Devedjian accuse les Sarkozy de pressions pour l'évincer

le 19 novembre 2010 à 17h00 , mis à jour le 19 novembre 2010 à 17h59

Le président du conseil général des Hauts-de-Seine accuse, dans Le Monde, l'Elysée et Jean Sarkozy d'avoir multiplié les pressions sur les élus du département pour qu'il ne soit pas réélu lundi soir à la tête de la fédération UMP locale. Un élu a confirmé une "altercation" avec le fils du président.

Patrick Devedjian UMP Réformes FillonPatrick Devedjian à l'Elysée en 2007 © Abacapress

Patrick Devedjian accuse vendredi, dans une interview au Monde, l'Elysée d'avoir multiplié les pressions sur les élus des Hauts-de-Seine pour qu'il ne soit pas réélu à la tête de la fédération UMP dans ce département, visant également son rival Jean Sarkozy, le fils du président. Président du conseil général des Hauts-de-Seine, M. Devedjian, qui n'a pas conservé son poste de ministre de la Relance lors du remaniement, a été battu lundi soir par le député-maire de Chaville Jean-Jacques Guillet lors des élections internes à la fédération UMP (319 voix contre 180 voix).

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Selon sa version, M. Devedjian a été "convoqué" le 15 octobre "en urgence par Nicolas Sarkozy", qui "s'est ému que cinq candidats se présentent contre son fils Jean aux élections internes de l'UMP à Neuilly". Nicolas Sarkozy "m'en a rendu responsable. J'ai dit que c'était faux. Il ne m'a pas cru et, très mécontent, m'a dit que j'aurais bientôt ‘une surprise'", affirme l'ancien ministre. "Quelque temps après, j'ai appris qu'Olivier Biancarelli, attaché parlementaire de l'Elysée, et Eric Cesari, directeur général de l'UMP, téléphonaient aux principaux responsables politiques des Hauts-de-Seine pour leur dire de voter pour Jean-Jacques Guillet qui venait, oh surprise !, de se déclarer candidat contre moi à la présidence de la fédération", raconte aussi M. Devedjian. Evoquant une "campagne orchestrée", il vise notamment les élus de Levallois et intimes du président, Patrick et Isabelle Balkany, le secrétaire départemental de l'UMP Philippe Pémezec, qui "n'a cessé de violer son devoir de neutralité", ainsi qu'un élu proche de Jean Sarkozy, Thierry Solère.
 
Un élu confirme une "altercation" avec Jean Sarkozy
 
Le fils du président n'est pas épargné. "Lionnel Rainfray, élu UMP de Colombes et délégué de la première circonscription, m'a rapporté qu'il avait fait directement l'objet de pressions de la part de Jean Sarkozy. Celui-ci l'aurait menacé de ‘briser sa carrière politique' s'il votait pour moi", rapporte Patrick Devedjian.
 
Vendredi après-midi,  Lionnel Rainfray a confirmé avoir eu une "altercation" avec le fils du président, Jean Sarkozy, à propos de ce vote interne à l'UMP, mais il a démenti avoir reçu des "pressions" pour évincer Patrick Devedjian lors de ce scrutin. Jean Sarkozy "ne me l'a pas dit dans des termes aussi brusques" mais "il m'a fait comprendre que c'était bien de voter pour son candidat", Jean-Jacques Guillet, député-maire de Chaville et "pasquaïen" historique. "Il (Jean Sarkozy) m'a fait largement comprendre que c'était un mauvais choix pour moi (de voter Devedjian, ndr)... c'est des choses qui se comprennent", a ajouté M. Rainfray, qui est aussi PDG du groupe de lingerie Arthur. "Le ton était assez fort. C'est pour ça d'ailleurs que j'ai été en parler à Patrick (Devedjian) en lui disant que je ne pensais pas qu'être un de ses soutiens m'amènerait à en prendre autant plein la figure de la part de Jean (Sarkozy)", a-t-il raconté. "Je n'ai pas l'habitude de me laisser dicter ma conduite et j'ai maintenu mon vote pour Patrick Devedejian", a-t-il ajouté, précisant par ailleurs qu'il n'était que "délégué de circonscription", autrement dit "pas grand-chose".  
 
Pour Patrick Devedjian, rien n'a été laissé au hasard au moment du vote. "M. Pémezec a fait installer une urne pour chacune des 13 circonscriptions UMP qui composent la fédération. Lors du dépouillement, il était facile de vérifier où la consigne de faire voter pour Guillet n'était pas respectée", décrit-il. "Les électeurs étaient accueillis par Patrick et Isabelle Balkany ainsi que Thierry Solère qui leur demandaient pour qui ils allaient voter. S'ils disaient ‘pour Devedjian', ils étaient pris par le bras et emmenés vers Jean-Jacques Guillet. Ceux qui persévéraient étaient présentés à Jean Sarkozy", assure aussi M. Devedjian. "Je ne doute pas que pour me faire battre à la présidence du conseil général, ils utiliseront la même méthode qu'aujourd'hui", ajoute encore le patron de la collectivité, dont le poste sera renouvelé après les cantonales de mars 2011. Thierry Solère et Philippe Pemezec ont appelé vendredi le président du conseil général à "garder son calme" et à "dépasser ses aigreurs".

le 19 novembre 2010 à 17:00
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24 Commentaires

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  • maba75, le 24/11/2010 à 12h11

    AH......... Le pouvoir, qu'est ce qu'on t'aime!!!!!!

  • kosotto1, le 21/11/2010 à 00h19

    Parfaitement d'accord avec vous, il est grand temps de rétablir un peu de morale publique !

  • papinou0_10, le 20/11/2010 à 22h38

    Pauvre Devedjan ,j'ai pitié de lui......il n'a que ce qu'il mérite ...il a sali ,insulté ,menti .....juste retour des choses ...surtout de la part de ses "amis"

  • le55rescator230, le 20/11/2010 à 20h10

    Attention , 30 % de quel sondage , ceux de l'Elysée ?

  • vlady49, le 20/11/2010 à 18h19

    Je me demande ce que fait encore monsieur Balkany (ami très personnel de monsieur Sarkozy) en politique , cet homme qui a été condamné par la justice ne devrait avoir aucun mandat électif. Si tout homme élu utilise ces fonctions pour en tirer profit , la logique et la décence voudraient que cet homme soit interdit à VIE de tout mandat électoral , je prends comme exemple Balkany, mais cet loi devrait s'appliquer à tous : à gauche comme à droite!!

  • bebert59560, le 20/11/2010 à 12h05

    En toute objectivité: très bon!

  • alain-paris, le 20/11/2010 à 09h17

    Déjà remarqué à quel point l'amertume pouvait rendre lucide

  • kosotto1, le 20/11/2010 à 00h58

    Je suis toujours stupéfait par la façon dont les hommes politiques peuvent se comporter lorsqu'ils sont en représentation publique ou lorsqu'ils sont dans le domaine privé. Ainsi nous avons vu cette semaine Nicolas Sarkozy à la télévision, grave et solennel, semblant sincèrement préoccupé par les problèmes de la France et des français et puis une fois la caméra partie, on trouverait un Nicolas Sarkozy, manipulateur, comploteur, faisant ou défaisant des alliances au gré de ses intérêts, ou lâchant ses amis tel Mr Devedjian pour céder au népotisme ou satisfaire son désir de pouvoir bref une sorte de Dr Jekyll et Mr Hyde. Je parle ici de Mr Sarkozy puisque c'est de lui qu'il est question dans votre article. Malheureusement la liste n'est pas exhaustive et nombre de politiques de droite comme de gauche ont une fâcheuse tendance à se comporter de la sorte

  • freud1954, le 19/11/2010 à 23h26

    @ploucdauphinois "c'est quoi la pensée gaulliste au 21ème siècle ?" manifestement , une idée un peu plus élevée que la votre de la politique , puisque vous avouez en ignorer les principes ! je me console en me disant que je ne suis certainement pas le seul en France à rester fidèle à la mémoire d'un homme qui poussait l'intégrité jusqu'à payer ses notes d'électricité à l'Elysée - et évidemment pas pour ces seules raisons !! !

  • thierrymeylan, le 19/11/2010 à 22h19

    Qui a dit "Les français sont des veaux" le Général de Gaulle

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