Pendant que la mobilisation contre la réforme des retraites se poursuit dans tout le pays, les sénateurs poursuivent l'examen du texte, la majorité s'efforçant (mais sans plus guère d'espoir) de le faire voter dès jeudi, et les sénateurs de l'opposition multipliant les prises de parole. Mais la nuit de mercredi à jeudi a apporté une nouveauté dans le débat : dans une ambiance surchauffée, les sénateurs ont voté un amendement de la majorité sénatoriale prévoyant en 2013 de "réfléchir" à "une réforme systémique"... autrement dit une retraite par points, amendement taxé de "manoeuvre" par la gauche.
Où trouver de l'essence ? Nos bons plans
Avec le mouvement social, plusieurs internautes signalent des difficultés à trouver du carburant dans plusieurs endroits de France. Voici les bons plans pour les aider à trouver le précieux or noir.
Publié le 18/10/2010
Sarkozy ordonne le déblocage de tous les dépôts de carburant
Intervenant devant le conseil des ministres, le chef de l'Etat a réaffirmé en outre sa volonté de mener à son terme cette réforme "difficile".
Publié le 20/10/2010
Retraites : la bataille durera-t-elle après le vote au Sénat ?
Les sénateurs PS jouent la montre : ils ont monopolisé la parole jusqu'à 3h25 ce mercredi matin, essayant de faire durer la discussion au-delà de jeudi, nouvelle date prévue par la majorité pour le vote du texte. Mais une majorité de Français veut poursuivre la mobilisation, même après ce vote.
Publié le 20/10/2010
Pourquoi le pouvoir mise sur un essoufflement
Alors que les manifestations contre la réforme des retraites ont réuni presque autant de monde que le 12 octobre, le gouvernement lutte contre la pénurie de carburant et attend impatiemment les vacances de la Toussaint.
Publié le 19/10/2010
Le Sénat capable de siéger jour et nuit jusqu'à dimanche
Le gouvernement souhaite coûte que coûte que la réforme y soit adoptée cette semaine, avant une adoption définitive la semaine suivante à l'Assemblée.
Publié le 19/10/2010
Après l'intervention de l'ancien Premier ministre socialiste Pierre Mauroy, conseillant au gouvernement de ne pas utiliser "la force" comme "sortie" du conflit sur les retraites, c'est un autre ancien Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin qui est monté au créneau. "La bataille de l'opinion vous ne l'avez pas gagnée! La seule bataille de l'opinion qui compte, c'est celle des élections et aujourd'hui cette majorité elle est légitime !", s'est emporté le sénateur. Après ces passes d'armes, les sénateurs ont voté le 33e et dernier article du projet de loi puis sont passés à l'examen d'articles additionnels. Ils ont ainsi voté trois amendements identiques, du rapporteur Dominique Leclerc (UMP), de l'Union centriste et du groupe UMP instaurant ce principe d'une réflexion sur "une réforme systémique".
"Tout ce que vous nous proposez c'est du pipeau ?"
Cette réflexion portera notamment sur "une plus grande équité" des régimes de retraites, sur "les conditions de mise en place d'une régime universel par points" et sur "les moyens de faciliter le libre choix du moment et des conditions de leur cessation d'activité". Le rapporteur UMP a souligné que la retraite par points a "fait ses preuves". Les centristes la demandent depuis plusieurs années. Ils se sont d'ailleurs félicités dans la nuit dans un communiqué de l'adoption d'un amendement "emblématique pour l'avenir des retraites". Fait non négligeable, et susceptible d'enfoncer un coin dans l'unité syndicale, il s'agit également d'un souhait de la CFDT.
Le ministre du Travail, Eric Woerth, s'est dit favorable à cette réflexion notamment dans le but le but de "renforcer la lisibilité" du système, une fois que la présente réforme "garantit l'équilibre de notre système de retraites". "On considère qu'il faut réfléchir au-delà de 2018", a assuré le président du groupe UMP dans les couloirs du Sénat, pour une nouvelle réforme qui pourrait intervenir en 2020 selon lui. Mais le PS a hurlé.
"Nous ne pouvons pas marcher dans une manoeuvre !", a lancé le sénateur PS David Assouline. "On disait que la réforme réglait le problème. Vous faisiez comme si c'était LA réforme", a-t-il critiqué, promettant d'aller revisionner les spots publicitaires du gouvernement dès le lendemain. "Pourquoi ce soir ?", s'est étonnée Christiane Demontés (PS), surprise par le fait que ces amendements aient été appelés en priorité à l'examen. "Nous aurions dû commencer par là, enfin on s'aperçoit qu'il faut une grande réforme des retraites !", a ironisé Martial Bourquin (PS). Le PS qui avait déposé un amendement similaire a d'ailleurs décidé de le retirer et a voté contre. "Cela veut dire que tout ce que vous nous proposez là c'est du pipeau ?", a renchéri le sénateur Pierre-Yves Colombat. La séance a été levée à 2h45 et reprendra à 11h45.
| Propos de Guéant sur le Sénat: "un scandale absolu" |
Le sénateur PS David Assouline a dénoncé vigoureusement mercredi les déclarations de Claude Guéant pressant le Sénat de voter la réforme des retraites. Après un après-midi particulièrement agité au Sénat - la gauche a demandé solennellement la suspension de l'examen de la réforme - l'élu de Paris a réagi en soirée aux propos du secrétaire général de l'Elysée exhortant la Haute-Assemblée à ne pas se perdre en "manoeuvres dilatoires". "C'est un scandale absolu auquel on ne doit pas s'habituer", s'est insurgé David Assouline. "Quand je suis arrivé dans cet hémicycle en 2004, il était inconcevable (...) qu'on puisse dire de l'Elysée directement comment doit travailler le Sénat !", a-t-il dit. "A tout moment, il y aurait eu quelqu'un dans vos rangs qui se serait levé et aurait dit : je n'ai jamais vu cela !", a-t-il lancé. Le ministre du Travail, Eric Woerth, a immédiatement rétorqué: "Je ne vois pas en quoi c'est choquant que l'Elysée, un moment, commente. Chacun a le droit de donner son opinion. Je remarque aussi que le Sénat commente beaucoup, beaucoup, ce que fait l'Elysée". |
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