Saluant samedi "la fin d'un pouvoir brutal et corrompu" après le départ vendredi, sous la pression de la rue, de Ben Ali, Ségolène Royal a aussi jugé "important" que le PS "puisse se constituer en force d'observation" dans l'organisation d'élections libres proposant sa propre présence comme "garantie". © LCISégolène Royal à suivre en direct sur LCI et TF1News, La gendarmerie s'est rendue pour la première fois la semaine dernière dans des locaux du laboratoire Servier, fabricant du Mediator, médicament qui aurait fait entre 500 et 2.000 morts. "En trois jours, 'notre ami' Ben Ali est devenu notre meilleur ennemi", ironise l'Est Républicain, pendant que l'Humanité fustige "le long silence complice avec Ben Ali". D'autres éditorialistes voient dans cet épisode une "preuve de la faillite de la Françafrique". Les candidats à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2012 devront se déclarer entre le 28 juin et le 13 juillet, et le vote, ouvert à tous les sympathisants de gauche, aura lieu les 9 et 16 octobre, a annoncé mardi le porte-parole du PS Benoît Hamon. Le Front National fait sa mue, rajeunit son image, monte dans les sondages... Face à cela, dénonce François Hollande, la gauche dispersée fait "comme si de rien n'était". Comme en 2002 ? Dans Tunis où patrouillent les "comités de vigilance" et où l'armée traque des éléments fidèles à Ben Ali accusés de semer le chaos, quelques commerces ont rouvert lundi matin. Une manifestation contre le parti au pouvoir a eu lieu. Les consultations ont eu lieu tout le week-end, et les nouveaux dirigeants de Tunisie doivent être connus ce lundi. Il devrait s'agir d'un gouvernement d'union nationale, intégrant des anciens membres de l'opposition. L'armée tunisienne a donné dimanche l'assaut au palais présidentiel situé dans l'ancienne cité antique, dans lequel sont retranchés des éléments de la garde présidentielle. A Tunis, les tirs ont cessé grâce au couvre-feu instauré en fin de journée. Alors que le long silence du chef de l'Etat sur la Tunisie a été plusieurs fois souligné à gauche, l'UMP plaide la prudence face au risque de favoriser l'émergence de fractions radicales dans ce pays. "Je ne pense pas que la France ait réagi lentement", argumente pour sa part Michèle Alliot-Marie.
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jeudi 20 à partir de 19 heures
Les primaires PS passent-elles par la crise tunisienne ? Ce week-end, Ségolène Royal a en tout cas saisi, comme à son habitude, l'occasion d'une actualité chargée pour faire entendre sa voix, avec des propositions personnelles qui ne sont pas celles de son parti. La candidate déclarée à la primaire socialiste a jugé samedi "important" que le Parti socialiste "puisse se constituer en force d'observation" dans l'organisation d'élections libres en Tunisie, proposant sa propre présence comme "garantie". "Il ne faut pas voler au peuple tunisien cette victoire, et en tous cas, si je puis être utile, le moment venu, bien sûr que je serai au côté du peuple tunisien y compris pour une présence lors de l'organisation de ces élections s'il y a besoin de caution, de garantie", a-t-elle déclaré. "Je crois qu'il est important que le PS et les socialistes soient là et puissent se constituer en force d'observation", a-t-elle ajouté, en arrivant à la Cartoucherie de Vincennes où se tenait une Université populaire participative de son association Désirs d'avenir, sur le thème de l'éducation.
Cette prise de position de Ségolène Royal a pour objectif de se démarquer du reste de la classe politique française, restée plutôt silencieuse la semaine dernière alors que l'histoire s'accélérait en Tunisie. La présidente de Poitou-Charentes a sévèrement critiquée l'attitude du gouvernement français, jugeant notamment «scandaleuse » la proposition de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie d'aider le régime tunisien pour que le « droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité". Mais sans bien sûr les nommer, elle a également voulu se différencier d'autres dirigeants socialistes qui, comme le directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn vantait en 2008 la politique économique de la Tunisie. Sur l'autre dossier du week-end, l'affaire du Mercator, Ségolène Royal a également choisi de frapper fort. "C'est une affaire criminelle de première importance. Jusqu'à 5 millions de Français ont pris pendant 30 ans du Mediator", a déclaré la candidate aux primaires PS pour la présidentielle, invitée de "Dimanche +".
Royal jeudi sur les terres d'Aubry
Sachant que sa déclaration de candidature n'a pas eu d'effets positifs dans les sondages sur les primaires où elle reste derrière DSK, Martine Aubry ou François Hollande, Ségolène Royal va mettre dans les prochaines semaines les bouchées doubles pour tenter de percer. Son agenda cette semaine est ainsi très chargée avec une grosse interview mardi dans le Parisien, un déplacement jeudi sur les terres de Martine Aubry, à bully-les-Mines dans le Pas-de-Calais et une participation dimanche prochain au Grand-Jury RTL-LCI-Le Figaro. Plus que jamais attentive aux préoccupations concrètes des Français, elle devrait prononcer jeudi prochain un discours particulièrement ciblé sur les couches populaires alors que la poussée de Marine Le Pen dans cette électorat, à en croire les sondages, inquiète la gauche comme la droite. Ségolène Royal, qui a gardé un impact certain chez les catégories sociales les plus défavorisées, entend profiter de cet atout dans les mois à venir.
Connaissant ses faiblesses d'image en termes de présidentialité, elle compte en revanche investir autant que possible les sujets d'actualité pour prouver à l'électorat de gauche qu'elle reste la plus réactive, instinctive et combative face à la droite dans la perspective de 2012. Sachant que le printemps socialiste va encore être dominé par les incertitudes autour de la candidature ou non de Dominique Strauss-Kahn, elle entend continuer de construire un rapport de forces aussi favorable que possible quand sera peut-être le moment venu de négocier un éventuel retrait de la compétition. Si sa détermination reste intacte dans la compétition interne à venir, Ségolène Royal, en fine politique, sait s'adapter aux circonstances. Consciente qu'elle ne bénéficie plus de l'engouement sondagier de 2006, elle a ainsi changé un peu de discours ces derniers temps. Ainsi le 9 janvier a-t-elle déclaré sur BFM-TV qu'elle ferait "équipe" avec Dominique Strauss-Kahn s'"il revient" à condition qu'il intègre ses propositions dans son programme. S'il ne revient pas, elle prépare alors plus que jamais la bataille, croyant en ses chances.
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