Hervé Morin lors d'un conseil national extraordinaire du Nouveau Centre le 22 janvier 2011 © TF1-LCILe président du Nouveau Centre (NC), Hervé Morin, a démontré samedi qu'il n'entendait pas laisser au Radical Jean-Louis Borloo le premier rôle dans la reconstruction de la famille centriste et sa représentation à l'élection présidentielle de 2012. Souvent évoquée et désirée par beaucoup, la confédération des centres - regroupement des ex-UDF éparpillés dans divers partis - reste encore à faire. Selon un sondage Ifop, 56% des Français souhaiteraient la résurrection d'une confédération de partis du centre indépendant et 62% voudraient qu'elle présente un candidat en 2012. Même 57% de ceux qui ont voté de Nicolas Sarkozy en 2007 seraient favorables à l'idée.
Le parti de Morin fait un pas vers l'union des centristes
Le Nouveau Centre tient samedi un Conseil national extraordinaire.
Publié le 21/01/2011
Le centre se rassemble pour "exister" et "peser"
Le président du Nouveau centre Hervé Morin et celui de l'Alliance centriste, Jean Arthuis, ont confirmé jeudi leur volonté de créer ensemble une confédération centriste pour créer un dynamique d'union en mettant de côté leur divergences.
Publié le 27/01/2011
Le 19 janvier, le président du Parti radical Jean-Louis Borloo avait pris le projet en main en annonçant la création d'un "comité de liaison permanent" regroupant "l'ensemble des sensibilités radicales, républicaines, sociales, écologistes pour bâtir avec elles le nouveau projet républicain pour 2012". Plusieurs figures du NC étaient présentes sur la photo de famille. L'ex-ministre de l'Ecologie avait en revanche éludé la question de sa candidature à la présidentielle. Il a repoussé à la mi-mai la participation de son parti à une confédération des centres et donc, son départ de l'UMP.
"La ligne du parti est claire"
Lors d'un conseil national extraordinaire de son parti, Hervé Morin a tenté samedi de reprendre l'avantage. Il a sans difficulté fait adopter à la quasi-unanimité des quelque 800 adhérents présents une motion fixant le cadre de la confédération à laquelle son parti se dit prêt à participer. La motion fixe quelques impératifs: l'indépendance de ses membres vis à vis de l'UMP, la volonté de bâtir un projet autonome qui aspire à devenir majoritaire dans le pays dans le cadre d'une coalition avec la droite et qui sera défendu par un candidat à la présidentielle de 2012. "C'est candidature est absolument indispensable", précise le texte. "On a une feuille de route pour tout le monde", a dit M. Morin après le vote. "Maintenant, chacun pourra raconter ce qu'il veut dans les médias, la ligne du parti est claire", a-t-il ajouté à l'attention de ceux de ses amis qui raillent ses velléités présidentielles.
Lors des débats, la garde rapprochée du président et plusieurs militants ont critiqué les ambiguités de Jean-Louis Borloo et de certains cadres du NC qui s'affichent à ses côtés. "Voir autour de Borloo beaucoup de leader du NC est une image ambigüe. Jusqu'à l'automne au moins, on n'a qu'un seul leader, Hervé Morin", a lancé un militant. Pour un autre adhérent, Borloo sera "le Balladur de 2012". "Nous voulons bâtir sur du roc. Jean-Louis, es-tu déterminé à être indépendant de l'UMP, oui ou non ?, es-tu déterminé à être candidat en 2012, oui ou non ?", a demandé le député Jean Dionis du séjour. En attendant, Hervé Morin a démontré qu'il entendait profiter des atermoiements de son rival pour occuper le terrain. Pas question pour lui de participer au comité de liaison de Borloo. Il compte lancer la confédération jeudi avec comme premier allié, l'Alliance centriste du sénateur Jean Arthuis. Ce dernier n'a pas dit non, mais pose ses conditions, dont une ouverture à François Bayrou, et ne pas choisir automatiquement un ralliement à Sarkozy au 2e tour. "Il n'y aura pas dans les statuts de la confédération de conditions sur la stratégie politique", a dit confiant, Hervé Morin. "La présidentielle, personne ne m'empêchera de commencer à y penser en préparant le repas dans ma cuisine...", a-t-il lancé.
| Morin durcit le ton contre l'UMP pour fédérer ses troupes |
Hervé Morin a aussi lancé samedi une charge contre l'UMP, lors du discours de clôture du conseil national, afin de marquer sa différence et tenter de fédérer les déçus de la majorité. "Je voudrais dire merci à l'UMP. Car ce réveil du centre, c'est aussi à lui indirectement que nous le devons", a ironisé l'ancien ministre en expliquant que le parti de Jean-François Copé démontrait actuellement "qu'il est possible d'être un grand parti de la droite mais qu'il n'est pas possible d'être un grand parti de la droite et du centre". "On ne peut pas le dimanche stigmatiser les Français héritiers de l'immigration et le lundi parler de l'intégration", "on ne peut pas le dimanche pointer du doigt les fonctionnaires et leur statut et le lundi défendre le service public, son modèle et ses vertus", a notamment lancé M. Morin. "On ne peut pas le dimanche condamner les 35 heures et le lundi en appeler au dialogue social avec les syndicats", "on ne peut pas le dimanche saluer la libération d'Aung San Suu Kyi et le lundi proposer à Ben Ali notre aide pour former sa police", a-t-il poursuivi. "On ne peut pas, enfin, le dimanche vouloir imposer les plus-values des ventes de résidences principales et le lundi vouloir une France de propriétaires", a-t-il ajouté. "En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'avec toutes ces déclarations contradictoires (...) nos camarades centristes qui avaient rejoint l'UMP en 2002, ne savent plus bien où ils habitent...", a-t-il encore dit. "En 2002, on nous disait +à l'UMP le centre sera plus fort, on fera mieux entendre notre voix. On influencera la machine de l'intérieur+. Je me souviens même de ceux qui disaient +les RPR, vous allez voir, on va les bouffer en deux temps trois mouvements+. On a vu, et on a surtout vu qui a bouffé qui", a-t-il conclu. |
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