Nicolas Sarkozy en Martinique (7 janvier 2011) © TF1/LCISuivez en direct dimanche sur TF1 News, à partir de 17h15, les voeux de Nicolas Sarkozy aux Français d'Outre-Mer
Nicolas Sarkozy en visite aux Antilles
Le chef de l'Etat cherche à renouer des liens avec la France de l'Outre-Mer, alors que ses relations avec les ultramarins n'ont pas toujours été faciles. Pour cela, il a d'ores et déjà annoncé un hommage national à Aimé Césaire.
Publié le 08/01/2011
Nicolas Sarkozy est arrivé samedi après-midi en Guadeloupe, deuxième et dernière étape après la Martinique d'une tournée antillaise à l'issue de laquelle il doit présenter ce dimanche ses voeux aux 2,5 millions de Français d'outre-mer. Le chef de l'Etat et Carla Bruni-Sarkozy, qui accompagne pour la première fois son mari en visite officielle dans la France ultramarine, sont arrivés à Pointe-à-Pitre peu après 14 heures locales (soit 19 heures à Paris), accueillis par les principaux élus de l'île. Une foule colorée, acquise au chef de l'Etat et massée dans le hall de l'aérogare Pôle Caraïbes, l'a accueilli chaleureusement en scandant son nom ainsi, plus brièvement, que celui de Marie-Luce Penchard, la ministre chargée de l'Outre-mer, originaire de la Guadeloupe.
Après la visite d'une exploitation agricole et de son unité de conditionnement de produits maraîchers frais à Saint-François, et la rencontre avec les acteurs économiques insulaires, le président de la République présentera ses voeux depuis Petit-Bourg, au centre de l'île, peu après 17 heures, heure française. Des voeux où les préoccupations économiques et la lutte contre la crise, qui a particulièrement frappé les Antilles, devraient tenir une large part.
"L'Etat ne peut pas tout seul"
C'était déjà le cas lors de la première étape de cette visite antillaise du chef de l'Etat, en Martinique : Nicolas Sarkozy a ainsi annoncé une série de mesures pour accompagner une relance du tourisme, un secteur en pleine déprime. "Plus vous prendrez en mains votre avenir, plus on s'engagera à vos côtés. L'Etat ne peut pas tout seul", a-t-il dit lors d'une table ronde organisée avec les responsables politiques locaux et les professionnels du tourisme à Schoelcher, près de Fort-de-France. Le tourisme est aujourd'hui la priorité affichée du conseil régional de la Martinique, aux mains de l'opposition, pour relancer une économie qui a souffert ces dernières années des effets combinés de la crise mondiale et de la crise sociale locale de 2009.
Alors qu'elle accueillait plus d'un million de touristes par an il y a dix ans, l'île n'en reçoit plus que 570.000, à 85% originaires de la métropole, et le nombre de croisiéristes qui y font escale a été divisé par cinq depuis 2000. Plus généralement, seuls 2% de ceux qui sont en quête de soleil sur les plages de la Caraïbe choisissent aujourd'hui les Antilles françaises. Le niveau élevé des charges et du coût de la vie, un parc hôtelier vieillissant, des infrastructures insuffisantes et une qualité d'accueil qui laisse à désirer sont autant de facteurs expliquant cette désaffection qui contribue à entretenir un niveau élevé de chômage.
La reprise des liaisons d'Air France
Parmi les mesures dévoilées, Air France reprendra à compter de novembre des liaisons hebdomadaires entre Roissy d'une part, Fort-de-France et Pointe-à-Pitre de l'autre. Les responsables antillais réclamaient la reprise de ces liaisons, expérimentées sans succès entre 2003 et 2005, en estimant que l'utilisation de l'aéroport du nord de Paris, plutôt que celle d'Orly, permettrait d'attirer plus de touristes étrangers en réduisant leur temps de transit. Le chef de l'Etat a annoncé d'autre part la nomination d'un médiateur du tourisme aux Antilles chargé de faire un audit économique et financier du secteur, pour décider s'il convient ou non d'abaisser encore ses charges. Cet audit, réalisé "au cas par cas", servira aussi à effacer des dettes fiscales et sociales qui atteignaient 30 millions d'euros à fin 2009, Nicolas Sarkozy excluant toutefois une amnistie générale. Le gouvernement est également prêt à étudier avec la Martinique et la Guadeloupe une adaptation de leurs infrastructures aéroportuaires pour permettre l'accueil du très gros porteur d'Airbus A380 ou encore la rénovation des accès au site de Saint-Pierre, qui porte les stigmates de l'éruption de la Montagne Pelée en 1902.
Après ce week-end antillais, Nicolas Sarkozy et son épouse doivent se rendre lundi matin à Washington, où le président rencontrera son homologue américain Barack Obama pour des entretiens consacrés notamment aux priorités de la présidence française du G20.
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