Fillon patron calme au dessus de la mêlée

le 24 septembre 2010 à 14h06 , mis à jour le 24 septembre 2010 à 17h43

Alors que les visées de Jean-François Copé sur le parti provoquent des tensions avec l'actuel patron, Xavier Bertrand, le Premier ministre a tenté vendredi aux journées parlementaires de l'UMP de calmer le jeu, avertissant que "personne ne doit exercer ses talents contre son propre camp".

Fillon : "il faut répondre calmement à la rue""Gouverner, c'est aussi savoir dit non", a estimé le premier ministre vendredi, en réponse aux syndicats qui viennent de décider la tenue de deux nouvelles journées de mobilisation contre la réforme des retraites. © LCI

François Fillon a fait preuve vendredi d'une grande fermeté face aux manifestants opposés à la réforme des retraites, restant dans le même registre pour réclamer de l'ordre à l'UMP, agitée par une guerre des chefs qui a brouillé les journées parlementaires du parti. Alors que son maintien à Matignon est toujours très incertain à quelques semaines du remaniement -présent dans toutes les conversations lors de ce grand raout de Biarritz- le Premier ministre n'a pas cédé un pouce de son rôle de fédérateur de la majorité.

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Ainsi, sur les retraites, il a opposé un "non ferme et tranquille" aux centaines de milliers de Français descendus dans la rue jeudi et aux syndicats qui ne désarment pas pour faire reculer le gouvernement. "Nous conduirons cette réforme jusqu'à son terme car (...) si nous tenons à garantir le niveau de nos pensions alors il n'y a qu'une seule façon sérieuse et responsable d'agir : il faut élever l'âge légal de la retraite", a-t-il affirmé devant de nombreux ministres et parlementaires UMP. Le texte, examiné en séance publique au Sénat début octobre, est "nécessaire et raisonnable", a-t-il répété. Se présentant, comme jamais autant jusque-là, en rempart de Nicolas Sarkozy, il a multiplié les attaques contre l'opposition, coupable d'une "violence irrespectueuse détestable". Une nouvelle fois, il a fustigé "la complicité" du PS avec "l'extrême gauche". "Ce qui était valable pour l'extrême droite devrait l'être aussi pour une extrême gauche qui conteste nos institutions démocratiques", a-t-il lancé sous les applaudissements.

"Guéguerre Bertrand-Copé"

Une attaque en règle pour mieux souder son parti qui traverse une zone de fortes perturbations. Jean-François Copé, patron actuel des députés UMP, dispute la direction du parti présidentiel à Xavier Bertrand, proche du chef de l'Etat. François Fillon s'est placé au dessus de la mêlée pour faire taire ces "ambitions indécentes". "Personne ne doit dissocier son avenir personnel de notre sort commun. Et personne ne doit exercer ses talents contre son propre camp", a-t-il lancé. Et le Premier ministre d'enfoncer le clou : "Je vous demande de rester
concentrés sur notre cap car c'est au terme du quinquennat et pas avant que  l'Histoire se nouera". Mais ce rappel à l'ordre pourrait rester lettre morte.

Juste avant son discours, la "guéguerre" entre MM. Bertrand et Copé s'était poursuivie à la tribune. L'actuel secrétaire général de l'UMP a confirmé qu'il n'entendait pas jeter l'éponge en fixant la "feuille de route" du parti jusqu'en  2012 tandis que son rival semblait déjà sur le départ du groupe à l'Assemblée. Ce discours sera-t-il le dernier de l'actuel locataire de Matignon devant  les parlementaires ? L'intéressé s'est bien gardé de se projeter dans l'avenir balançant entre l'absence de "nostalgie" s'il devait partir et l'envie, exprimée à demi-mots, de rester. "Tant que je le pourrai, tant que j'aurai votre confiance, je ne laisserai  rien passer qui puisse faire dire un jour que l'esprit d'équipe et le sens de l'intérêt général n'étaient pas aux rendez-vous", a ajouté le Premier ministre, qui a eu droit à une standing ovation.

Pour la sénatrice Isabelle Debré, "c'était du grand Fillon!". Mais le soutien des parlementaires et de l'opinion ainsi que la justification -sans réserve cette fois- du discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy pourraient ne pas suffire. "Il peaufine son personnage, il ne rentre pas dans les chicayas. Il y a beaucoup de collègues qui l'estiment mais qui veulent un changement de Premier ministre. Le moment est venu", estime un député sarkozyste.

le 24 septembre 2010 à 14:06
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5 Commentaires

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  • al38240, le 25/09/2010 à 09h20

    Ne parlons pas des guerres intestines au PS ! ! ! !

  • cindi21, le 25/09/2010 à 03h05

    A L'UMP ce n'est pas grave . ....Mr Fillon est le meilleur pour remettre tout le monde dans les rails. Il faut qu'il reste le premier ministre .

  • chon28, le 24/09/2010 à 17h34

    Tiens, je croyais qu'ils s'entendaient bien à droite !!!!! mdr

  • michalowice, le 24/09/2010 à 16h21

    La guerre des étoiles politiques bat son plein !!! c'est beau l'UMP .......

  • alain-paris, le 24/09/2010 à 14h12

    Ciel, mais il aurait donc des "ambitions indécentes" qui excercent "contre leur propre camp" à l'UMP ? Mais je croyais qu'il n'y a vait qu'au PS que ça existait !

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