Ce que Sarkozy veut faire du bouclier fiscal

Par TF1 News (D'après agence), le 14 octobre 2010 à 08h15 , mis à jour le 14 octobre 2010 à 08h19

L'argument de la convergence fiscale avec l'Allemagne, où n'existent ni bouclier fiscal ni impôt sur la fortune, peut servir de base à la grande réforme de la fiscalité du patrimoine annoncée pour le printemps. Sur ce thème du bouclier fiscal, Nicolas Sarkozy a déjà mis de l'eau dans son vin.

Nicolas SarkozyImage d'archives © ABACA

En berne dans les sondages - sa cote de popularité est au plus bas depuis son élection avec 31% d'opinions favorables, selon la dernière enquête d'opinion d'Ipsos-Le Point à paraître jeudi - Nicolas Sarkozy entend jouer son va-tout : apparaître comme le président réformateur, quand ses deux prédécesseurs, François Mitterrand et Jacques Chirac avaient dû, certes au bout de deux mandats, en rabattre des ambitions de leurs débuts. En recevant mercredi les députés du Nouveau Centre à déjeuner, le président, particulièrement prolixe, les a ainsi assurés de sa détermination à poursuivre ses réformes jusqu'à la fin de son quinquennat, selon des participants à ce déjeuner. "Les majorités qui sont mortes sont mortes parce qu'elles n'avaient plus d'idées", mais "moi, je travaillerai jusqu'à la fin de mon quinquennat" et "je mettrai des idées nouvelles sur la table et des réformes", a-t-il assuré à son auditoire.

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Cette volonté réformatrice, il en veut déjà pour preuve sa détermination à conduire la réforme des retraites "jusqu'au bout", comme il l'a dit mercredi aux élus NC, malgré les grèves, manifestations et récriminations de l'opposition. En revanche, les critiques contre le bouclier fiscal, qualifié par François Baroin de "symbole d'injustice", commencent à porter leurs fruits : Nicolas Sarkozy a déjà écorné cette mesure phare de sa politique économique dans le cadre de la réforme des retraites et évoque même sa possible suppression l'année prochaine. Mais, à quelques mois de la présidentielle, c'est aussi une façon de retirer un angle d'attaque à l'opposition.

Une réforme de la fiscalité du patrimoine au printemps

Concrètement, que faire de cette mesure ? Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a confirmé mercredi, à l'issue du Conseil des ministres, que Nicolas Sarkozy envisageait une réforme de la fiscalité très contestée du patrimoine au printemps 2011, à la faveur d'une loi de finances rectificative : "refondre l'ensemble de notre fiscalité du patrimoine dans le cadre d'une convergence avec l'Allemagne". L'Allemagne, où n'existent ni bouclier fiscal ni impôt sur la fortune... Ce jeudi, Christine Lagarde enfonce le clou dans une interview à La Tribune : posant comme principe que "la fiscalité ne doit pas être confiscatoire", elle déclare : "Ceci étant posé, le président de la République l'a indiqué mardi aux parlementaires, le projet consiste en 2011, une fois passée la loi de finances, à se poser calmement la question de savoir comment on maintient la compétitivité de la France dans un paysage déséquilibré". Et la ministre de l'Economie appelle à "regarder en profondeur la fiscalité du patrimoine", sans pour autant se prononcer clairement sur la question de retoucher aussi à l'impôt sur le revenu : "Il faut regarder en profondeur la fiscalité du patrimoine, tous les éléments. Le paysage est ouvert, l'horizon est large".

En attendant, la commission des finances de l'Assemblée nationale a rejeté mercredi l'amendement signé par une centaine de députés UMP proposant de supprimer l'impôt de solidarité sur la fortune et le bouclier fiscal. Cet amendement au projet de loi de finances 2011, déposé par le député UMP Michel Piron et cosigné par 123 de ses collègues UMP, proposait de remplacer l'ISF et le bouclier fiscal par une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu et des prélèvements plus lourds sur les revenus du capital. Seul le groupe du Nouveau centre et quelques élus UMP ont voté pour au sein de cette commission présidée par le socialiste Jérôme Cahuzac. L'opposition a également voté contre.

Favorable à la suppression du bouclier fiscal, la gauche refuse de supprimer en même temps l'ISF. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, a accusé la majorité de ne pas "oser passer à l'acte" parce que, a-t-il dit, "elle cherche désespérément le moyen de continuer de protéger ses riches en échangeant la suppression du bouclier fiscal contre la suppression de l'ISF". Et d'ajouter : "Ce troc est un marché de dupes qui remplacerait le symbole de l'injustice par une injustice plus grande encore. On continuerait de favoriser la rente, c'est-à-dire l'argent qui dort, au détriment du travail et de l'investissement productif".

Par TF1 News (D'après agence) le 14 octobre 2010 à 08:15
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12 Commentaires

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  • jloux36, le 18/10/2010 à 09h22

    En Allemagne, les syndicats sont puissants, parce que le taux de syndicalisation des employés est fort. Vous voulez prendre exemple sur les allemands? Syndiquez vous alors!

  • clementine1218, le 16/10/2010 à 01h42

    Sambrest , nos syndicats ne sont pas foutu de réclamer des augmentations de salaire déjà que sans la pression des ouvriers ils n'iraient pas au casse pipe lors des délocalisations et c'est du vécu, hormis les pontes ( chèrèque thibaut et compagnie ) ceux a l'intérieur même des entreprises sont ceux là même qui freine et quand ils y vont c'est qu'ils n'ont plus le choix car c'est avec ou sans eux alors ne me faite pas rire . Pour être écouté il faut déjà savoir parler et non imposer d'entrer de jeu nos syndicats sont pitoyable en France alors mieux vaut réclamer son augmentation tout seul.

  • sambrest, le 15/10/2010 à 10h39

    Abstention ou pas, il paraît vraiment mal engagé pour 2012. ce sera un autre candidat, vous verrez. pour le bien de la droite et de tout le monde, ça vaudrait mieux.

  • sambrest, le 15/10/2010 à 10h38

    Oui, et en Allemagne les syndicats sont puissants parce qu'écoutés! le principal syndicat de la métallurgie vient d'obtenir 5% de revalorisation des salaires du secteur, alors que chez nous on doit se prosterner quand on obtient une petite augmentation de 0,5% du SMIC. on devrait dire merci en plus?

  • kline972, le 14/10/2010 à 17h34

    ET comment !!!

  • grivory, le 14/10/2010 à 17h13

    "Ce n'est pas en appauvrissant le riche que vous enrichirez le pauvre". Abraham Lincoln.

  • nadinelacoquine, le 14/10/2010 à 11h41

    Le problème c'est qu'on est en France avec un président différent de la bas, dommage pour nous....

  • ikix, le 14/10/2010 à 11h15

    Faire et défaire, ca c'est du boulot!

  • alea53, le 14/10/2010 à 11h00

    Partez la bas cela nous fera des vacances...!

  • diktatur, le 14/10/2010 à 10h12

    L'Allemagne est toujours le meilleur exemple à suivre dans tous les domaines,c'est la patrie du bon sens

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