Copé ne garde rien de l'héritage Bertrand à l'UMP
Très critique sur l'ancien fonctionnement du parti, le nouveau secrétaire général de l'UMP a promis mercredi matin "d'ouvrir les portes et les fenêtres". "Les structures corsetées, c'est fini", a-t-il affirmé.
Publié le 24/11/2010
Jean-François Copé est sur tous les fronts. Invité dimanche soir du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le patron de l'UMP est revenu sur différents sujets qui font l'actualité politique ; affaire de Karachi, présidence de l'UMP et brouille avec Patrick Devedjian.
A propos de Karachi, Jean-François Copé a estimé que la mission d'information parlementaire sur l'affaire Karachi ayant "terminé son travail", on ne pouvait pas la réactiver, ajoutant toutefois qu'on pouvait en créer une autre à la demande de la commission de la Défense. Une manière de répondre au rapporteur PS de la mission Bernard Cazeneuve, ainsi que des familles de victimes et des députés PS, comme Jérôme Cahuzac, qui ont demandé que la mission -qui a rendu ses conclusions en mai- soit réactivée. "On peut en refaire une autre si on le souhaite, et en l'occurrence s'il s'agit d'en refaire une, c'est de la compétence de la Commission de la Défense à l'Assemblée", a ajouté le député de Seine-et-Marne qui présidait le groupe UMP au moment de la mise en place de cette mission.
"La piste terroriste demeure"
Sur le fond du dossier, il s'est dit "bien incapable aujourd'hui d'interpréter ce qui a pu motiver" l'arrêt du versement des commissions sur des ventes d'armes au Pakistan par le président de la République de l'époque Jacques Chirac, "en dehors du souci de moralisation". Quant aux déclarations de Dominique de Villepin qui a confirmé l'existence de "très forts soupçons de rétrocommissions", M. Copé a rappelé que les rétrocommissions "ont toujours été illégales". "Sur des sujets aussi graves, ou bien on a des preuves et on le dit, ou bien on n'en a pas et on est prudent", a-t-il souligné. "La justice doit faire son travail, et d'ailleurs elle le fait. Et elle doit bénéficier pour cela de tous les éléments qu'elle souhaite", a-t-il dit. Il a rappelé que quelques mois après l'attentat, Ben Laden s'en était "réjoui". Et à ce jour, "la piste terroriste demeure", a-t-il ajouté.
Interrogé sur l'UMP, le nouveau patron du parti présidentiel a annoncé qu'il allait créer, comme à l'Assemblée nationale, des "commissions thématiques" au sein du Conseil national du parti, dont il veut faire un "parlement". Le premier vice-président du Conseil national, Jean-Pierre Raffarin, "a eu l'idée, et je la partage entièrement, d'organiser cette instance comme un parlement", avec des "commissions thématiques comme à l'Assemblée nationale", a-t-il expliqué. Ces commissions pourraient ainsi associer toutes les sensibilités de l'UMP: "les anciens gaullistes, les anciens libéraux, et les anciens centristes", a-t-il ajouté, reprenant sa formule d'"union sacrée" face à "l'adversaire socialiste qui s'est refait une santé", a ajouté M. Copé.
"Tensions internes à l'UMP"
Le patron de l'UMP Jean-François Copé a enfin regretté les propos "très sévères" de Patrick Devedjian accusant l'Elysée de pressions pour empêcher sa réélection à la tête de la fédération UMP des Hauts-de-Seine, estimant qu'il fallait y remettre "un peu d'apaisement". "Il y a eu une élection, (Patrick Devedjian) en conteste la régularité", et "il y aura sans doute à regarder cela (...) d'ici quelques jours", a expliqué M. Copé. Mais Patrick Devedjian a tenu des propos "tout de même très sévères et je les regrette", a-t-il estimé.
Notant des "tensions internes" dans "un certain nombre de fédérations UMP", il est revenu sur celle des Hauts-de-Seine qui est "évidemment un peu particulière puisque c'est celle dont le président de la République est issu." "Il faut maintenant mettre un peu de dialogue et d'apaisement dans cette fédération", a ajouté le secrétaire général du parti présidentiel, allusion à la rivalité entre le fils du chef de l'Etat Jean Sarkozy et M. Devedjian pour le renouvellement de la présidence du conseil général en 2011.
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