L'assaut donné par Israël sur la flottille scandalise la communauté internationale. Bernard Kouchner a fermement condamné le raid. Pour lui, c'est "un incident impossible à supporter". © TF1/LCILe ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, se plaint de subir des "humiliations" des conseillers du président Nicolas Sarkozy dans une lettre de démission remise le 25 août au chef de l'Etat, affirme l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur dans son édition de jeudi.
Kouchner "humilié" mais "loyal"
Selon le Nouvel Observateur, dans une lettre de démission datée de fin août, le ministre des Affaires étrangères se plaint de subir des "humiliations" et juge que le virage sécuritaire du chef de l'Etat met fin à l'ouverture à gauche.
Publié le 07/10/2010
Dans cette lettre manuscrite qu'a pu consulter le magazine, Bernard Kouchner parle "d'inflexion sécuritaire", prend acte de "la fin de l'ouverture" à gauche opérée par Nicolas Sarkozy depuis son arrivée au pouvoir en 2007, et dénonce des "humiliations" venues "des conseillers" du président, selon la même source. Il n'a pas été possible dans l'immédiat d'obtenir un commentaire de l'entourage du ministre. Nicolas Sarkozy prépare un remaniement ministériel pour l'automne et le non-renouvellement de Bernard Kouchner au Quai d'Orsay est jugé vraisemblable dans la classe politique et au sein même du ministère.
"Loyauté et sincérité"
Toutefois, Bernard Kouchner a répondu dès mercredi soir à ces informations évoquant son désir de quitter le gouvernement. Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères réaffirme sa loyauté envers Nicolas Sarkozy, sans toutefois démentir l'existence de cette lettre. "Ayant pris connaissance d'informations de presse concernant mes relations avec l'Elysée, je souhaite réaffirmer que mes rapports avec le chef de l'Etat ont toujours été empreints de loyauté et de sincérité", écrit le chef de la diplomatie française. Bernard Kouchner affirme en outre qu'il "reste pleinement engagé dans la mise en oeuvre de la politique étrangère de la France". Ni l'Elysée ni le Quai d'Orsay n'ont souhaité faire de commentaire à ce sujet dans l'immédiat.
Il y a dix jours, Bernard Kouchner avait déjà démenti dans un communiqué des propos rapportés par la radio RTL selon laquelle le ministre était écarté de certains dossiers et avait adressé en août à Nicolas Sarkozy une lettre de démission. Toujours selon Le Nouvel Observateur, Bernard Kouchner remercie aussi dans sa missive le chef de l'Etat de lui avoir proposé le 3 août le poste bientôt à pourvoir de "Défenseur des droits", une fonction créée en juin par une loi organique. Il précise dans sa lettre y réfléchir, ajoute l'hebdomadaire.
Injonction de Sarkozy
Ce poste doit remplacer celui de Médiateur de la République. Il surpervisera trois institutions: Défenseur des enfants (créé en 2000), Commission nationale de déontologie de la Sécurité (CNDS, 2000) et la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Le vote du ministre en faveur de l'UMP aux élections européennes de juin 2009 est dû à une injonction de Nicolas Sarkozy, a d'autre part raconté Bernard Kouchner à l'hebdomadaire. "Nicolas Sarkozy m'a téléphoné. Il m'a dit qu'en tant que ministre en charge des Affaires européennes je ne pouvais que soutenir la majorité présidentielle".
Homme de gauche dans un gouvernement de droite, Bernard Kouchner, 71 ans le 1er novembre, avait déjà reconnu dans le passé avoir des difficultés avec notamment le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, et le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Jean-David Levitte. "Je ne vous dis pas que, de
temps en temps, je n'enrage pas mais j'ai l'impression de travailler tout à fait correctement", avait-il ainsi dit en mai au quotidien Le Parisien.
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