Cette droite qui veut en finir avec l'hyperprésidence

Par R.P, le 06 septembre 2010 à 15h58 , mis à jour le 06 septembre 2010 à 18h27

Ce week-end, Jean-François Copé, plusieurs ministres et Alain Juppé ont demandé à Nicolas Sarkozy de présider autrement une fois le remaniement effectué.

Nicolas Sarkozy à Marignane le 4 mars 2010Nicolas Sarkozy à Marignane le 4 mars 2010 © DR

Face à une rentrée sociale très difficile, Nicolas Sarkozy doit aussi composer avec une majorité fiévreuse où les tirs croisés se sont multipliés la semaine dernière entre ses principaux responsables. Mais ce week-end, c'est le style même de sa gouvernance, la fameuse « hyperprésidence », qui a fait l'objet de critiques à peine voilées dans son propre camp. Dans une tribune publiée dans Le Figaro, Jean-François Copé et trois chiraquiens, le député Christian Jacob, le ministre du budget François Baroin et celui de l'Agriculture Bruno Le Maire ont défini « les conditions de la victoire en 2012 », en exigeant notamment un gouvernement resserré, un président qui s'occupe de l'essentiel et un pouvoir qui évite « les effets d'annonce » en matière de maintien de l'ordre. Quant au parti, ils le souhaitent « redynamisé », autrement dit avec un nouveau patron. Le député-maire de Meaux se verrait bien à l'occasion des changements de l'automne remplacer Xavier Bertrand à la tête de l'UMP.

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Plus d'infos

 
Ce qui frappe dans le texte de ces « quatre mousquetaires », c'est la définition d'un nouvel équilibre des pouvoirs aux antipodes de la gouvernance Sarkozy depuis 2007. Leur message est clair : leur fidélité au chef de l'Etat pour éviter sa défaite en 2012 doit s'accompagner d'un profond changement dans sa manière de gouverner la majorité et le parti. En coulisses, nombreux étaient ceux qui, à droite, revendiquaient depuis des mois une meilleure concertation dans la préparation des réformes ou la définition des orientations stratégiques. Mais l'autorité présidentielle empêchait toute dissidence. Aujourd'hui victime d'une impopularité persistante et d'une gauche revigorée, le chef de l'Etat, isolé, n'est plus en mesure d'empêcher les barrons de la droite d'infléchir le cours des choses.
 
« C'est un problème de méthode »
 
Ainsi, dimanche soir, l'ex-Premier ministre Alain Juppé a semblé poser ses conditions pour « aider Nicolas Sarkozy » et entrer éventuellement au gouvernement à l'automne. « Nous avons besoin d'un changement assez profond. D'ailleurs, le président en est conscient, puisqu'il a annoncé suffisamment à l'avance un remaniement ministériel", a déclaré le maire de Bordeaux au "Grand Jury" RTL/LCI/Le Figaro. "Ce n'est pas simplement un problème d'homme. C'est un problème de méthode et de feuille de route", a ajouté M. Juppé qui s'est dit "presque prêt à signer" la tribune des quatre chiraquiens. "Ils disent qu'il faut un gouvernement resserré, un gouvernement qui gouverne. Le président ne peut pas être en première ligne sur tout", a-t-il ajouté.
 
Voir les ambitieux quadras de la droite et un ancien Premier ministre créer un rapport de forces avec Nicolas Sarkozy pour établir un dispositif gagnant pour 2012 montre un sérieux coup de faiblesse de l'hyperprésidence. Le locataire de l'Elysée va-t-il entendre ces demandes ? « Il n'aime pas se voir imposer les choses mais là il n'a pas le choix, confie un député UMP. Il est aux pieds du mur face à une opposition reconstruite ».
 
A l'Elysée, on préfère regarder avec calme ce concours Lépine de propositions pour la dernière étape du quinquennat. Ainsi, le bras-droit de Nicolas Sarkozy Claude Guéant a vu dans la tribune de Copé et ses amis « un acte d'allégeance » au président. Réplique immédiate et sibylline du patron du groupe UMP lundi matin sur France Info : « c'est pas le terme que j'aurais employé"...

Par R.P le 06 septembre 2010 à 15:58
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14 Commentaires

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  • jeco02, le 08/09/2010 à 09h06

    Le problème; c'est qu'il ne fallait pas élire Sarkozy, car on s'attendait à celà. De la volonté, des idées, du courage, mais trop de sens du spectacle, de la tendance à croire qu'il est le seul capable, et finalement le reniement partiel des valeurs de droite, devant les cris de vierges effarouchées de la gauche, des associations antitout, et pron'importe quoi, et des syndicats défendeurs de bastions électoraux.

  • syberya, le 07/09/2010 à 18h00

    Finalement, moi j'aurais plutôt titré " Cette droite qui veut en finir avec l'hyperprésident " Bah c'est clair, net et sans fioriture...mdr :o)

  • syberya, le 07/09/2010 à 12h25

    Purée, moi non plus, je n'ai mais alors, rien compris !!!! Kafkaïen?, Dantesque ? Cornélien ? lol

  • michalowice, le 07/09/2010 à 11h44

    Vouloir c'est pouvoir !

  • al38240, le 07/09/2010 à 09h34

    J'ai rien compris !

  • tongji01, le 07/09/2010 à 06h34

    Alors la chapeau au niveau de la strategie de l"UMP pour etre reelu.Ne vous y trompez pas,tout est parfaitement orchestre.Certains anciens du FN et les votants pour l'UMP en 2007 ne sont plus a convaincre.Il reste certains anciens votants pour le PS qui se questionnent sur leur prochain vote.Ils trouvent le PS trop mou et souhaiteraient de la poigne mais sans trop,ils veulent un President au front pour les representer mais sans trop,ils veulent des reformes mais sans trop...bingo.NS dit a 4 tenors de droite de se plaindre de lui mais sans trop et les anciens de Gauche y trouveront leurs reperes. En 2012,les indecis se feront avoir...mais sans trop.

  • humanoide56, le 07/09/2010 à 04h13

    Une fois derrière les barreaux, beaucoup deviennent philosophes !

  • humanoide56, le 07/09/2010 à 04h11

    Toutes bonnes choses ont une fin ! Le tout ce n'est pas d'en abuser

  • snakeyes-92, le 07/09/2010 à 03h35

    Des fois j'allucine les yeux ouverts. Le Président n'est pas dupe, il faudrait que certains l'aprennent à leur dépend. A suivre...

  • humanoide56, le 07/09/2010 à 01h53

    Quand on aborde des réforme on commence par soi-même, les autres passent toutes seules

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