Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis © TF1/LCIPour le camp DSK, l'heure de la contre-attaque a sonné contre Jean-Luc Mélenchon. Le leader du Parti de Gauche cible depuis des semaines ses attaques sur le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), candidat potentiel favori des sondages, qui pratique à ses yeux une politique "radicalement libérale." "DSK incarne tout ce qui a conduit la gauche à sa perte en Europe", explique-t-il mercredi dans Libération. Les déclarations et l'abattage du président du Parti de gauche, qui revendique un certain populisme, font ressurgir à gauche le spectre de la machine à perdre.
Une large dispersion des voix de gauche pourrait empêcher le candidat PS d'accéder au second tour comme en 2002, où Lionel Jospin avait été devancé par Jean-Marie Le Pen. Le risque vient cette fois de Marine Le Pen, la nouvelle présidente du FN. "Jean-Luc Mélenchon essaie en tout cas de faire perdre le PS", estime Jean-Christophe Cambadelis, secrétaire national du Parti socialiste, dans Libération. Pour ce proche de Dominique Strauss-Kahn, le but de l'ancien trublion socialiste, qui reprend "des arguments des années 30", est de "recomposer la gauche autour de sa propre personne." "Son objectif stratégique n'est pas principalement de battre Sarkozy, mais bien de faire obstacle au candidat du PS", dit-il.
"OPA inamicale"
Dans le même sens, Pierre Moscovici a été particulièrement virulent contre Jean-Luc Mélenchon. Il a qualifié sur LCP "ses positionnements" de "sans intérêt", "sans envergure". "C'est nul! Vous avez un type qui se promène partout, en disant +je suis populiste+", a-t-il poursuivi. M. Moscovici a cependant dit "sa sympathie" pour M. Mélenchon, "un homme talentueux, intelligent", qui "a été un bon ministre extrêmement réformiste" dans le gouvernement de Lionel Jospin. Mais à présent, "il est dans un rôle de comédien" et "ce rôle est un rôle qui risque de faire perdre la gauche, qui veut faire perdre la gauche". "Il se plante et il nous plante !" Pour autant, il s'est dit "persuadé que Mélenchon, au second tour, ne se
trompera pas". "Entre Sarkozy et Strauss-Kahn, quoi qu'il dise aujourd'hui, il fera" le nécessaire, a conclu l'ancien ministre.
Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a souligné de son côté que Jean-Luc Mélenchon ne se privait pas d'attaquer son ancien parti mais qu'il négociait en même temps avec lui des circonscriptions en vue des législatives. "Je souligne juste que le PS ne peut pas être à la fois complice d'une politique qui affame le peuple et en même temps tout à fait fréquentable quand il s'agit de discuter d'un contrat de gouvernement et de circonscriptions législatives", a-t-il dit lors d'un point de presse lundi.
Invité mercredi sur Canal+, Jean-Luc Mélenchon a rétorqué que le fait de le présenter comme "l'homme qui veut faire perdre DSK" n'avait "pas grand sens", puisque le directeur général du FMI ne s'est pas prononcé sur son éventuelle candidature. Mais il n'a cessé ces dernières semaines de faire donner l'artillerie lourde contre Dominique Strauss-Kahn. "Le PS va créer une situation de défaite assurée s'il désigne DSK", a-t-il dit dans Le Journal du dimanche du 23 janvier. "Je redis que le FMI est une organisation internationale vouée à organiser la famine, le désordre et le démantèlement de l'Etat."
Pour ses détracteurs, Jean-Luc Mélenchon aurait en outre précipité sa candidature à la présidentielle au nom du Parti de gauche pour forcer la main de ses alliés communistes tout en tentant une "OPA inamicale" sur le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot. Or, le leader trotskiste, qui devance Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, a répété mercredi sur France Info que ce dernier "ne pouvait pas être un candidat de rassemblement anticapitaliste" en raison de sa proximité avec le PS. Jean-Luc Mélenchon répond que son seul but est d'empêcher que "la ligne libérale s'impose à gauche."
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