Nicolas Sarkozy et François Fillon après la céremonie religieuseEn ce mois d'août, François Fillon est resté muet. En bon serviteur du président, un Premier ministre aurait dû s'exprimer depuis le discours de Grenoble. Mais point de soutien pour l'Elysée, son silence valait en réalité malaise. Trop fin politique pour croire son mutisme tenable, l'hôte de Matignon ne manque pas de saisir la perche que lui tend mardi son prédécesseur, Jean-Pierre Raffarin. Mais puisqu'on le somme de parler, François Fillon va le faire à sa manière. Par la voie d'un communiqué ou chaque mot compte, modèle de pondération et de diplomatie. Le Premier ministre appelle les "deux côtés" à se calmer, incarnation de la sagesse à équidistance de l'opposition et du clan sarkozyste.
Remaniement : ce que pourrait décider Sarkozy
L'annonce d'un large remaniement mi-novembre sonnera la fin des ors ministériels pour certains. D'autres attendent le jeu des chaises musicales avec impatience. Revue de coulisses.
Publié le 29/10/2010
Remaniement : bientôt (plus) ministres ?
L'annonce d'un large remaniement début novembre sonnera la fin des ors ministériels pour certains. D'autres attendent le jeu des chaises musicales avec impatience. Revue de coulisses.
Publié le 24/08/2010
Remaniement : la quadrature du cercle
Remanier, oui... mais qui faire entrer dans le prochain gouvernement ? Constituer une équipe qui puisse satisfaire une majorité de Français et plaire à la droite s'annonce difficile, comme le montre un sondage BVA.
Publié le 21/09/2010
Remaniement : le désintérêt de Lagarde, l'espoir de Morin
Donnée par certains à Matignon, la ministre de l'Economie déclare au Figaro ne pas être intéressée par le poste. Le ministre de la Défense entend, lui, poursuivre sa tâche "aussi longtemps" qu'il lui sera donné de le faire.
Publié le 14/09/2010
Sécurité: Copé critique Fillon et vole à la rescousse de Sarkozy
Le patron des députés UMP a, pour sa rentrée politique, estimé que le chef du gouvernement "(marquait) sa différence" sur la sécurité.
Publié le 31/08/2010
Villepin : les ministres sont "mal à l'aise"
L'ancien Premier ministre a assuré mardi sur RTL que la plupart des ministres du gouvernement ne croyaient pas à l'efficacité de la politique sécuritaire du chef de l'Etat, notamment sur les Roms.
Publié le 24/08/2010
Calendrier des primaires : le débat refait surface au PS
Même si les militants se sont prononcés, ce que rappelle à l'envi Martine Aubry, certains, comme François Hollande, voudraient bien hâter un peu le mouvement des primaires.
Publié le 28/08/2010
Des socialistes "unis pour convaincre" à La Rochelle
C'est un PS requinqué, au climat apaisé, qui tient sa grand-messe annuelle à La Rochelle, et une Martine Aubry offensive qui a plaidé vendredi soir sur TF1 : "une autre France est possible". Même si le parti reste, en coulisses, travaillé par les ambitions présidentielles rivales.
Publié le 28/08/2010
La Rochelle : coulisses, confidences... et Copé dans le TGV rose
Aubry a-t-elle été surprise pas le discours de Royal ? Comment Cambadélis a-t-il pu parler Chine avec Copé dans le TGV ? En direct de l'université d'été PS.
Publié le 28/08/2010
Royal à La Rochelle : "Unis nous sommes, unis nous demeurerons"
Aux cris de "Ségolène, Ségolène" lancés par les supporters de l'une, des "et Martine" lancés en riposte par les supporters de l'autre, Ségolène Royal et Martine Aubry ont fait leur entrée en scène à La Rochelle. L'ex-candidate à la présidentielle a ouvert l'université d'été du PS par un appel à l'union.
Publié le 27/08/2010
Ségolène Royal veut lier sécurité et question sociale
Pour Ségolène Royal, "c'est une faute de penser que le thème de la sécurité est de droite". Dans une interview que publie Libération, elle "propose de dire que la sécurité fait partie de la question sociale".
Publié le 27/08/2010
A La Rochelle, le retour d'un PS revigoré
Galvanisés par de bons sondages, les socialistes ont placé leur université d'été qui s'ouvre vendredi, sous le signe de la rentrée sociale, refusant d'entrer dans la polémique sécuritaire.
Publié le 26/08/2010
Roms : Fillon sort de son silence
Alors que le dossier fissure désormais la droite, François Fillon a réuni mardi après-midi à Matignon les ministres concernés pour faire le point sur les mesures d'évacuation des camps illégaux de Roms. Et s'est exprimé.
Publié le 24/08/2010
Incroyable sortie d'un Premier ministre qui a la parole rare et pondérée d'un président. Inédite inversion des rôles entre un chef de l'Etat qui pratique le calcul politique à petite portée et son Premier ministre sommé de défendre l'intérêt général à grande portée. Qui plus est en reprenant ce dossier pourri avec une approche européenne, celle la-même qui aurait dû constituer un point de départ. Certes, le président s'occupait de tout, quotidiennement, et avait qualifié en début de mandat son Premier ministre de « simple collaborateur ». Certes, le chef de l'Etat ne laissait s'exprimer l'hôte de Matignon que parcimonieusement. Avec toujours le dernier mot sur un déplacement ou une intervention. Hyper président. Mais jamais depuis 2007, il n'avait autant bouleversé, balayé et désormais inversé l'équilibre institutionnel de la Ve République.
Grenoble, une incitation au zèle
Eté 2010, Nicolas Sarkozy, puisque redevenu candidat, transgresse. Il lance par son discours de Grenoble une offensive sécuritaire massive appelée à durer. Avec une certitude, ses mots provoqueront des cris d'orfraie à gauche et dans la société civile. Cliver pour se faire réélire, un classique pour démarrer une campagne. Ce virage, préparé secrètement au printemps avec quelques collaborateurs, fonctionne. Il fait grand bruit et replace la sécurité au centre du débat. Les derniers fracas de l'empoisonnante affaire Woerth deviennent inaudibles.
Cette stratégie semble de prime abord gagnante mais c'était sans compter les sarkozystes de la première et de la dernière heure qui accentuent au creux du mois d'août le virage sécuritaire, eux qui ont voulu interpréter le discours de Grenoble comme une incitation au zèle. Les spectaculaires expulsions de Rom fin août achèvent de provoquer la polémique de rentrée. L'embardée de Nicolas Sarkozy à la droite de la droite sème finalement la confusion dans son propre camp, et non au PS. Juppé, Boutin ou Raffarin ont en effet rompu leur silence pour critiquer les excités de l'UMP. Puis c'est le désormais célèbre communiqué Fillon.
Figure inversée du sarkozysme
« Il calme le jeu », « Il stabilise », « Il siffle la fin de la récré »... La presse salue mercredi la leçon d'équilibre du chef de gouvernement pour dégonfler un coup de chaud politique aux relents nauséabonds. Mais est-ce là l'un de ses derniers faits d'armes ? La rumeur le dit en sursis, Nicolas Sarkozy ayant annoncé un large remaniement fin octobre. Et pour que l'opinion perçoive une nouvelle séquence, il faut au moins un nouveau Premier ministre.
Mais aujourd'hui l'impopulaire président peut-il vraiment se séparer de son populaire chef d'équipe ? Ce serait une raison pour s'en débarrasser, sans parler des louanges empoisonnées que lui ont adressées Dominique de Villepin et François Bayrou. Mais à quelles conditions François Fillon a-t-il sauvé la rentrée de Nicolas Sarkozy alors que l'incendie se propageait à droite ? Nul ne le sait, et cette conversation avec le président n'a peut-être jamais eu lieu. Reste que désormais le chef de l'Etat entretient un lien de dépendance envers son Premier ministre qui a su se rendre irremplaçable en figure inversée du sarkozysme. Une rupture entre les deux hommes dans deux mois ? En attendant, c'est la rupture institutionnelle.
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