Image d'archives © ABACA Suivez l'intervention d'Eric Besson en direct à 16h45 L'exécutif et les députés UMP ont décidé mardi de renoncer à étendre la déchéance de nationalité aux assassins de policiers, mesure-phare du projet de loi sur l'immigration mais contestée jusqu'au sein de la majorité. Le ministre de l'Immigration souhaite conserver un poste au gouvernement après le remaniement prévu en début de semaine prochaine, parcequ'il croit "à ce que fait le gouvernement". Française depuis 12 ans, la secrétaire d'Etat a confié jeudi avoir vérifié qu'elle n'était pas concernée par la nouvelle loi sur la déchéance de nationalité même si, s'est-elle amusée, "je n'ai l'intention de tuer personne". La question de l'accès à la nationalité et du droit du sol s'est invitée cette semaine dans le débat à l'Assemblée sur le projet Besson sur l'immigration. L'Assemblée a adopté jeudi à une courte majorité l'extension de la déchéance de nationalité aux Français naturalisés depuis moins de 10 ans condamnés pour meurtre d'agents dépositaires de l'autorité publique. Une mesure décriée par l'opposition et même dans la majorité. Des critiques en interne, un sondage révélateur et une réunion embarrassante : le projet de loi d'Eric Besson est discuté dans une ambiance compliquée à l'UMP. "J'ai pris ma décision en toute indépendance, au vu des éléments du dossier", se défend dans les colonnes du JDD le magistrat grenoblois qui a ordonné la remise en liberté du suspect arrêté dans l'affaire du braquage d'Uriage. Dans la nuit du 15 au 16 juillet, deux hommes avaient braqué le casino d'Uriage, entraînant une course-poursuite avec la police, qui s'était terminée par la mort d'un des braqueurs Karim Boudouda. Trois nuits de violence urbaine avaient suivi. L'un des six jeunes gens arrêtés mardi a été mis en examen mercredi pour dégradations volontaires par incendie dans le cadre de l'enquête sur les violences urbaines dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble mi-juillet. Dénonçant une politique "ouvertement raciste" envers les Roms et "un problème fabriqué par le gouvernement", des dizaines d'ONG appellent à manifester ce samedi un peu partout en France et devant les ambassades françaises de plusieurs pays européens. Le ministre de l'Intérieur a reçu mardi le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, après une série de critiques émises par des responsables catholiques concernant notamment les expulsions de Roms. L'archevêque de Toulouse, plaidant la solidarité envers les Roms menacés d'expulsion, a lu vendredi devant 4000 pèlerins à Lourdes une lettre rédigée en août 1942 par son prédécesseur et appelant à protéger les Juifs des persécutions nazies. Le comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU critique sèchement la France, qu'il appelle à "éviter" les renvois collectifs de Roms, et dénonce "la tenue de discours politiques de nature discriminatoire". Le député PS a fait dimanche à sa Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse, dont Jean-Pierre Chevènement était l'invité, plusieurs propositions en matière sécuritaire, associant notamment la population. Les interviews de trois leaders socialistes sont publiées ce dimanche dans des quotidiens nationaux. Tous fustigent la politique sécuritaire de l'Exécutif. Une politique qui s'en prend encore "aux plus faibles" et risque de remettre le FN au coeur du jeu, selon eux. Dans une interview publiée par Le Parisien, Ségolène Royal critique la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy qui selon, "produit de la violence". Et souhaite que le PS reprenne ses propositions énoncées lors de la campagne de 2007. Un seul homme restait en garde à vue mardi soir. Tous avaient été interpellés tôt dans la matinée lors d'une opération de police menée dans le quartier de la Villeneuve après une série de violences. Le ministre de l'Intérieur a effectué une patrouille dans la nuit de mercredi à jeudi avec la Brigade anticriminalité de Grenoble dans les quartiers sensibles de la ville. Des groupes de jeunes armés de battes de base-ball et de barres de fer, voire d'armes à feu, ont affronté les forces de l'ordre pendant une partie de la nuit dans un quartier sensible de Grenoble. A l'origine de ces heurts : la mort d'un jeune poursuivi après un braquage. Jeudi auront lieu les obsèques de Karim Boudouda, le braqueur tué le 16 juillet lors d'un échange de tirs avec la police à Grenobe. Sa compagne a, elle, déposé plainte contre X mercredi, dans l'espoir de comprendre les circonstances de sa mort. A la suite de menaces de mort, des mesures ont été prises pour protéger les policiers de la Bac de Grenoble impliqués dans la fusillade du braquage du casino le 16 juillet, a annoncé lundi Brice Hortefeux. Invité du 20 heures de TF1 mardi, le ministre de l'Intérieur est revenu sur les différents dossiers sensibles qui ont marqué l'actualité de ces dernières semaines, notamment les violences à Grenoble et le malaise des gens du voyage. Après les violences de la nuit dernière, le ministre de l'Intérieur s'est rendu sur place samedi et a promis des renforts. De leur côté, les syndicats policiers dénoncent des moyens en baisse constante. La mère du braqueur tué a lancé un appel au calme. Malgré l'appel au calme lancé par la mère du braqueur tué vendredi par la police, et malgré la fermeté affichée par Brice Hortefeux, seize voitures ont été incendiées dans la nuit de samedi à dimanche à Grenoble, et la police a essuyé des tirs. Depuis le discours de Grenoble, Hortefeux, Alliot-Marie et Besson ont planché sur le thème de la déchéance de nationalité des délinquants fraîchement naturalisés, et condamnés pour des faits graves. Le chef de l'Etat doit arbitrer. La réunion doit se tenir ce lundi à l'Elysée. La déchéance de la nationalité sera étendue aux seuls meurtriers des membres des forces de l'ordre et dépositaires de l'autorité publique mais pas aux faits de polygamie, a annoncé lundi l'Elysée.
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L'agitation qui a perturbé le débat sur la réforme des retraites risque bien de renaître dans les rangs de l'Assemblée, lorsque les députés vont ouvrir, ce mardi, le dossier tout aussi brûlant de l'immigration. Après une semaine de respiration pour cause de journées parlementaires, les élus s'apprêtent à ferrailler à nouveau sur le projet de loi "immigration, intégration et nationalité" présenté par Eric Besson. Ce texte reprend notamment les mesures annoncées le 30 juillet dernier par Nicolas Sarkozy dans son discours de Grenoble, au cours duquel il avait établi un lien entre immigration et délinquance. Les propos du chef de l'Etat avaient suscité de vives réactions de la part de l'opposition et des organisations de défense des droits de l'Homme mais également les réserves de plusieurs ténors de la majorité comme les anciens Premiers ministres Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin.
Cinquième texte sur l'immigration en sept ans, le texte transpose dans le droit français trois directives européennes. Il a été considérablement musclé après les polémiques sécuritaires de l'été. Il propose ainsi l'extension de la déchéance de nationalité aux personnes naturalisées depuis moins de dix ans qui auront commis un crime contre une personne dépositaire de l'autorité publique.
Les Roms spécifiquement visés
Le texte prévoit aussi toute une série de dispositions pour faciliter les mesures d'éloignement des étrangers en situation irrégulière, Eric Besson faisant valoir que le taux d'échec de ces mesures dépasse actuellement 75%. Est ainsi prévue l'allongement de la durée maximale de rétention des sans-papiers de 32 à 45 jours afin de laisser davantage de temps aux pays d'origine pour délivrer des laissez-passer aux expulsés. Autre disposition-clé du projet, une réforme judiciaire de la procédure d'expulsion : le gouvernement se propose d'inverser l'ordre de passage des deux juges requis, le juge des libertés et le juge administratif, afin de se donner davantage de temps pour éloigner l'étranger en instance d'expulsion.
Plusieurs mesures visent aussi implicitement les Roms: les étrangers, y compris ressortissants de l'UE, "abusant du droit au court séjour (moins de trois mois) par des allers-retours successifs", pourront recevoir des obligations à quitter le territoire. De même, pourront être éloignées "les personnes qui représentent une charge déraisonnable pour notre système d'assistance sociale", une disposition qui va se traduire par un contrôle accru de l'aide médicale d'Etat. Plusieurs associations de défense des droits de l'Homme ont déjà fait part de leur opposition au projet et appellent à manifester devant l'Assemblée à 18 heures.
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Déchéance de nationalité: gouvernement et députés UMP reculent
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