Une fois de plus, le ton monte entre les medias et l'Elysée. Accusé par Mediapart de piloter des opérations illégales de surveillance de journalistes, le bras droit du président Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, a décidé de contre-attaquer en portant plainte contre le site d'information en ligne.
Espionnage : Guéant cite Médiapart en justice pour diffamation
Le secrétaire général de l'Elysée a déposé vendredi à Paris une citation en diffamation contre Médiapart et son directeur Edwy Plenel, qui l'avait accusé d'avoir "impulsé" et "coordonné" l'espionnage de deux de ses journalistes.
Publié le 12/11/2010
Ecoutes: l'Etat agit "dans le strict respect des libertés publiques"
François Fillon a assuré mercredi à l'Assemblée nationale, qu'il "ny avait pas de complot" après des accusations d'espionnage de journalistes par l'Elysée.
Publié le 10/11/2010
Espionnage téléphonique : Matignon rappelle à l'ordre l'Intérieur
Les services du Premier ministre ont rappelé en octobre au ministère de l'Intérieur qu'il était interdit de se procurer directement les factures détaillées auprès des opérateurs téléphoniques, révèle France Info.
Publié le 10/11/2010
Espionnage de journalistes: le patron de la DCRI auditionné au Parlement
Le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, et le directeur de la DCRI, Bernard Squarcini, ont été entendus pendant 2h30 jeudi par la Délégation parlementaire au Renseignement (députés et sénateurs).
Publié le 04/11/2010
"Les affaires de barbouzes arrivent toujours quand le pouvoir est fragilisé"
<b>Interview -</b> Pour Jean-Marie Charon, sociologue spécialiste des médias au CNRS, les vols d'ordinateurs et la récupération de fadettes de journalistes travaillant sur l'affaire Bettencourt visent à intimider les sources. Des dérives graves qui mettent en péril le travail des médias.
Publié le 02/11/2010
Ecoutes téléphoniques : le Canard Enchaîné accuse, Matignon dément
Matignon dément que le directeur de cabinet de François Fillon, Jean-Paul Faugère, ait "validé un accès sans contrôle" à des écoutes téléphoniques, sans en référer à la commission compétente, comme l'affirme le Canard enchaîné dans son édition de mercredi.
Publié le 28/09/2010
Sarkozy accusé de "superviser l'espionnage" de journalistes
Le Canard enchaîné affirme mercredi que le chef de l'Etat a mis sur pied un groupe de plusieurs anciens policiers des RG chargé de surveiller les journalistes se livrant "à une enquête gênante pour lui ou pour les siens". L'Elysée et la DCRI démentent.
Publié le 03/11/2010
Sarko et l'espionnage des journalistes, du "grand n'importe quoi"
Le patron de l'UMP a déclaré mercredi que le Canard enchaîné était tombé dans du "grand délire" en affirmant que le Président de la République orchestrait lui-même l'espionnage des journalistes qui enquêteraient sur lui.
Publié le 03/11/2010
"Je poursuis Mediapart pour diffamation par voie de citation directe", a ainsi déclaré le secrétaire général de l'Elysée, en précisant que ce serait "fait la semaine prochaine". Selon le principal collaborateur du chef de l'Etat, les accusations portées contre lui par Mediapart "n'ont aucune espèce de fondement". "C'est indigne. On ne peut pas laisser passer de tels procédés, laisser dire des mensonges qui déshonorent les gens". L'avocat de Claude Guéant, Me Jean-Yves Dupeux, a précisé que la plainte de son client était "en cours".
La réponse de Mediapart n'a pas tardé : "C'est l'hôpital qui se moque de la charité", a aussitôt réagi le patron du site d'information en ligne, Edwy Plenel. Et de contre-attaquer en voyant dans cette plainte une aubaine pour les médias : "Si Claude Guéant) maintient cette décision, ce sera une superbe occasion d'un procès où la liberté de l'information mettra en évidence la part d'ombre de cette présidence".
Journalistes "géolocalisés"
A l'origine de cette plainte, il ya un article paru jeudi sur Mediapart : deux journalistes enquêtant sur les affaires Karachi et Woerth/Bettencourt y affirment avoir été pistés et "géolocalisés" par les services français- avait cité Claude Guéant comme étant chargé des opérations de surveillance. Dans son édition de samedi, Le Journal du Dimanche, qui révèle le dépôt de plainte, affirme d'ailleurs que non seulement Claude Guéant mais aussi Bernard Squarcini, directeur de la DCRI, le contre-espionnage français, ont décidé de poursuivre Mediapart. Le chef des services de renseignement déclare en outre au JDD que ces informations visent à "déstabiliser la boutique à un moment où la menace terroriste n'a jamais été aussi forte".
Dans son édition de mercredi, le Canard Enchaîné avait lui accusé Nicolas Sarkozy de superviser "personnellement" l'espionnage de certains journalistes chargés de la couverture d'affaires sensibles, une allégation qualifiée de "totalement farfelue" par l'Elysée. Selon l'hebdomadaire, qui citait des sources anonymes au sein de la DCRI, "un groupe" a même été monté à cette fin, composé de "plusieurs anciens policiers des RG", qui "se procurent les factures détaillées du poste fixe et du portable du journaliste à espionner".
Mediapart cible d'attaques
Du côté des autorités, on avait encore réfuté : "Il n'existe pas de cabinet noir à la DCRI", avait rétorqué mercredi le patron du contre-espionnage dans une déclaration à l'AFP. "Aucun groupe n'est chargé de s'intéresser aux journalistes" à la Direction centrale du renseignement intérieur, avait ajouté M. Squarcini en précisant alors qu'il étudiait "la possibilité de déposer plainte pour diffamation". Le Canard Enchaîné a quant à lui maintenu ses affirmations.
Mediapart a déjà fait l'objet d'assignations en justice dans le cadre de l'affaire Woerth/Bettencourt. En juillet, Liliane Bettencourt et son gestionnaire de fortune Patrice de Maistre avaient ainsi tenté en vain d'obtenir le retrait des enregistrements clandestins entre la milliardaire et son entourage. Le site d'information a aussi été la cible d'attaques très vives du gouvernement et de l'UMP, qui l'accusent de recourir à des méthodes "anti-démocratiques", voire "fascistes".
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Espionnage : Guéant cite Médiapart en justice pour diffamation
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