Jacques Chirac © REUTERSLe Conseil de Paris devrait tourner ce lundi une page importante de son histoire en validant le projet d'accord d'indemnisation de la Ville par l'UMP et Jacques Chirac dans la fameuse affaire des emplois fictifs. Le vote s'annonce comme une formalité : une écrasante majorité des 163 élus voteront pour - à savoir le groupe PS (77 élus), PCF-PG (8 sur 10 élus), UMP (51), Nouveau centre (11 sur 12). Mais le maire de la capitale, Bertrand Delanoë, a été contraint de monter plusieurs fois au créneau pour justifier cette décision qui fait grincer des dents jusque dans les rangs de son parti, expliquant qu'il "ne faut pas confondre justice et vengeance".
"Jacques Chirac ira devant ses juges"
L'accord passé avec la mairie de Paris n'y change rien, assure l'avocat de l'ancien chef de l'Etat : Jacques Chirac ira à son au procès en correctionnelle pour "détournement de fonds publics".
Publié le 21/09/2010
Delanoë défend l'accord avec Chirac sur les emplois fictifs
Devant la polémique sur le projet d'indemnisation de la municipalité par Jacques Chirac et l'UMP dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, Bertrand Delanoë affirme avoir appliqué "vérité, reconnaissance des faits et réparation".
Publié le 28/08/2010
Emplois fictifs : le Conseil de Paris solde l'affaire
Le Conseil de Paris a approuvé lundi l'accord amiable passé entre la mairie, l'UMP et Jacques Chirac prévoyant un remboursement de 2,2 millions d'euros, dont 1,65 million acquittés par l'UMP.
Publié le 27/09/2010
Emplois fictifs : l'UMP prêt à solder les comptes de l'ère Chirac
Un accord avec l'UMP devrait permettre à la mairie de Paris de récupérer 2,2 millions d'euros au titre de remboursement de la facture des emplois fictifs qui valent à Jacques Chirac d'être renvoyé en correctionnelle. S'il est validé, l'ex-président se retrouverait sans adversaire au tribunal.
Publié le 25/08/2010
Emplois fictifs : Chirac confirme son souhait d'un remboursement
Jacques Chirac a confirmé jeudi avoir "souhaité" que soient remboursées à la Ville de Paris les sommes liées à l'affaire dite des "emplois de complaisance", tout en réaffirmant n'avoir commis aucune "infraction pénale".
Publié le 26/08/2010
Emplois fictifs : Delanoë "ne confond pas justice et vengeance"
Le maire de Paris, contesté par les Verts pour son soutien au projet d'indemnisation de la capitale dans l'affaire des emplois fictifs sous l'ère Chirac, tente de calmer les esprits et rappelle qu'un procès aura lieu.
Publié le 04/09/2010
L'élue NC du Xe, Lynda Asmani ne prendra pas part au vote. Et l'unique élu MoDem Jean-François Martins votera contre, parce que selon lui, "la ville nie son ambition d'obtenir justice et vérité". Les deux élus du Parti de gauche (PG) que compte la ville feront de même. Plus dur à avaler pour Bertrand Delanoë, les 9 élus Verts, d'habitude alliés de l'Exécutif, voteront aussi contre ce protocole qu'ils qualifient de "faute politique" et de "déni de justice". Ils ont accusé le maire et l'UMP de "s'être mis d'accord en catimini".
Lundi matin encore, Bertrand Delanoë a tenu à "rectifier des inexactitudes lues et entendues depuis un mois provenant d'élus ou de commentateurs, les uns de bonne foi, les autres sans doute beaucoup moins", en allusion aux Verts et à quelques autres élus opposés au protocole qui ont dénoncé "une justice à deux vitesses" et des "arrangements". "La somme de 2,2 millions d'euros correspond strictement au montant inscrit dans l'ordonnance de renvoi du juge", a-t-il encore insisté. "Un procès se tiendra bien dans les prochains mois contrairement à ce que beaucoup ont laissé croire", a encore dit le maire de Paris.
Un procès en janvier ou février
La ville récupérera exactement 2.218.072,46 euros et renoncera du même coup à être partie civile au procès, ce qui mettra Jacques Chirac dans une position plus favorable. Il fera face à un banc des victimes déserté, en plus d'une accusation vraisemblablement passive, le parquet ayant requis un non-lieu dans la procédure. Pendant le vote en fin de matinée, le collectif "Sauvons les riches" a prévu de manifester devant la mairie avec l'association anticorruption "Anticor".
Vendredi, une nouvelle audience de fixation du procès se tiendra devant la 11e chambre correctionnelle de Paris. L'audience devrait probablement avoir lieu en janvier ou février 2011, afin de joindre au dossier parisien une procédure similaire en cours à Nanterre. L'ancien locataire de l'Elysée doit comparaître aux côtés de neuf autres prévenus pour 21 emplois présumés de complaisance rémunérés entre octobre 1992 et mai 1995 par le cabinet du maire de Paris, fauteuil qu'il a occupé de 1977 à 1995.
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