Nicolas Sarkozy en Martinique (7 janvier 2011) © TF1/LCISuivez en direct dimanche sur TF1 News, à partir de 17h15, les voeux de Nicolas Sarkozy aux Français d'Outre-Mer
Nicolas Sarkozy en visite aux Antilles
Le chef de l'Etat cherche à renouer des liens avec la France de l'Outre-Mer, alors que ses relations avec les ultramarins n'ont pas toujours été faciles. Pour cela, il a d'ores et déjà annoncé un hommage national à Aimé Césaire.
Publié le 08/01/2011
Avec la Martinique, où il est arrivé dès vendredi, Nicolas Sarkozy a entamé la première étape d'une tournée antillaise dominée par les questions économiques dans des régions qui affichent, avec l'île de La Réunion, les plus forts taux de chômage de France. Le point d'orgue de cette visite de 48 heures sera la présentation des voeux du chef de l'Etat aux deux millions et demi de Français d'outre-mer dimanche en Guadeloupe, épicentre de la crise qui avait secoué les Antilles en 2009.
Deux ans plus tard, le chef de l'Etat devrait faire le bilan des actions promises par l'Etat pour ramener le calme, notamment en matière de lutte contre la vie chère, et défendre une nouvelle fois la nécessité d'un développement plus dynamique de territoires dont les économies dépendent largement de la métropole. Malgré quelques signes d'une fragile reprise et l'enveloppe de 580 millions d'euros promise par l'Etat pour apaiser la fièvre, le chômage touche toujours 23,8% de la population active en Guadeloupe, et 21% en Martinique. Et les prix, principale revendication des émeutiers de 2009, y ont progressé en moyenne d'un point de plus (2,6% contre 1,6%) qu'en métropole. Tout au long de sa visite, Nicolas Sarkozy compte donc délivrer un message clair. "Il dira que la plupart des engagements pris par l'Etat ont été respectés", annonce l'Elysée, mais aussi que les ultra-marins doivent rompre avec "l'assistanat" et "se reconcentrer sur leur développement économique et les moyens de créer des emplois".
Tourisme et politique
Une table ronde avec les acteurs du tourisme ce samedi en Martinique puis la visite d'une exploitation maraîchère le même jour en Guadeloupe complètent l'agenda de cette visite qu'il effectue en compagnie de son épouse Carla. Nicolas Sarkozy a prévu d'autre part de rencontrer samedi matin la famille de Thierry Dol, un des otages français enlevés en septembre dernier au Niger.
Le tourisme, que le chef de l'Etat dit considérer comme un "axe majeur du développement endogène de l'île", a perdu près de la moitié de ses touristes (de près d'un million à un peu moins de 600.000) entre 1999 et 2009. D'où cette attention que lui porte Nicolas Sarkozy. Elu l'an dernier à la tête du Conseil régional martiniquais, l'apparenté socialiste Serge Letchimy partage cet objectif et multiplie les initiatives pour attirer sur son île la clientèle nord-américaine qui la boude. "Le tourisme doit être décrété grande priorité martiniquaise", lance-t-il. C'est avec le même objectif de promotion du développement local que Nicolas Sarkozy visitera samedi après-midi à Saint-François, en Guadeloupe, une exploitation maraîchère "modèle", avant son discours aux 2,5 millions de Français d'outre-mer dimanche à Petit-Bourg. Porte-drapeau de la révolte d'il y a deux ans contre la "profitation", Elie Domota n'en attend rien. "Il y a deux ans, le président avait reconnu les discriminations inacceptables et beaucoup promis, mais aujourd'hui, on reste très loin du compte", accuse le porte-parole du collectif LKP, "son voyage n'est qu'une opération de séduction électorale".
Comme en atteste la présence du patron de l'UMP Jean-François Copé dans la suite présidentielle, Nicolas Sarkozy compte bien profiter de sa visite pour faire un peu de politique, avant les cantonales de mars et, surtout, des sénatoriales très serrées qui se profilent en septembre. La Martinique, la Guadeloupe et leurs cinq sièges de sénateurs (4 à gauche et 1 à droite) à renouveler suscitent déjà toutes les convoitises.
| Un hommage national à Aimé Césaire |
Sitôt arrivé à Fort-de-France, le chef de l'Etat a débuté sa visite par un geste symbolique fort en annonçant qu'un hommage national serait rendu au Panthéon en avril au poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire. Lors de cette cérémonie, une plaque portant le nom du chantre de la "négritude" sera scellée au Panthéon mais sa dépouille restera sur le sol martiniquais selon sa volonté, a fait savoir l'Elysée. Les relations entre Aimé Césaire et Nicolas Sarkozy ont été chaotiques. En 2005, le poète martiniquais avait refusé de recevoir celui qui était alors ministre de l'Intérieur pour dénoncer la loi controversée sur les bienfaits de la colonisation. Les deux hommes s'étaient ensuite réconciliés et le chef de l'Etat avait présidé ses obsèques nationales en 2008. |
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