Sarkozy : les "35h uniformes et obligatoires", c'est fini

Par D.H. (avec agences), le 06 janvier 2011 à 17h44 , mis à jour le 06 janvier 2011 à 22h07

Dans ses voeux aux syndicats jeudi, le président a assuré que les 35h n'étaient pas un sujet "tabou", en posant les conditions du débat. Le souvenir de la bataille des retraites a aussi plané dans la salle des fêtes de l'Elysée. A la sortie, les avis étaient mitigés.

Nicolas Sarkozy lors de ses voeux aux forces vives le 6 janvier 2011Nicolas Sarkozy lors de ses voeux aux forces vives le 6 janvier 2011 © TF1-LCI

Sans surprise, ce sont donc les 35h, tout récemment revenues sur le devant de la scène avec Manuel Valls qui veut les "déverrouiller", et la réforme des retraites, tout récemment adoptée, qui étaient au menu des voeux de Nicolas Sarkozy aux forces vives ce jeudi. Des vœux boycottés par la CGT, une première. A ce propos mais et sans mentionner explicitement l'absence de la centrale de Bernard Thibault pour dénoncer un "simulacre" après le conflit sur les retraites, le chef de l'Etat a remercié les partenaires sociaux qui ont participé à la cérémonie, en rappelant qu'il s'agissait d'une "tradition républicaine" à laquelle "nous sommes tous pronfondément attachés".
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Sur le fond, le président a commencé par les retraites, assurant que "personne ne reviendra(it) sur la réforme des retraites", dans une allusion implicite aux promesses du Parti socialiste de remettre en cause la réforme adoptée il y a quelques mois s'il revient au pouvoir. "Ma conviction, et je le dis du plus profond de mon coeur, c'est que personne ne reviendra sur la réforme des retraites que nous avons conduite parce qu'elle était nécessaire", a dit le chef de l'Etat, argumentant cette nécessité par le fait qu'elle est évoquée et débattue depuis 20 ans. "Je ne crois pas que mentir soit une façon de respecter ses partenaires", a-t-il ajouté, après avoir rendu hommage "au sens des responsabilités des partenaires sociaux" dans l'expression de leurs désaccords sur les retraites.

"Attentif" aux propositions sur les 35h 

Quant au dossier qui fait en ce moment débat à gauche comme à droite, Nicolas Sarkozy a estimé que la semaine de 35 heures, durée légale hebdomadaire pour les salariés à temps complet depuis 2000 dans les entreprises de plus de 20 salariés et depuis 2002 dans les autres, cette semaine de 35h "uniforme et obligatoire" avait aujourd'hui disparu. "Pour autant, je considère qu'il n'est pas de sujets tabous." "Je le dis d'autant plus clairement que la crise a changé la donne. La question du coût du travail, la question de la compétitivité de nos entreprises sont de véritables questions que nous ne pouvons mettre de côté", a-t-il poursuivi.

"Et si les partenaires sociaux ou les partis politiques ont des propositions à faire, bien évidemment le gouvernement y sera attentif. Avec cependant une préoccupation : ne pas toucher au pouvoir d'achat des salariés", a encore dit le chef de l'Etat. "Ca, c'est clair, je n'accepterai pas ça", a-t-il insisté. "Et deuxième préoccupation : ne pas peser sur la compétitivité de nos entreprises. Je n'ai pas été élu pour ça mais au contraire pour donner les moyens aux entreprises de se battre dans la compétition internationale", a encore dit le président de la République. A droite, le sujet divise entre tenants d'un allongement, voire d'une suppression de la durée légale du travail, et opposants d'une telle mesure, qui arguent du risque d'une baisse des revenus pour de nombreux salariés.

Réactions mitigées

Le président a aussi plaidé en faveur "d'un dispositif unique d'accompagnement des salariés licenciés économiques, qui se substituerait aux actuels CTP (contrat de transition professionnelle, ndlr) et CRP (convention de reclassement personnalisé, ndlr)", dans le cadre des négociations sur la nouvelle convention d'assurance-chômage. Enfin, Nicolas Sarkozy a exprimé sa volonté d'anticiper "le choc" provoqué par l'augmentation prévue du nombre de personnes âgées dépendantes.

Si le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé s'est déclaré "parfaitement conforté" par les déclarations de Nicolas Sarkozy à propos des 35h, les syndicat ne le voient pas du même oeil. Vent debout contre un détricotage des 35 heures, les syndicats ont relevé le "flou" des propos présidentiels. Il "n'a pas été du tout rassurant" et ne s'est pas engagé a maintenir "la durée légale" du temps de travail à 35 heures, a réagi François Chérèque, le numéro un de la CFDT. Jean-Claude Mailly, son homologue de FO, n'a voulu retenir que la volonté affichée par le chef de l'Etat de "ne pas toucher au pouvoir d'achat des salariés". "Donc, il ne faut pas remettre en cause la durée légale" du temps de travail, en a-t-il déduit. La patronne du Medef Laurence Parisot, adversaire acharnée des 35 heures, une "catastrophe" selon elle, a souligné toutefois l'impossibilité de "sortir comme ça" d'"une situation aussi complexe". Le sujet, a-t-elle prévenu, ne sera pas à "l'agenda" des négociations entre patronat et syndicat.

Pour Harlem Désir, n°2 du Parti socialiste, Nicolas Sarkozy est "davantage un président provocateur vis-à-vis des syndicats, de l'opposition et des Français" qu'un "président protecteur". Sur les 35 heures, le chef de l'Etat "doit clarifier sa position sur la durée légale du travail et son maintien, c'est ce que les syndicats attendaient, il ne l'a pas fait". Et commentaire du PCF : "Tout va bien au pays des Bisounours", "il y aurait moins de chômage et de destructions d'emplois que dans les autres pays. Voilà qui est peu élégant et proprement scandaleux alors que notre pays compte désormais officiellement plus de 4 millions de chômeurs". "La CGT a bien fait de boycotter cette cérémonie", elle "s'est épargnée un pénible florilège de contre-vérités et les fanfaronnades habituelles".

Par D.H. (avec agences) le 06 janvier 2011 à 17:44
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22 Commentaires

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  • jeanmarie63, le 07/01/2011 à 17h07

    C'est le systéme politique de la France qu'il faut moderniser, donner plus la parole au peuple via des réferendum. Données plus de moyens et de pouvoir au region, favovriser le fédéralisme. En France 100.000 personalités politiques nous gérent, cela coute 800 millions d'euro par années. (ministres, secrétaires d'etat, cour des comptes, senateurs,conseillers regionaux et départementaux, maires, conseillers municipaux etc)

  • jeanmarie63, le 07/01/2011 à 17h04

    Tenez bon monsieur le président, vous êtes le seul depuis 40 ans qui avez tenus tête au révolutionnaire de la CGT. BRAVO CONTINUEZ JE VOUS SOUTIENT.

  • horemeb, le 07/01/2011 à 11h59

    Vous avez tristement raison...

  • jghttc, le 07/01/2011 à 10h25

    "Ne pas toucher au pouvoir d'achat des salariés" peut signifier aussi bien qu'il ne devrait pas baisser, ou qu'il est serait hors de question de l'augmenter ! Qu'en est-il, finalement, du président du pouvoir d'achat ou du" travailler plus pour gagner plus" ?

  • garpi, le 07/01/2011 à 09h56

    Ce sont les 35h qui ont cassé le pouvoir d'achat des français. On travail 35h et on est payé 35h pas 39h. faites le calcul, la perte à la fin du mois est considérable pour un salarié !

  • ledoc28, le 07/01/2011 à 09h41

    Oui comme a Cuba....

  • louischom, le 07/01/2011 à 09h36

    Et en 2012 on n'a toujours personne en face qu'un candidat virtuel d'ailleurs critiqué par certains de ses "bons" amis!

  • ced188, le 07/01/2011 à 09h23

    C'est sur que pour lui rien n'est tabou ... le seul probleme c'est que depuis l'arrivee de l'euro il y a eu 2002 ou le scandale du 2° tour moi perso je regrette jospin... parce que depuis il ne faut pas se "voilé"(lol) la face il n'y pas grand monde pour la place de president... Pour moi et comme pour beaucoup d'autre il me faut un vrai changement ! 2012 ... et bien pour moi etant donné qu'il n'y aura personne de potable reelement pour etre president et tant que l'on s'enfonce je voterai FN ! OUI j'ai bien dit FN ! ha je me souvient encore de toutes les media star parti politique unis ensemble contre le FN tous unis !! souvenez vous et depuis ?? il n'a jamais ete aussi dur de finir le mois de payer ses factures ses impots qui ne font qu'augmenter...de vivre correctement finalement.. alors pour moi 2012 sera

  • pipott, le 07/01/2011 à 09h13

    Mr le president vous parler de ne pas toucher au pouvoir d'achat des salaries a titre d'infos les salaries malheureusement n'ont plus de pouvoir d'achat bienvenue dans la realite

  • yoyo755, le 07/01/2011 à 01h14

    Maintenant on s'en fiche de 2007. Ce qui compte désormais c'est 2012 !

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