Lionel Jospin lors de la soirée présentant le documentaire "Lionel raconte Jospin" © TF1/LCIUn œil dans le rétroviseur, l'autre vers 2012. Pour son « Grand Oral » devant 300 étudiants de l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble ce jeudi soir, Lionel Jospin choisit son refrain : « rassembler » la gauche en vue de l'élection présidentielle. « Il faut que la gauche se rassemble, (...) les conditions pour la victoire d'un candidat de la gauche, qui sera sans doute un candidat socialiste, sont réelles, elles sont presque réunies » martèle l'ancien Premier ministre, chaudement applaudi. Convaincu qu'il était possible de l'emporter « en 2002, comme en 2007 », il appelle son camp à ne pas « ruiner » ses chances en ne cédant pas à la division. Et comme un avertissement au reste de la gauche, Jean-Luc Mélenchon en tête, il lance avec fermeté : « vouloir faire perdre un candidat socialiste, quel qu'il soit, c'est faire gagner Nicolas Sarkozy ».
Invité à se prononcer sur la probabilité d'un nouveau « 21 avril », Lionel Jospin estime que le « risque » existe toujours de voir le Front National accéder au second tour. Pour « conjurer ce mauvais sort », il met en garde les leaders de l'opposition contre la multiplication des candidatures, rappelant que son « bon score » obtenu en 1995 lors du premier tour (23%) est le fruit d'un dispositif « rationnel, intelligent, de bon sens » qui a vu la « gauche de gouvernement » présenter trois candidats au lieu de cinq, en 2002. « Le message est valable pour la prochaine élection présidentielle » insiste-t-il.
"Je ne suis pas un donneur de leçon"
Pressé de questions durant deux heures, le « camarade Jospin » - apostrophe d‘un spectateur - ne dit mot sur les candidats potentiels ou déclarés à la primaire socialiste, « tous proches » de lui assure-t-il. Il confie d'ailleurs ne « pas savoir » s'il s'exprimera entre juillet et octobre, « ensuite, je jouerai le rôle qu'on souhaitera que je joue (...) en tous cas aujourd'hui je ne voudrais pas apparaître comme 'la mouche du coche' du PS, je ne suis pas un donneur de leçon » prend-il soin de préciser, suggérant toutefois au détour d'une phrase l‘efficacité économique, la justice, la protection des services publics ou la sécurité comme possibles thèmes de campagne de celui ou celle qui portera les couleurs socialistes à l'automne. Quant au mode de désignation lui-même, s il avoue avoir « voté contre les primaires » en 2009, il s'empresse d'ajouter : « à partir du moment où la décision a été prise, je ne dirai rien contre. »
Cette retenue, il ne l'observe pas lorsqu'il s'agit de parler de Nicolas Sarkozy. Très critique sur sa politique sécuritaire (« un échec »), il lui reproche sur le plan international une double faute « d'analyse et de stratégie » concernant ses objectifs annoncés le 24 janvier pour le G20. « En ne voulant pas remettre en cause le rôle du dollar, on ne pourra pas réformer le système monétaire international » assène-t-il, visiblement très préoccupé par le sujet. « De même, quand Nicolas Sarkozy affirme ‘nous ne sommes pas pour un retour aux parités fixes‘ cela veut dire que l'on va continuer à avoir des fluctuations insensées sur les marchés des changes et la spéculation fera gonfler la bulle financière » s'inquiète Lionel Jospin, partisan d'une plus grande stabilité des monnaies. Ces arguments, l'ancien Premier ministre socialiste aura l'occasion de les développer face au chef de l'Etat dans les prochains jours, puisqu' « au nom de la courtoisie républicaine » il confirme avoir répondu « présent » à son invitation à l'Elysée.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




