Les responsables socialistes devant la tombe de François Mitterrand à Jarnac (8 janvier 2011) © TF1/LCI
- Hommage à Mitterrand : Royal et Aubry au 1er rang - 01 min 44 s
L'hommage de Jarnac à Mitterrand
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Quinze après sa mort, trente ans après son entrée à l'Elysée, les socialistes se sont pressés samedi sur la tombe de François Mitterrand, avant une année placée sous le signe de la compétition présidentielle interne. Les responsables socialistes, Martine Aubry et Ségolène Royal en tête, se sont retrouvés en force samedi à Jarnac le temps d'un hommage à celui qui fut l'unique président de gauche de la Ve République. Le temps d'une journée de trêve et d'unité autour de la tombe de l'homme du congrès d'Epinay, décédé le 8 janvier 1996.
Présidente de la région Poitou-Charentes, et candidate aux primaires, Ségolène Royal a accueilli samedi matin la première secrétaire Martine Aubry, arrivée en train de Paris. Un dépôt de gerbes au cimetière a eu lieu en fin de matinée ainsi que l'inauguration de la maison natale et de l'exposition organisée par l'Institut François Mitterrand. Ségolène Royal et Martine Aubry doivent prendre la parole lors d'un "repas amical", de même que le président de l'Institut François Mitterrand, Hubert Védrine, et le maire PS de Jarnac, Jérôme Royer. En tant que "puissance invitante", la présidente de Poitou-Charente et Jérôme Royer offriront à tous les participants un recueil de textes de François Mitterrand écrits sur Jarnac.
Les présents, et les absents
Mais la trêve est bien fragile. Un ancien ministre de François Mitterrand, qui préfère garder l'anonymat, trouve "indécent" la tentative de captation de l'héritage Mitterrand, notamment par Ségolène Royal : "c'est du cinéma à l'état pur". L'intéressée n'a pourtant pas hésité à sortir l'artillerie lourde en cette journée hautement symbolique : dans une interview au Monde, la présidente de la région Poitou-Charentes revendique ainsi sa filiation avec l'ancien président. Elle insiste sur le fait qu'elle a été "pendant sept ans à ses côtés à l'Elysée, puis dans son gouvernement, ainsi qu'au Parlement, élue avec son soutien dans sa région natale". Et d'ajouter : "Depuis longtemps, au fond de moi, j'ai envie de succéder à François Mitterrand par amour de la France, du peuple français, de son histoire, de sa culture". S'agissant des primaires socialistes, elle montre sa détermination à être candidate jusqu'au bout, que ce soit en cas de candidature de Dominique Strauss-Kahn, favori dans les sondages, ou de la première secrétaire du parti, Martine Aubry.
Réplique de la Première secrétaire du PS : "Quand on est ici pour rendre hommage à un homme, on retient ce qui nous inspire et moi ce qui m'inspire, c'est le volontarisme, le courage, l'amour de la France et la dignité dans laquelle il a toujours porté ses fonctions", a expliqué Martine Aubry à la sortie du cimetière des Grand'Maisons. A la question, "êtes-vous l'héritière de François Mitterrand", elle a répondu : "je me sens une héritière de tous les socialistes et des valeurs qu'ils portaient". Trente ans après son entrée à l'Elysée, le 10 mai 1981, "il ne s'agit pas de dupliquer, il s'agit de s'inspirer d'un homme qui croyait que les hommes et les femmes forgent leur destin, qu'ils peuvent porter une société en ayant le soutien du peuple".
Mais Ségolène Royal n'est pas la seule à avoir les primaires en ligne de mire présente en ce samedi à Jarnac. Autre candidat déclaré, Arnaud Montebourg fait également le pèlerinage en Charente, de même que l'ancien Premier ministre Laurent Fabius, les ex-ministres Elisabeth Guigou, Henri Emmanuelli, Jack Lang, Michel Charasse, le farouche gardien de la mémoire de l'ex président, et Roland Dumas, de retour d'un voyage très controversé en Côte d'Ivoire en soutien à Laurent Gbagbo. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et l'homme d'affaires, Pierre Bergé, sont aussi présents autour de la famille Mitterrand, dont sa fille Mazarine. La liste des absents est aussi très éloquente. Les ex-Premiers ministres Michel Rocard, qui l'appréciait peu, et Lionel Jospin, qui avait revendiqué le "droit d'inventaire", ne se joignent pas à l'hommage, pas plus que l'ex numéro un du PS François Hollande, autre candidat aux primaires. "DSK non plus!", s'amuse Jérôme Royer.
| Algérie : Mazarine Pingeot et "l'erreur" de Mitterrand |
Pendant que le PS rend hommage à son père, Mazarine Pingeot revient sur le passé de son père François Mitterrand dans un entretien publié dans Le Parisien. Interrogée sur la responsabilité qu'a eue François Mitterrand dans la guerre d'Algérie, évoquée dans un livre de Benjamin Stora, Mazarine Pingeot admet qu'effectivement "des questions restent en suspens", même s'il est "difficile de juger car il faut tenir compte de la violence de l'époque". "Mais ne pas avoir gracié certains condamnés à mort, je pense qu'il s'en est voulu toute sa vie. Oui, c'est sans doute une erreur", déclare la jeune femme, dont le père avait été garde des Sceaux de février 1956 au 13 juin 1957, dans le gouvernement de Guy Mollet. Elle "réfute" par ailleurs le "terme d'amitié" avec René Bousquet, ancien secrétaire général à la police du régime de Vichy, qui fut inculpé en 1991 pour crime contre l'humanité. |
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