La France avait été prévenue il y a quatre ans par l'OCDE, mais les choses ne s'arrangent pas vraiment. La dernière livraison de l'enquête "Pisa" (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) sur la capacité du système éducatif français à corriger les inégalités est sévère. Et nul doute que ce rapport sera largement utilisé lors de la prochaine campagne présidentielle où droite et gauche vont se renvoyer la responsabilité de ce constat. Dès mardi, le "Monsieur Education" du PS Bruno Julliard a dénoncé "un échec" du gouvernement dans ce dossier, affirmant que "la France doit recommencer, comme tous ses partenaires, à investir dans l'éducation, à tous les niveaux, depuis la maternelle jusqu'à l'université".
Education : le PS va-t-il oser ?
Le projet ne sera dévoilé qu'à la fin de l'année mais des pistes novatrices semblent déjà retenues : raccourcissement des vacances scolaires ou dépassement du seul discours sur les moyens..
Publié le 07/09/2010
Comment économiser dans l'Education ? En ayant moins de profs...
Selon des documents diffusés aux rectorats, une douzaine de pistes sont mises à l'étude pour faire des économies. Parmi elles : plus d'élèves par classe, suppression des enseignants spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire...
Publié le 01/06/2010
Le monde de l'Education bat le pavé
Des milliers d'enseignants ont défilé samedi à Paris pour protester contre les suppressions de postes et la réforme de la formation des professeurs.
Publié le 30/01/2010
Darcos vante "L'immense succès" de l'Education nationale
En visite mardi au lycée Buffon à Paris, Xavier Darcos a vanté un système éducatif "extrêmement performant", notamment.
Publié le 02/09/2008
Education : La France à la traîne en compréhension de l'écrit
Selon l'enquête PISA, les élèves Français ne comprennent pas assez bien ce qu'ils lisent. La France se place 18e sur 34 pays.
Publié le 07/12/2010
De son côté, Luc Chatel a réagi sans triomphalisme : "Un prof dirait : Peut mieux faire, et ajouterait : Mobilisation générale face à deux fléaux". Selon le ministre de l'Education, ces "faiblesses" sont "l'importance des élèves en difficulté" (20% selon l'enquête Pisa contre 15% en 2000) et "le déterminisme social", autrement dit la forte influence du statut socioéconomique des parents sur les résultats de leurs enfants. "Ce phénomène est plus important que dans la moyenne des pays de l'OCDE et il s'est accentué", a justement relevé le ministre de l'Education nationale.
Comme lors de la précédente enquête de 2006, la France se situe dans la moyenne de l'OCDE pour les trois compétences étudiées (21e sur 65 en compréhension de l'écrit, 22ème en mathématiques et 27e en sciences), loin derrière la tête du classement 2009 composée de Shanghai, Corée du Sud et Finlande. Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) de 2009 compte les 34 pays membres de l'OCDE, ainsi que 31 pays ou économies partenaires, comme Shanghai qui participait pour la première fois. Si la place de l'Hexagone est peu enviable, les résultats révèlent en plus de fortes inégalités, en hausse durant la décennie 2000. En effet, la proportion des élèves "performants" comme celle des élèves "en très grande difficulté scolaire" sont toutes deux au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE, relève l'Organisation. Par rapport à "Pisa" 2000, première édition de l'enquête, la proportion des élèves de 15 ans "les moins performants en compréhension de l'écrit" est passée de 15% à 20%.
"C'est un signal d'alarme pour la France"
Dans le même temps, le pourcentage des plus performants a augmenté de 8,5% à 9,6%. De la même façon, la proportion des élèves les plus faibles en mathématiques a augmenté de 16,6% en 2003 à 22,5% en 2009, alors que la proportion des meilleurs restait sensiblement identique. "Il y a de plus en plus d'élèves en échec scolaire, les inégalités se sont creusées. C'est un signal d'alarme pour la France qui avait déjà été tiré par l'OCDE en 2006 et qui l'est de nouveau", a commenté pour l'AFP Eric Charbonnier, expert éducation à l'Organisation.
La comparaison avec le Danemark est instructive, relève-t-il: les deux pays sont moyens, mais la France parce que "la proportion de son élite est toujours aussi importante", alors que le Danemark a surtout peu d'élèves faibles. C'est qu'en France, l'école ne parvient pas à corriger les inégalités de départ: "l'impact du milieu socio-économique sur la performance" y est plus grand que la moyenne OCDE. Les comparaisons relèvent que la France gagnerait à faire du soutien plus individualisé dans les écoles ou à réduire les redoublements: "Il n'y a pas de fatalité", assure M. Charbonnier, car Corée du Sud, Japon ou Canada par exemple parviennent à concilier performance et équité.
Outre ces pays, les plus performants, selon "Pisa" 2009, sont la ville chinoise de Shanghai, la Finlande, l'Australie ou les Pays-Bas, l'Asie trustant les cinq premières places en mathématiques. Globalement, Allemagne, Pologne et Portugal s'améliorent, mais Suède, Irlande ou République tchèque reculent. Partout, les filles devancent les garçons, avec un écart moyen représentant l'équivalent d'une année d'études. Grâce à des questions sur l'environnement d'apprentissage, on apprend aussi que la France se classe parmi les pays "où la discipline est la moins respectée", même si environ deux tiers des élèves disent bénéficier de classes disciplinées. Les enseignants français tirent par ailleurs leur épingle du jeu: ils encouragent leurs élèves à lire plus que la moyenne OCDE et l'affirmation selon laquelle "la plupart de mes enseignants me traitent de façon juste" a recueilli 16 points de pourcentage de plus en 10 ans.
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