"Après Matignon, il peut y avoir une autre vie"

Par TF1 News (D'après agence) , le 26 septembre 2010 à 08h11 , mis à jour le 27 septembre 2010 à 09h16

Dossier : Le gouvernement Ayrault

Dans un entretien diffusé à quelques semaines d'un remaniement annoncé, François Fillon évoque à demi-mot ses projets après Matignon. Et il revient sur ses relations avec le chef de l'Etat : "c'est l'histoire d'une alliance".

François FillonFrançois Fillon © www.abacapress.com

L'entretien accordé par François Fillon à France 2 à quelques semaines d'un remaniement annoncé, et dont quelques extraits ont été diffusés dès samedi, pourrait avoir des airs de testament politique. Il a été réalisé pour une émission consacrée à son passage à Matignon, que la chaîne a diffusé dimanche en début d'après-midi.

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"Après Matignon, il peut y avoir une autre vie. Est-ce qu'il peut y avoir une autre vie politique ? Sûrement", avance le Premier ministre, évoquant pour la première fois ses prochaines ambitions... après Matignon. "J'ai un engagement politique qui a maintenant plus de 30 ans, je ne me vois pas (...) faire ce que j'ai vu beaucoup d'autres responsables politiques faire, c'est-à-dire, après avoir exercé des responsabilités fortes, recommencer presque en bas du terrain", poursuit le chef du gouvernement. "Je pense qu'il faut à chaque fois pouvoir se fixer un nouveau challenge", ajoute François Fillon. "Ce challenge peut être dans la politique, il peut être en dehors de la politique mais il faut avoir un objectif, il faut avoir envie, il faut pouvoir se dépasser. Si on ne peut pas se dépasser, alors la lassitude et l'ennui certainement finissent par l'emporter".

"J'ai choisi de l'aider à être président"

Le chef du gouvernement revient aussi longuement sur ses relations avec le chef de l'Etat. "Avec Nicolas Sarkozy notre histoire c'est l'histoire d'une alliance", affirme le Premier ministre. "Après avoir été pendant longtemps... comment dirais-je... pas un opposant à Nicolas Sarkozy, mais enfin... dans une partie de la famille gaulliste qui était assez opposée au mode de fonctionnement et au style du président de la  République, j'ai accepté, j'ai choisi de le soutenir et de faire alliance avec lui parce qu'il m'a semblé qu'il était le meilleur candidat pour gagner les élections présidentielles. Je pense d'ailleurs que je ne me suis pas trompé", ajoute-t-il. S'il y a un terme qu'il récuse, qui lui paraît ne pas convenir pour définir ses relations avec le président de la République, c'est bien celui de "mentor". "Nicolas Sarkozy n'a jamais été mon mentor. J'ai fait alliance avec lui, j'ai choisi de l'aider à être président de la République et je m'en félicite tous les jours", assure le chef du gouvernement.

Traité un temps de simple "collaborateur" par Nicolas Sarkozy, un qualificatif qui l'avait profondément heurté, François Fillon revient aussi sur le partage des pouvoirs au sein de l'exécutif. "Je n'aurais pas accepté d'être Premier ministre si je n'avais pas été d'accord avec le projet (présidentiel), d'ailleurs un projet que j'ai largement contribué à écrire" avec Nicolas Sarkozy, dit-il. "Le mode de fonctionnement du quinquennat - la place très importante que prend le président de la République, la place très importante que prend le Parlement du fait des réformes que nous avons introduites - rend beaucoup de choses plus difficiles que je ne l'avais imaginé", admet-il toutefois.

En poste depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à la tête de l'Etat, François Fillon pourrait faire les frais du remaniement mais la difficile question de son successeur semble ne pas avoir été tranchée. Plus haut dans les sondages que le président de la République et très populaire au sein de la majorité, le Premier ministre avait fait valoir durant l'été qu'"au bout de trois ans et quelques mois" il estimait n'avoir "plus rien à prouver". Il s'est affirmé "décontracté" sur la question de la fin de son bail. Depuis l'été, il a aussi, parfois, pris ses distances avec l'Elysée. Le 30 août, il avait dit assumer ses "différences" avec le président de la République et admis qu'il n'aurait pas utilisé les mêmes mots que Nicolas Sarkozy lors du discours sur la sécurité prononcé fin juillet à Grenoble par le chef de l'Etat. Des études d'opinion récentes l'ont toutefois fait apparaître comme le favori des Français pour occuper Matignon après le remaniement annoncé pour novembre, avec une nette avance sur les autres figures de droite.

Le tandem Fillon / Sarkozy vu par Lagarde

Sur Europe 1 dimanche, Christine Lagarde a loué le travail de François Fillon à la tête du gouvernement. A la question, "François Fillon est-il le bon Premier ministre?", la ministre de l'Economie a répondu: "De mon point de vue bien sûr, mais ce n'est pas à moi d'en juger". Questionnée sur les relations entre le chef de l'Etat et son chef du gouvernement, et notamment sur le terme de "mentor", Christine Lagarde a réagi : "Il n'a échappé à personne que le grand mentor de François Fillon était Séguin". Avant d'ajouter, concernant le Premier ministre et le Président, qu'il "y a une complicité de travail et une détermination collective qui les anime". La ministre de l'Economie s'estime quant à elle "un peu vieille pour avoir un mentor". Nicolas Sarkozy, "c'est un homme qui m'apprend tous les jours... j'apprends auprès de lui considérablement. Je n'ai pas besoin de parrain ou de protecteur", a-t-elle continué. Interrogée sur sa future place dans le gouvernement après le remaniement, elle a éludé la question, assurant avoir "l'oeil rivé sur sa feuille de route".

Par TF1 News (D'après agence) le 26 septembre 2010 à 08:11
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30 Commentaires

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  • gerard4807, le 27/09/2010 à 07h23

    J'avais raison,il vise bien la place mr Sarkozy....tout est hypocrisie ,

  • anne342, le 27/09/2010 à 07h14

    Monsieur Fillon, la France a besoin de vous et de votre intégrité alors que vos projets aillent vers un projet positif pour la France, il y a tant à faire mais bien sûr toutes réformes sont dures et longues et en cela notre Président a besoin de personnes fiables et non corrompues

  • froggyb, le 27/09/2010 à 00h47

    Il serait dommage qu'il parte. La maladie permanente de la France, c'est le manque de continuité. Il faut qu'il reste jusqu'au bout.

  • sambrest, le 26/09/2010 à 20h43

    Monsieur Mitterrand vous obsède réellement....!

  • gerard4807, le 26/09/2010 à 20h42

    Bien sur mr Fillon il peut y avoir une autre vie...la retraite,...... et il me semble que vous lâchez votre président,peut etre pour prendre sa place en 2012

  • kikigigi44, le 26/09/2010 à 20h39

    Juste un petit conseil à lui donner cependant .... qu'il se retourne de temps en temps pour savoir qui ....

  • jmiche, le 26/09/2010 à 20h34

    Ah il va partir,il emmene son roi avec lui?.....sans regrets!

  • kikigigi44, le 26/09/2010 à 20h30

    Zarko et son clône .... 3,6 millions d'euro de salaire versés depuis trois ans... Et pour quel résultat ?

  • michalowice, le 26/09/2010 à 20h19

    Trop d'éloges Monsieur Fillon !!! vous ne savez plus sur quel pied danser !

  • kiss96, le 26/09/2010 à 20h12

    Donc il avoue faire de l'hypocrisie s'il reconnait que Sarkosy n'est pas sa tasse de thé,et sa vie aprés Matignon sera certainement bien mieux que la notre !!!!

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