La mise en garde de Jospin

Par Par Cyril Adriens (journaliste LCI sur place), le 28 janvier 2011 à 18h07 , mis à jour le 28 janvier 2011 à 20h35

L'ancien Premier ministre a exhorté jeudi soir la gauche à se " rassembler " en vue de 2012, lors d'une intervention à Grenoble devant les étudiants de l'Institut d'Etudes Politiques.

Lionel Jospin lors de la soirée présentant le documentaire "Lionel raconte Jospin"Lionel Jospin lors de la soirée présentant le documentaire "Lionel raconte Jospin" © TF1/LCI

Un œil dans le rétroviseur, l'autre vers 2012. Pour son « Grand Oral » devant 300 étudiants de l'Institut d'Etudes Politiques de Grenoble ce jeudi soir, Lionel Jospin choisit son refrain : « rassembler » la gauche en vue de l'élection présidentielle. « Il faut que la gauche se rassemble, (...) les conditions pour la victoire d'un candidat de la gauche, qui sera sans doute un candidat socialiste, sont réelles, elles sont presque réunies » martèle l'ancien Premier ministre, chaudement applaudi. Convaincu qu'il était possible de l'emporter « en 2002, comme en 2007 », il appelle son camp à ne pas « ruiner » ses chances en ne cédant pas à la division. Et comme un avertissement au reste de la gauche, Jean-Luc Mélenchon en tête, il lance avec fermeté : « vouloir faire perdre un candidat socialiste, quel qu'il soit, c'est faire gagner Nicolas Sarkozy ».
 
Invité à se prononcer sur la probabilité d'un nouveau « 21 avril », Lionel Jospin estime que le « risque » existe toujours de voir le Front National accéder au second tour. Pour « conjurer ce mauvais sort », il met en garde les leaders de l'opposition contre la multiplication des candidatures,  rappelant que son « bon score » obtenu en 1995 lors du premier tour (23%) est le fruit d'un dispositif « rationnel, intelligent, de bon sens » qui a vu la « gauche de gouvernement » présenter trois candidats au lieu de cinq, en 2002. « Le message est valable pour la prochaine élection présidentielle » insiste-t-il.

"Je ne suis pas un donneur de leçon"
 
Pressé de questions durant deux heures, le « camarade Jospin » - apostrophe d‘un spectateur - ne dit mot sur les candidats potentiels ou déclarés à la primaire socialiste, « tous proches » de lui assure-t-il. Il confie d'ailleurs ne « pas savoir » s'il s'exprimera entre juillet et octobre, « ensuite, je jouerai le rôle qu'on souhaitera que je joue (...) en tous cas aujourd'hui je ne voudrais pas apparaître comme 'la mouche du coche' du PS, je ne suis pas un donneur de leçon » prend-il soin de préciser, suggérant toutefois au détour d'une phrase l‘efficacité économique, la justice,  la protection des services publics ou la sécurité comme possibles thèmes de campagne de celui ou celle qui portera les couleurs socialistes à l'automne. Quant au mode de désignation lui-même, s il avoue avoir « voté contre les primaires » en 2009, il s'empresse d'ajouter : « à partir du moment où la décision a été prise, je ne dirai rien contre. »
 
Cette retenue, il ne l'observe pas lorsqu'il s'agit de parler de Nicolas Sarkozy. Très critique sur sa politique sécuritaire (« un échec »), il lui reproche sur le plan international une double faute « d'analyse et de stratégie » concernant ses objectifs annoncés le 24 janvier pour le G20. « En ne voulant pas remettre en cause le rôle du dollar, on ne pourra pas réformer le système monétaire international » assène-t-il, visiblement très préoccupé par le sujet. « De même, quand Nicolas Sarkozy affirme ‘nous ne sommes pas pour un retour aux parités fixes‘ cela veut dire que l'on va continuer à avoir des fluctuations insensées sur les marchés des changes et la spéculation fera gonfler la bulle financière » s'inquiète Lionel Jospin, partisan d'une plus grande stabilité des monnaies. Ces arguments, l'ancien Premier ministre socialiste aura l'occasion de les développer face au chef de l'Etat dans les prochains jours, puisqu' « au nom de la courtoisie républicaine » il confirme avoir répondu « présent » à son invitation à l'Elysée.

Par Par Cyril Adriens (journaliste LCI sur place) le 28 janvier 2011 à 18:07
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55 Commentaires

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  • kline972, le 01/02/2011 à 05h01

    A dom145 : à 100 % d'accord avec vous !

  • juin1940, le 31/01/2011 à 13h04

    Juin1940 on parle de la maladie de J . CHIRAC , on devrait ce préoccuper des troubles de mémoire de Jospin !il s'est retiré de la vie politique , qu'il reste en dehors de toutes ces magouilles de la gauche qui ne présente rien aux Francais ,n les vrais .

  • violette1951, le 31/01/2011 à 12h35

    Avoir traité le dossier des retraites n'est vraiment pas un exploit à mon avis, en fait, dire aux gens qu'ils vont devoir travailler plus longtemps est à la portée du premier imbécile venu. Ce qui aurait été un véritable exploit c'est d'avoir trouvé de l'argent par ailleurs, sans toucher les plus modestes et les plus fatigués, car ne nous y trompons pas, c'est la grande majorité des gens qui ne pourront pas - physiquement - travailler au-delà de 60 ans. Nous n'allons pas tarder à connaître dans les toutes premières années qui viennent, les retombées de cette si ... petite initiative !

  • ouzouz31, le 30/01/2011 à 10h42

    Jospin veut voir les siens rassembles ,mais lui s'est tres rapidement desunit de Cintegabelle,qui la accueillit pour son projet,et ou il n'a plus jamais remis les pieds.Quel mepris pour ceux qui l'ont aides,il est nul!

  • butineuse, le 30/01/2011 à 10h25

    La sécurité comme thème de campagne à gauche = l'hôpital qui se moque de la charité !

  • zrep, le 30/01/2011 à 00h17

    Vous êtes bien optimistes. Souvent on s'y perd de cette manière;

  • rose-marie54, le 29/01/2011 à 20h13

    @kline 972je travaillais,et dans mon entreprise tous syndicats confondus étaient contre les 35 heures

  • maxoutom, le 29/01/2011 à 20h08

    Pourquoi en son temps n a t il pas traite le dossiet des retraites? Plus facile de critiquer que d agir quand ca peut contrarier les electeurs

  • maxoutom, le 29/01/2011 à 20h08

    Pourquoi en son temps n a t il pas traite le dossiet des retraites? Plus facile de critiquer que d agir quand ca peut contrarier les electeurs

  • gway40223, le 29/01/2011 à 18h03

    21 Avril 2002...j'assume ma responsabilité en me retirant de la vie politique ! Ce qu'il n'avait pas dit, c'était pour quelle durée !!! Faites ce que vous avez dit mon cher Jospin, retirez vous de la vie politique, vous rendrez service à tout le monde...!!!

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