Sarkozy ?
Hervé Morin le sait, son projet irrite le président Sarkozy qui défend l'idée d'une candidature unique de la majorité actuelle et inquiète certains de ses amis peu enclins à risquer leur siège dans un bras de fer avec l'UMP. Ces sujets devraient être au centre des débats et ateliers thématiques de son université d'été à La Grande Motte où un millier de personnes est attendu, selon les organisateurs.
Jusqu'à présent, Hervé Morin est un partenaire loyal du président, au risque de ne pas faire entendre une voix différente. L'interview au Figaro en est une nouvelle illustration. S'il se dit "mal à l'aise" de voir "des camarades de l'UMP faire le lien entre immigration et sécurité", ce n'est pas sans avoir préalablement approuvé la fermeté de Nicolas Sarkozy dans le discours de Grenoble. "Les Français ont élu le président de la République et sa majorité pour qu'ils traitent la sécurité sans atermoiement. Cela ne date pas du discours de Grenoble", dit-il.
"Discours asymétriques"
Sur la question des expulsions de Roms, Hervé Morin est dans la ligne gouvernementale : "Il s'agit de mettre un terme à des occupations illégales et jugées comme telles par les tribunaux de la République". Et de renvoyer l'Union européenne à ses responsabilités. Sur la déchéance de nationalité, "cela ne me choque pas". Et des peines de prisons pour les parents d'enfants délinquants ? "Non, vraiment, cela n'a aucun sens."
"Je n'aime pas les discours asymétriques", assure Hervé Morin qui se veut porteur d'un "message d'espoir", notamment vis-à-vis des banlieues dont il vente la richesse : "On doit répondre à la volonté de réussite et d'intégration de 99% des jeunes qui vivent dans ces quartiers et pas seulement dans le sport". De quoi sans doute ne pas se couper des jeunes centristes, qui, eux, ont dénoncé "avec force", courant août, "la politique d'insécurité du gouvernement" accusée de réveiller "de dangereux instincts de crispation, d'intolérance et de haine entre les citoyens".
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