Au plus bas dans les sondages à un an de la présidentielle,
Nicolas Sarkozy est retourné dans les Ardennes, où en décembre 2006, quelques mois avant son élection, il avait rendu hommage à "
la vraie France", à celle "
qui souffre", celle "
qui se lève tôt". Réenfilant son costume de candidat et en plein débat sur la crise du pouvoir d'achat, il a affirmé qu'il ne "
cèderait pas" sur le versement de primes aux salariés dans les entreprises versant des dividendes à leurs actionnaires
"Le partage de la valeur, j'y tiens parce que c'est une question de justice", a-t-il déclaré, lors d'une visite dans une usine des Ardennes, La Fonte ardennaise, appartenant au réseau "OSEO excellence". "Quand il y a la reprise, j'affirme qu'il est normal que les salariés et les ouvriers à qui on a demandé des efforts pendant la crise bénéficient de la reprise, c'est un principe sur lequel je ne cèderai pas", a-t-il affirmé.
Pas encore de montant précis
Le chef de l'Etat a également indiqué que les modalités sur l'octroi de ces primes seraient annoncées "
d'ici quelques jours". "
Dans les grandes entreprises, s'il y a une forte augmentation des dividendes, il faudra que les salariés en aient une partie et il faut obliger ces entreprises à négocier (...) Et dans les petites entreprises où il n'y a pas de distribution de dividende, si ça va mieux, si le carnet de commandes se remplit, l'entreprise pourra faire une prime aux salariés qui sera exonérée de cotisations", a-t-il précisé. Le ministre du Budget,
François Baroin, a confirmé mardi que le gouvernement s'orientait vers une exonération de charges pour les entreprises qui accompagneraient le versement de dividendes à leurs actionnaires d'une prime pour leurs salariés. Il ne s'est toutefois pas avancé sur un montant précis.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a tenu à afficher sa détermination à réduire les déficits publics pour éviter à la France une situation à la grecque ou à la portugaise.
"Nous n'avons pas le choix", a-t-il martelé, voulant montrer une image de président protecteur des Français et de l'intérêt général.
Nicolas Sarkozy restera le président du "payer plus et gagner moins" en dépit de ses nouvelles promesses, a réagi mardi Martine Aubry, Première secrétaire du Parti socialiste. "Comment Nicolas Sarkozy ose-t-il revenir dans les Ardennes, région symbole de ses mensonges et de son échec économique et social, pour faire de nouvelles promesses, alors que toutes les précédentes sont restées sans lendemain ?", s'est demandé Martine Aubry.