Accusations du Monde : la police a épluché des relevés téléphoniques

Par TF1 News, le 13 septembre 2010 à 21h49 , mis à jour le 14 septembre 2010 à 12h59

Dossier : Affaire Bettencourt

La DCRI a bien vérifié un renseignement sur des fuites dans la presse concernant l'affaire Bettencourt et saisi le parquet, en mettant en cause un haut fonctionnaire.

[Expiré] [Expiré] Le Monde journal © AFP

Lundi, Le Monde accusait l'Elysée d'avoir violé le secret des sources d'un des ses journalistes qui travaillait sur l'affaire Woerth. Lundi soir, la réponse est venue de la police elle-même, qui a décidé de jouer franc-jeu. Selon son directeur général, Frédéric Péchenard, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a vérifié un renseignement sur des fuites dans la presse concernant l'affaire Bettencourt et saisi le parquet le 2 septembre, en mettant en cause un haut fonctionnaire.

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La Direction générale de la police nationale (DGPN) a "légitimement recherché l'origine de fuites qui lui ont été signalées", souligne M. Péchenard dans un communiqué, en agissant "dans le cadre de sa mission de protection de la sécurité des institutions".  "Il n'y a eu aucune écoute téléphonique, de quelque nature que ce soit", a-t-on affirmé au ministère de l'Intérieur. Un "renseignement parvenu aux services désignait comme l'auteur de ces fuites un haut fonctionnaire, membre d'un cabinet ministériel, soumis au secret professionnel et naturellement au respect du code de procédure pénale", explique le DGPN.

"Facture détaillée et géolocalisation"
 
Aussi, "une brève et ponctuelle vérification technique a alors permis de rendre vraisemblable le renseignement initial", selon M. Péchenard. Selon des sources proches du dossier, cette "vérification technique" a porté sur les communications passées depuis le téléphone portable de David Sénat, conseiller pénal au cabinet de la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie. La recherche a été effectuée "dans le cadre de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 qui autorise la recherche de données de connexion, telles que les factures détaillées ou la géolocalisation", selon ces mêmes sources. Elle a laissé apparaître plusieurs appels par jour et pendant plusieurs jours à la presse, ont-elles poursuivi.
 
Elle a été menée à bien après consultation d'une "personnalité qualifiée" désignée par le président de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité pour "en vérifier le bien fondé et le respect des obligations légales", ont ajouté ces sources.  "Sur la base de cette vérification et uniquement à (ma) demande, le directeur de la DCRI Bernard Squarcini a saisi le procureur de la République par une note en date du 2 septembre", relève M. Péchenard. "Les services de police n'ont donc fait que leur travail", conclut-il.

La réponse du quotidien Le Monde ne s'est pas faite attendre. Interrogé par le journal sur la consultation d'une "personnalité qualifiée", le délégué général de la CNCIS Rémi Récio a démenti mardi. "Dans le cas d'espèce, une telle requête n'aurait pas pu passer le filtre de la personnalité qualifiée puisque celle-ci ne peut agir que dans le cadre de la prévention du terrorisme, conformément à l'article 6 de la loi de 2006", a-t-il affirmé. 

Mardi, le procureur de Paris Jean-Claude Marin a affirmé avoir demandé à la Direction centrale du renseignement intérieur de préciser la teneur de ces vérifications. "J'ai reçu le 7 septembre une note, datée du 2 septembre, de la Direction centrale du renseignement intérieur, sous couvert du directeur général de la police nationale, indiquant que de 'brèves vérifications techniques' avaient permis d'identifier la source", a dit le procureur à quelques journalistes. "J'ai écrit à la DCRI le 10 septembre au matin pour demander quelles étaient ces vérifications techniques. J'attends la réponse", a-t-il ajouté.

 

La gauche tire à boulets rouges sur la présidence

"Woerthgate", "Sarkogate", "Affaire d'Etat": la gauche a tiré à boulets rouges lundi sur l'Elysée après les accusations de violation du secret des sources dans l'affaire Bettencourt. Aurélie Filippetti (PS) a ainsi évoqué "un Woerthgate". Parlant d'un "Sarkogate", Eva Joly (Europe Ecologie) a jugé "extrêmement grave" de "confondre la notion des intérêts de l'Etat avec les intérêts personnels d'un parti et de quelques hommes, comme M. Sarkozy et M. Woerth". Pour Noël Mamère (Verts), "on est à la veille d'une nouvelle affaire d'Etat (...) La République irréprochable de Nicolas Sarkozy a fait pschitt". Benoît Hamon, porte-parole du PS, a demandé que "toute la lumière soit faite" sur la "réalité" ou non d'écoutes téléphoniques au Monde, qui auraient pu justifier la mise à l'écart du conseiller de MAM, David Sénat. L'ex-numéro un du PCF, Marie-George Buffet, a dénoncé une nouvelle étape "dans le délabrement de notre démocratie", ajoutant que "pour aller muter le haut-fonctionnaire à Cayenne (allusion à M. Sénat, ndlr), cela en dit long sur l'état du régime!" "Dans cette affaire, la vérité devra aller jusqu'au bout", a prévenu le sénateur PS David Assouline. "La liberté de la presse est la prunelle des yeux de la République".

Par TF1 News le 13 septembre 2010 à 21:49
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27 Commentaires

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  • 566456, le 14/09/2010 à 12h43

    La je suis 100% d'accord, rien n'est spécifique à la France, les journalistes font et defont des véritées tout les jours dans la plus grande impunitée.

  • danieleh33, le 14/09/2010 à 12h14

    J'ai toujours pensé, et approuvé, que les responsabilités des journalistes consistaient à nous informer, è relayer, selon les conclusions qu'ils en ont faites, des nouvelles reçues des organismes tels A F.P., les instituts de sondage, etc. Je ne pense pas que leur rôle soit de faire des enquêtes personnelles sur des personnes ou des faits concernant les gouvernements ou les individus.. Est-ce que je me trompe? C'est le rôle de la police ou de la justice il me semble. Qu'ils rapportent les faits divers ou les manifestations, c'est tout à fait normal. Mais de là à faire leurs propres enquêtes, et d'en tirer des conclusions, je me pose la question.. Est-ce vraiment leur rôle? Leur influence est très grande sur les populations du monde entier. Est-ce normal? Difficile de répondre. Les nouvelles présentées au public par le Monde ou le Canard Enchainé ne sont pas souvent celles qu'on lit dans La Croix ou autres journaux. Difficile alors de se faire une opinion valable. Comment pouvons nous tous avoir à dire qui a raison, qui a tort, alors que les sources des articles que nous lisons sont le plus souvent inconnues, ce qui veut dire que nous n'avons pas de preuves. Notre pays ne va pas bien, le monde va mal aussi. Et chacun de nous se fait sa propre opinion. J'avoue le faire moi-même, mais est-ce cela la liberté de penser? Nous ne sommes pas des juges. Il est difficile de décider si nous faisons ou ne faisons pas confiance aux Gouvernements, à tel ou tel journal.. et pourtant nous devrons éventuellement mettre notre bulletin de vote dans une urne. Ceci ne me semble possible que si nous y exprimons un choix mûrement réfléchi d'après des informations de diverses tendances. Qu'il est difficile d'être un bon démocrate..

  • iben770, le 14/09/2010 à 12h06

    @slot35: c'est votre président aussi, a moins que vous ne viviez pas en France.

  • distrino, le 14/09/2010 à 11h53

    Mitterand reviens souvent en exemple, mais vous oubliez aussi de dire qu'après lui il y a eu des moments moins glorieux, comme les emplois fictifs par exemple, c'était qui le président déja???

  • vinces0, le 14/09/2010 à 11h52

    J'ai lu beaucoup de chose ici-même sur cette histoire et le cas est tout de même plus complexe qu'il n'y parait; 1°) Lorsqu'un haut fonctionnaire sort de son devoir de reserve il y bien une raison, il ne faut pas que le devoir de reserve ne soit qu'un pretexte a cacher certaines informations qui peuvent deranger les responsables politiques - la frontiere est tenue existe bien -et pour qu'un haut fonctionnaire en arrive là il a du en voir pas mal avant de prendre ce genre de decision 2°) en quoi un journal devrait s'abstenir d'enqueter sur tel ou telle histoire que certains desirent cacher ? le journal est là totalement dans son role L'une des liberté les plus importante est la liberté d'information, ne l'oublier pas

  • slot35, le 14/09/2010 à 11h40

    Je croyais que votre prèsident etait celui justement de la rupture vous aurez t'il menti?

  • louischom, le 14/09/2010 à 11h27

    La collecte d'information est une chose, tronquer ces informations récoltées en est une autre!

  • louischom, le 14/09/2010 à 11h24

    Faut il que le PS tout comme les diverses gauches soient tombés bien bas pour s'agiter de la sorte au résultat d'une enquête administrative! Toute "révélation" peut et doit être contrôlée! Les fonctionnaires de droit public comme ceux de droit privé sont tenus à un devoir de réserve! La presse n'a pas à acheter des révélations en corrompant des fonctionnaires!

  • michelfan, le 14/09/2010 à 11h09

    Les socialistes ont oublié les écoutes téléphoniques d'un certain François Mitterrand !

  • michalowice, le 14/09/2010 à 10h47

    JAMAIS !!!

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