Impôts, budget, dépendance : les engagements de Fillon

Par , le 24 novembre 2010 à 15h30 , mis à jour le 24 novembre 2010 à 19h02

Il n'y aura ni dépenses publiques supplémentaires pour relancer la croissance ni hausse d'impôt, a promis mercredi le Premier ministre lors de son discours de politique générale.

François Fillon

 
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Plus d'infos

François Fillon a obtenu mercredi sans surprise la confiance de sa majorité à l'Assemblée, avec 326 voix contre 226 voix. Dans l'après-midi, il a montré qu'il ne voulait pas faire de pause. Il a promis dans son discours de politique générale qu'il n'y aurait "ni relâchement, ni immobilisme" pendant les 18 derniers mois du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Reconduit le 14 novembre après avoir longtemps été donné partant, le Premier ministre a déclaré assumer le bilan des trois premières années du couple exécutif et rejeté toute idée de pause après une laborieuse réforme des retraites.

"Certains voudraient nous voir temporiser, rompre et nous renier", a-t-il dit aux députés dans son discours de politique générale. "Rompre avec le mouvement ? Il ne peut en être question car notre indécision serait une revanche de la peur." "Contre vents et marées, dans le calme et la tempête, contre les conservatismes et pour vaincre les peurs, l'élan de la réforme est intact", a-t-il ajouté.

François Fillon a réaffirmé que l'heure de la bataille de la croissance avait sonné, après la crise économique de 2008-2009, mais sans avoir de mesures concrètes à annoncer, faute de marges de manoeuvre en raison de l'ampleur des déficits. Pour mobiliser ses troupes, il a donc dramatisé les enjeux. La crise n'est pas finie. "L'Europe est menacée de stagnation"et la crise du surendettement, illustrée par les difficultés de l'Irlande, n'y est pas encore jugulée, a-t-il averti.
 
"Pas de hausse d'impôt"
 
"Mon premier engagement, c'est qu'il n'y aura pas de hausse d'impôt. Et ma seconde conviction, c'est que le statu quo n'est pas possible", a dit François Fillon. Nicolas Sarkozy s'était prononcé lors de son  intervention à la télévision, pour la création d'un nouvel impôt sur le patrimoine. Ce nouvel impôt doit se substituer à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), qui rapporte environ quatre milliards d'euros par an à l'Etat, et au bouclier fiscal, qui lui coûte 700 millions en plafonnant les impôts directs des contribuables à 50% de ses revenus. Le chef de l'Etat a précisé le 16 novembre que le nouvel impôt devrait taxer les revenus et les plus-values du patrimoine plutôt que le patrimoine lui-même.  Mais Nicolas Sarkozy a exclu, mercredi devant des sénateurs UMP, la création d'une nouvelle tranche d'impôt qui viserait les hauts revenus, ont indiqué à l'AFP plusieurs participants à la réunion.

"Avec le bouclier fiscal, nous avons cherché à limiter les effets d'une fiscalité inadaptée mais, il faut le dire, sans traiter le mal à la racine", a expliqué François Fillon. "Le président de la République propose de s'y atteler à travers une refonte de la fiscalité du patrimoine", a-t-il ajouté. "Nous apporterons une réponse avant l'été 2011."
 
Rigueur obligatoire ?
 
François Fillon a réaffirmé dans son discours sa volonté d'inscrire dans la Constitution française des principes garantissant la maîtrise des finances publiques, un peu à l'instar de la "règle d'or" allemande. "Nous souhaitons inscrire dans notre Constitution des principes garantissant la maîtrise des finances publiques", a dit le Premier ministre. "Le gouvernement saisira prochainement les groupes politiques d'un document d'orientation, afin de nous regardions ensemble si un consensus peut être atteint sur cette question", a-t-il dit.
 
"Tous ces efforts sont concentrés autour d'un choix politique que nous assumons: le choix de la vertu budgétaire, au nom de notre indépendance, au nom des solidarités de demain, au nom des familles qui s'agrandissent, au nom de l'avenir que nous écrivons maintenant", a-t-il ajouté. L'Allemagne a inscrit dans sa Constitution l'interdiction des déficits publics à terme.

Objectif dépendance et concertation sur la Sécu 

François Fillon a évalué à 22 milliards d'euros par an dans un premier temps, jusqu'à 30 milliards plus tard, le coût de la dépendance des personnes âgées pour laquelle le gouvernement veut mettre en place une cinquième branche de la Sécurité sociale. Il a confirmé l'intention du gouvernement de mener en 2011 une concertation nationale "sans a priori ni préjugé" sur les pistes de financement - assurance obligatoire ou facultative, collective ou individuelle.

Il a jouté  que la concertation serait élargie à toute la protection sociale, citant notamment la régulation des dépenses de santé. "Nous lancerons une concertation nationale sur la protection sociale qui  associera tous les acteurs: les partenaires sociaux, les professionnels de  santé, les mutuelles, assurances, les collectivités territoriales", a dit le  Premier ministre.  

Réformer les syndicats de patrons

Le Premier ministre a aussi plaidé pour un "nouveau réformisme social", qui passera notamment, selon lui, par la refonte des "règles de la représentativité patronale", que plusieurs syndicats et patronats appellent de leurs voeux. Une loi votée en août 2008 a réformé la représentativité syndicale. Selon cette loi, un syndicat doit notamment obtenir au moins 10% des voix aux élections des représentants aux comités d'établissement pour être considéré comme représentatif et négocier des accords.

Le Premier ministre a par ailleurs défendu les réformes passées, notamment celle des retraites, et taclé la gauche sur les 35 heures ou le fait que les lycéens soit descendus dans la rue.

Assises light?

François Fillon a évoqué la possibilité d'une modification du fonctionnement des assises, pour réduire le nombre de jurés "dans les cas les moins graves". Le nouveau ministre de la Justice, Michel Mercier, ouvrira "un large débat pour savoir comment renforcer (le) lien entre le peuple souverain et sa justice pénale", a déclaré le chef du gouvernement.

"Mobilisé" pour les otages

Sur le volet international,  François Fillon a affirmé que le sort des otages français dans le monde mobilisait "inlassablement" le gouvernement. La France assume "son message universaliste", "par la diplomatie, mais aussi par la force des armes quand cela est nécessaire", a-t-il déclaré. Elle "va se battre pour convaincre ses partenaires qu'un monde mieux équilibré et mieux régulé est nécessaire".


 

La question

Avez-vous été convaincu par le discours de politique générale de François Fillon

Oui
Non

 
 

Par Olivier Levard le 24 novembre 2010 à 15:30
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48 Commentaires

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  • zy78, le 25/11/2010 à 11h17

    Pour la dépendance, Il faut absolument lire entre les lignes. La nouveauté dans les propos du Premier Ministre est de prendre une assurance pour faire face à cette dépendance. Elle pourrait être obligatoire ! ! De plus on nous annonce que dans quelques années la quantité des seniors de 75 ans va doublés. Je vois déjà les assurances et les Banques se frotter les mains de voir arriver toutes ces juteuses cotisations. Mais là, on dépendra d'ELLES. Merci Président de penser à vos amis pour les 18 mois à venir .

  • didier60190, le 25/11/2010 à 10h31

    Le discourt de Monsieur Fillon à la tribune de l'Assemblée Nationale a dû être écrit par le Président Sarkozy, et le porte parole du Président Sarkozy n'a fait que de lire le discourt du Président.

  • cyprienne93, le 25/11/2010 à 10h25

    La dépendance est déjà payée par la classe moyenne.Lorsque vous devenez dépendant (alzheimer) et placé en maison de retraite médicalisée (minium 2500 euros/mois en plublic) si votre retraite ne peut pas couvrir les frais, l'administraion fait le recensement de tous vos biens et de votre conjoint, ceux de vos enfants et petit-enfants. 90 % de la retraite est prise pour financer la maison de retraite, une autre partie sera demandé au conjoint selon le montant de sa retraite et ses dépenses pour vivre même chose pour les enfants et petit enfants. Au décès du malade le montant qui n'a pas pu être financé est prélevé sur la succession. Si la personne dépendante est propriètaire de sa maison, l'état récupère l'argent, s'il n'y a pas de bien immobilier; c'est l'état qui finance. A mon avis, c'est cette partie là que le gouvernement ne veut plus financer. La procédure actuelle restera ainsi et une sorte de taxe/mutuelle dépendance va être imposée au plus de 50 ans. Donc c'est bien la classe moyenne qui paie déjà et va payer encore plus.

  • birdofprey, le 25/11/2010 à 09h58

    Il reste des partis a essayer ... osons !!!

  • mer78, le 25/11/2010 à 09h49

    On s en apercevra le jour des departs en vacances elle va aller dans le mur de neige

  • galabru22, le 25/11/2010 à 09h46

    Il n'y a que la santé de ma banque qui m'intéresse, ainsi que le cours de la bourse, bien faible cette année, où je serai perdant. c'est la vie..on nous demande d'investir, dans les entreprises, mais si c'est à perte non merçi (et je suis qu'un "petit" épargantn retraité , juste pour augmenter ma retraite..")

  • sincere86, le 25/11/2010 à 08h36

    Les sacrifices se font toujours par le bas

  • titizom, le 25/11/2010 à 07h01

    Gribouille69000 : c'est marrant on a l'impression que la France est né il y a 3ans avant c'était le néant ? le pays était déjà mal en point depuis un moment, je dirais une quinzaine d'année par ce que je suis encore jeune....la France ne sait jamais remis de la première crise pétrolière....

  • kosotto1, le 25/11/2010 à 00h03

    à roroal : croyez moi cela continue, l'argent du par l'état aux collectivités n'est toujours pas reversé et ce gouvernement a en plus, supprimé la taxe professionnelle au grand dam des maires (qui n'ont pas manqué de le rappeler hier à notre Président) taxe qui était une source importante de revenus pour nos communes. Son remplacement n'est pas aussi avantageux pour les communes.

  • canouh, le 25/11/2010 à 00h00

    On y est déjà dans le MUR !!!!

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